Jean-Marc de Boni, le réconciliateur

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(Crédits : Laurent Cérino/ADE)
Fort de 25 années d'expérience dans le secteur bancaire, le président du directoire de la Nef, Jean-Marc de Boni était prêt à tout quitter quand il a rejoint la première banque éthique française. À ce poste, il avoue renouer avec l'un de ses idéaux de jeunesse : celui d'appartenir à une banque de service, « respectueuse des hommes et de l'environnement ».

« Saches que lorsque tu entreprendras, tu auras contre toi certains de ceux qui voulaient faire la même chose, tous ceux qui voulaient faire le contraire et l'immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire du tout. »

Jean-Marc de Boni a fait sienne cette maxime de Confucius. Le président, depuis juillet 2011, du directoire de la société financière de la Nef (Nouvelle Économie fraternelle), considère le Prix de l'esprit d'entreprendre comme « la récompense d'un instant, la reconnaissance d'un parcours », que le montagnard grenoblois retrace, partant de son expérience au sein de la Caisse d'Épargne, groupe au sein duquel il a successivement occupé les postes de directeur de l'économie locale et de directeur de marché des entreprises. Une carrière bien lancée, toute tracée.

Jusqu'en 2008. L'année d'un choc et d'une révélation, celui de la crise boursière et celle du Manifeste pour une banque éthique.

« J'étais prêt à tout lâcher. Je ne voulais plus entendre parler du secteur bancaire. Et puis j'ai découvert la Nef et ses activités. »

Comme une cure de jouvence, cette nouvelle aventure lui permet de renouer avec des idéaux de jeunesse. « J'avais l'impression que tout redevenait possible ». À savoir « mener une activité économique rentable, en demeurant respectueux des hommes et de l'environnement ».

La Nef renvoie à Jean-Marc de Boni l'image de ce que doit être une banque, au service de ses clients, « qui les sert sans penser à se servir ».

Éthique, transparence et fraternité

Aux termes du Manifeste pour une banque éthique, la Nef promeut « un nouveau mode de relations économiques, en particulier financières, au sein de la société, en donnant une place prépondérante à l'éthique, à l'exercice de la responsabilité et à l'intérêt pour l'autre ».

L'économie n'est plus centrée sur l'avoir, mais sur l'être.

« Il s'agit de donner la parole à tous et de donner libre cours aux forces de justice et de fraternité présentes en chaque être humain. »

Ce manifeste est un miroir des aspirations de Jean-Marc de Boni, qui quitte la Caisse d'Épargne, conscient du confort qu'il abandonne.Le changement d'échelle ne lui fait pas peur. Mais, concède-t-il, « je savais que je n'y parviendrais pas seul. Très vite, il a fallu s'entourer ».

L'intuition de l'entrepreneur se révèle là encore, pour détecter en interne les compétences et repérer à l'extérieur ceux qui rejoindront ses équipes. Et mener à bien un ambitieux projet, « devenir par nous-mêmes une banque » - outre des comptes à terme de plus de 24 mois et des crédits sur plusieurs années, la Nef est désormais habilitée à ouvrir des comptes d'épargne et des comptes courants pour les entreprises, avec les moyens de paiements corrélatifs, hors le chéquier.

Une culture fédératrice

À la tête du directoire, Jean-Marc de Boni considère que son rôle consiste aussi à faire en sorte que ses 80 collaborateurs se sentent partie prenante de l'entreprise. « Faire d'eux des intrapreneurs. » Cette liberté d'action au sein de la structure attire « des jeunes compétents et motivés, conscients de participer à une véritable aventure entrepreneuriale », à savoir créer une banque dont les valeurs sont réunies sous le triptyque « éthique, transparence et fraternité ».

Un triptyque sur lequel s'appuie aussi Jean-Marc de Boni dans son management. Au fur et à mesure que la Nef a grandi, « nous sommes passés d'une culture de leader charismatique à une culture de partage de la responsabilité et de la décision ». Une culture fédératrice qui place l'humain au cœur de tout.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2015 à 13:48 :
Littéralement à mourir de rire... St Paul n'aurait pas fait mieux ! Et si au lieu de donner la parole aux dirigeants, vous interrogiez les salariés ?

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