Gautier Cassagnau, le conquérant

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(Crédits : Laurent Cérino)
À tout juste 31 ans, Gautier Cassagnau est à la tête de l'une des start-ups les plus en vue de l'écosystème lyonnais. Geolid qu'il a fondée en 2010 avec un associé, rencontré sur les bancs d'EMLYON, est en passe de concurrencer les célèbres Pages Jaunes avec un modèle de publicité localisée. Une destinée que le jeune originaire de Pau n'avait pas imaginé, lui qui se rêvait à Sciences Po ou Normale Sup.

Lorsqu'il vient passer ses oraux à Lyon pour entrer à l'école de commerce EMLYON, Gautier Cassagnau s'était juré de ne jamais y remettre les pieds. Face à Toulouse, sa ville d'étudiant, Lyon ne récoltait pas ses faveurs, pire, elle l'avait laissé totalement indifférent, voire même critique, vis-à-vis de la capitale des gones. Et ce n'est pas sa gastronomie, reconnue mondialement, qui le fera changer d'avis... du moins à cette époque. « On mange très bien à Toulouse et plus généralement dans le Sud-Ouest, nous n'avons pas à rougir de côté-là », assure Gautier Cassagnau dont l'accent ne trompe pas sur ses origines sudistes.

Sept années plus tard, le jeune trentenaire est devenu l'un des nouveaux talents de l'entrepreneuriat lyonnais. Une situation qu'il était loin d'imaginer quelques années en arrière.

Lui, qui, passionné de politique, s'était engagé auprès du Mouvement des jeunes socialistes, aurait aimé intégrer Sciences Po ou Normale Sup, mais s'est vu recalé au concours de la première et à l'oral de la seconde. L'école lyonnaise de commerce  sera ainsi la destination finale et les MJS qu'une expérience temporaire.

Le Petit Paumé, première expérience

Finalement pour celui qui se jurait de ne jamais revenir à Lyon, EMLYON lui aura ouvert les portes de l'entrepreneuriat. Une épopée entrepreneuriale qui démarre lorsqu'il prend la vice-présidence et la rédaction en chef du Petit Paumé. Un guide de critiques de restaurants lyonnais écrit et réalisé par des étudiants d'EMLYON et devenu en 46 éditions, une référence (à Lyon), offrant à l'association la stature d'une petite entreprise au chiffre d'affaires de 700 000 euros et aux 3 000 clients.

Une dimension entrepreneuriale que Gautier Cassagnau a su saisir. « J'ai vécu cette expérience comme si je devais gérer ma propre société. »

Armé de cette envie de faire, de créer, et passionné par internet, l'aventure entrepreneuriale l'amène à fonder un premier projet avec Guillaume de Neuvier, ami, camarade étudiant et futur associé : Voisineo, - « un Facebook des voisins » - mais abandonné en 2007 face à la déferlante de l'Américain.

Un concept annonçant ce qu'allait être Geolid en 2009. Une start-up lancée sur le marché de la publicité locale ciblée qui s'adresse aux professionnels. Jackpot ! Le projet séduit. En une année d'existence, Geolid est passée de zéro à un million d'euros de chiffre d'affaires, puis à dix en 2014.

« Le challenge étant de viser le marché européen et de franchir la barre des 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020 avec 400 salariés. »

Professionnalisme, humilité et simplicité

Sans expérience entrepreneuriale ni salariale, « Geolid est la première et l'unique entreprise dans laquelle j'ai travaillée. Ce qui à l'avantage de ne pas avoir de schéma préconçu mais l'inconvénient de manquer d'expérience », avoue-t-il.

Mais entouré de patrons aguerris (Guillaume Decitre des librairies éponymes, Patrick Bertrand de Cegid, Laurent Fiard de Visiativ...), Gautier Cassagnau (avec son associé) est parvenu à relever le challenge du jeune entrepreneur en faisant de Geolid un sérieux concurrent de l'historique Pages Jaunes.

Malgré la bonne santé de l'entreprise, le Toulousain se dit en insatisfaction permanente. Un caractère dont il défend l'intérêt : « C'est un moyen de faire progresser la société. »

Professionnalisme, humilité et simplicité, - « je continue à rouler en Clio et j'ai toujours un petit bureau » -, sont les trois valeurs que Gautier Cassagnau transmet à l'ensemble de ses salariés et auxquelles il ajoute une touche de plaisir :

« J'estime que mon travail et ma mission doivent être au service de la réussite des collaborateurs. Lorsque nous allons chercher de nouveaux financements, c'est aussi pour permettre à nos équipes de pouvoir grandir et progresser. »

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