Rémi Rochon, l'idéaliste

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(Crédits : Félix Ledru)
Créativité, solidarité et engagement. Telles sont les valeurs que défend Rémi Rochon, directeur général d'EO Guidage, qui conçoit des dispositifs d'assistance à destination des déficients visuels. Repreneur de l'entreprise fondée par son père, rien ne le prédestinait à en prendre les rênes, lui qui était engagé dans une carrière musicale. Pourtant, en quatre ans, il a créé 35 emplois et « s'est épanoui dans l'entrepreneuriat ».

Avec un père dirigeant une société concevant des dispositifs permettant aux aveugles et malvoyants de se déplacer plus facilement, rien de plus logique que de voir Rémi Rochon reprendre le flambeau. D'ailleurs, après le bac, il intègre l'IAE de Lyon et décroche un master en entrepreneuriat. Mais, dans la famille Rochon, il y a trois frères, et pas un tiraillement pour savoir qui reprendra l'affaire familiale.

En cette fin des années 2000, les regards sont tournés vers l'aîné qui entreprend une carrière artistique. « J'avais le choix entre le handicap et la musique, j'ai choisi la musique », lance Rémi Rochon.

Une cession familiale

Pendant cinq ans, l'un des frères compose et interprète, un autre monte une véritable entreprise pour propulser l'artiste au plus haut niveau. Avec succès. En parallèle, Rémi assiste son père pour structurer la société familiale.

La situation satisfait tout le monde. Aussi, lorsque le créateur d'EO Guidage décide de prendre sa retraite, il ne sollicite pas ses fils. Sauf Rémi, pour monter un dossier à présenter à de potentiels repreneurs.

« Un ami plus capé que moi dans le domaine financier m'a aidé à mettre en place ce processus de cession », avoue le jeune homme, pas spécialement peiné de voir EO Guidage quitter le giron familial.

C'était sans compter sur quelques événements survenus à cette époque. D'abord l'arrivée d'un premier enfant chez Rémi, ensuite la fin des études de Martin, le benjamin, et, pour finir, cette collaboration avec Sylvain, l'ami sollicité pour travailler sur la vente.

« Une bande de jeunes idéalistes »

« Nous nous sommes associés pour monter un dossier de reprise, nous positionnant comme de vrais acheteurs. Nous avons prévenu mon père. Il nous a laissé les manettes de la société pour vérifier que nous étions les mieux armés pour reprendre », retrace Rémi Rochon qui se retrouve à la tête d'une structure qui emploie dix personnes et affiche 1,8 million d'euros de chiffre d'affaires.

« L'enjeu était de dépoussiérer ce secteur. Nous nous sommes donné deux objectifs : réaliser des solutions au design soigné et connectées. Et nous nous sommes fixé trois valeurs clés : créativité, solidarité et engagement », se souvient le membre du trio qui fait rapidement ses preuves dans la gestion de l'entreprise et en prend le contrôle en 2012.

L'aventure, que Rémi Rochon décrit comme « l'histoire d'une bande de jeunes idéalistes qui a créé la boîte dans laquelle ils ont envie de bosser », est bel est bien lancée, sans rien renier des valeurs et défis d'origine. « Nous avons créé 35 emplois en quatre ans », résume-t-il.

Pour un monde plus agréable

Parmi ses salariés, 15 % de personnes porteuses de handicaps, mais aussi deux collaborateurs qui, lorsqu'ils ont intégré EO Guidage en stage, ne maîtrisaient que quelques mots de français. Pour tous, la même ambition :

« Contribuer à créer un monde plus agréable pour les personnes ayant un handicap visuel ou sensoriel. Nous voulons aller vers la qualité d'usage, le bien-être, pour développer les équipements les plus simples et les moins chers », ambitionne le directeur général d'EO Guidage.

En quatre ans, il a structuré un groupe - dont le chiffre d'affaires s'est établi l'an dernier à 6,5 millions d'euros - « en étant très à l'écoute et avec l'accompagnement de nombreux partenaires », souligne-t-il. La recette ?

« Nous avons bien sûr une stratégie, nous planifions, mais nous développons surtout une agilité totale pour résister et nous adapter aux évènements, dévoile Rémi Rochon. Nous apprenons surtout que l'entrepreneuriat est un levier d'épanouissement personnel et d'entraînement pour toute une équipe. Et là, nous ne sommes pas dans une philosophie, mais bien dans le concret. »

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