Manuel Patrouillard et Franck Renaudin, les bienfaiteurs

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Franck Renaudin et Manuel Patrouillard
Franck Renaudin et Manuel Patrouillard (Crédits : Laurent Cérino/ADE, Emmanuel Foudrot/ADE)
De leurs études dans deux grandes écoles de commerce à leurs expériences au sein de grands groupes, Manuel Patrouillard et Franck Renaudin réunissent plusieurs points communs, d'autant plus qu'ils ont tous les deux quitté le confort du secteur privé pour s'engager dans l'humanitaire. Le premier est directeur de l'ONG Handicap International et le second, fondateur d'Entrepreneurs du monde. Deux hommes animés par la même soif d'engagement.

Hier cadres-dirigeants dans de grands groupes, aujourd'hui entrepreneurs engagés dans l'humanitaire. A un tournant de leur vie, Manuel Patrouillard et Franck Renaudin ont fait le choix de quitter le confort que leur offrait leur poste dans le privé afin de (re)donner du sens à leur quotidien.

Le premier a pris la tête de l'ONG Handicap International, en 2014 - « parce que l'association était devant une complexité d'organisation alors que les besoins, en face, explosent et qu'il faut savoir y répondre », souligne-t-il - après avoir été bénévole de longue date au sein d'Aide et Action internationales avant de prendre la direction par intérim de la zone France et Europe.

Le second, après plusieurs passages dans différentes ONG tant aux Philippines qu'à Haïti, a fondé la sienne en 1998, Entrepreneurs du monde.Guidés par l'envie d'entreprendre différemment, de transmettre et de partager des valeurs humaines et sociales, les deux hommes ont pourtant suivi le parcours classique du cadre-dirigeant avant d'opter pour l'associatif : HEC pour Manuel Patrouillard et l'Edhec pour Franck Renaudin.

Des expériences constructives

Chacun menant sa carrière en franchissant les étapes une à une du monde de l'entreprise. Les groupes Bouygues et McKinsey pour le directeur d'Handicap International, et la branche américaine du Crédit lyonnais puis le groupe Péchiney pour le fondateur d'Entrepreneurs du monde.

De ces expériences, ils conservent une expérience dans les organisations complexes, une vision internationale, et une dimension managériale qu'ils mettent, aujourd'hui, au service de leur action.

Du privé à l'associatif, les deux hommes ne considèrent pas leur passé comme une erreur de parcours. Au contraire, puisqu'ils puisent quotidiennement dans leurs ressources acquises dans le privé. C'est davantage une aspiration nouvelle, une prise de conscience naturelle, une autre envie qui les auront exhorté à faire ce choix il y a quelques années.

« Je me suis rendu compte que j'avais davantage d'aspirations pour les ouvriers que pour les cadres », avoue Franck Renaudin qui met ses connaissances de la finance au service de son ONG, spécialisée dans la microfinance sociale.

Mobiliser les entreprises

Mais s'engager dans l'associatif n'est pas une sinécure. La crise économique n'ayant rien arrangé, chaque jour est un combat pour récolter des fonds, mobiliser des hommes. Les deux dirigeants quadragénaires le savent. La mobilisation est la clé de voute pour mener à bien chacun de leur projet mais surtout pour répondre à une demande toujours croissance. Si bien qu'avec leur réseau bâti au cours de leur carrière, et leur connaissance précise de l'entreprise, Manuel Patrouillard et Franck Renaudin connaissent les règles, les rouages et peuvent les appréhender.

« Notre volonté est de grossir pour pouvoir répondre aux millions de déplacés, mais cela implique une recherche de nouveaux financements, des alliances et une organisation différente ; c'est l'une de mes missions », explique Manuel Patrouillard dont le budget de l'ONG dépasse les 140 millions d'euros.

Renforcer la collecte des entreprises, c'est sur quoi ils travaillent au quotidien. « A dix ans, nous devrons être à un tiers de fonds issus des entreprises. »

« Nous nous devons de travailler avec les entreprises, c'est essentiel », complète Franck Renaudin.

D'autant plus qu'Entrepreneurs du monde aide des personnes, « de la vendeuse de tomates au Togo à la TPE », dans le financement de leur projet entrepreneurial. Sans leur présence, difficile à l'heure actuelle, pour les ONG de survivre. Et pour les deux hommes d'avancer.

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