Valérie Bouillon-Delporte, la battante

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(Crédits : DR)
Engagée pour la mobilité durable, Valérie Bouillon-Delporte oeuvre au quotidien pour l'émergence de nouvelles solutions, essor de l'hydrogène en tête. Avec un objectif : faire sa part. Elle est lauréate du prix Transformons la France 2019 dans la catégorie Mobilité.

Après avoir démarré sa carrière dans les métaux précieux, c'est le hasard qui conduit cette diplômée de l'Essec et de Kedge, spécialiste du marketing technologique, au monde de l'automobile.

"Néanmoins, mon rêve, c'était d'être astronaute... J'ai toujours eu des facilités pour travailler avec des ingénieurs !", explique celle qui, chez Tenneco, Delphi ou Plastic Omnium, a oeuvré pour la vulgarisation des produits techniques et technologiques.

En parallèle, elle assiste - voire accompagne selon les cas - à la montée en puissance du véhicule électrique.

"Et qui dit batterie, dit hydrogène, le passage de l'un à l'autre était donc tout naturel. La différence se situe là : pour l'un ce sont les batteries ; pour l'autre, c'est l'hydrogène", résume la « Madame Hydrogène » du groupe clermontois depuis quatre ans.

Activer les écosystèmes

Un sujet de fond que Valérie Bouillon-Delporte impulse en tant que directrice de la stratégie hydrogène au sein du groupe Michelin, un "terreau fertile" où elle anime une "équipe agile chargée de multiples projets".

Au-delà des intérêts de la multinationale, elle porte le débat en tant que présidente d'Hydrogen Europe. Cette association européenne, construite sur le principe du partenariat public-privé, regroupe plus de 100 industriels, 68 centres de recherche et 13 associations nationales.

"Nous sommes partenaires de la Commission européenne au sein du Fuel Cell Hydrogen Joint Undertaking (FCH JU). L'un des objectifs à atteindre est clairement d'activer la mise sur le marché des technologies hydrogène en Europe. Nous y jouons un rôle d'accélérateur, de mise en collaboration de projets, de pédagogie également."

 Et de suivi des projets européens, dont le déploiement du projet d'envergure Zero Emission Valley en Auvergne-Rhône-Alpes, avec l'aide d'Engie et de Michelin notamment. Ce programme vise, entre autres, à créer, d'ici à 2020, 20 stations à hydrogène et à financer un parc de 1000 véhicules vendus à un prix équivalent pour porter le marché.

Vraie urgence

L'énergique "transformatrice" entend "jouer son rôle", à son niveau et avec ses équipes.

"La mobilité a vraiment révolutionné notre monde, du vélo à la voiture, et demain ce sera grâce à l'hydrogène. On a bien avancé dans les recherches, on entame petit à petit le déploiement. C'est une solution d'avenir pour se déplacer mais aussi pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. L'objectif de l'Europe est de faire grimper à 32 % la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. L'hydrogène peut y contribuer", souligne-t-elle.

Engagée pour la mobilité durable depuis ses débuts, l'auditrice au Collège des hautes études environnement et développement durable (CHEE & DD) l'est aussi pour les femmes. À 53 ans, elle milite pour orienter les profils féminins vers les métiers de l'automobile dans l'association Women automotive and vehicules in Europe (Wave).

Autant d'actions au service de son ambition :

"Laisser à mes deux enfants un monde un peu meilleur que celui d'aujourd'hui, sans pour autant renier tous les conforts. Il y a une vraie urgence à agir, car les impacts climatiques sont déjà là", conclut-elle.

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