Emploi : Toupargel annonce la suppression de 265 postes

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(Crédits : Laurent Cerino / ADE)
Enlisé dans une crise économique depuis plusieurs années, le groupe Toupargel a annoncé hier, à l'occasion de la publication de ses résultats annuels, un projet de réorganisation et la mise en oeuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi.

Alors que le groupe Toupargel a sollicité l'ouverture d'une procédure de sauvegarde en janvier dernier auprès du tribunal de commerce de Lyon, et qu'il se trouve en redressement judiciaire depuis février, les résultats annuels du groupe pour l'année 2018 se sont aggravés.

Dans ces conditions, et en lien avec les procédures judiciaires de Toupargel Groupe SA, Toupargel SASU et Eismann SAS engagées depuis le 1er février, la direction annonce la suppression de 265 postes, "sur plus de 2300" et la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde l'emploi au niveau national.

"Il était évident qu'il fallait aller vers un PSE pour sauvegarder l'entreprise. Les salariés savent que cela ne va pas bien. Pour la direction, il fallait amener quelque chose avant l'audience du 2 juillet devant le tribunal de commerce," explique Gilles Bourletias, délégué syndical CFTC, représentant des salariés au comité d'entreprise dans le cadre du redressement judiciaire.

Hormis les télévendeurs, toutes les catégories de métiers seront touchées : la prospection à pied sera notamment supprimée.

"On s'y attendait, mais nous sommes en colère car c'est le résultat d'une politique commerciale qui n'est plus adaptée. La direction veut aller au bout du plan Oxygène, mais il ne convient plus. Ce n'est pas la suppression de ces postes qui va redonner de la croissance au groupe. La direction ne peut pas assurer qu'il n'y aura pas de deuxième PSE," s'inquiète Bruno Foube, représentant syndical FO.

Fermeture partielle à Civrieux

Des réorganisations internes sont aussi à prévoir : une partie des plateformes de Civrieux d'Azergues et de Poitiers devraient fermer (59 postes concernés). Les autres activités seraient alors recentrées sur les plateformes d'Argentan, Montauban et Chalon.

"On va discuter, il faudra peut-être que l'on alerte l'opinion publique. Il faut voir les conditions, les critères et combien auront les personnes qui partiront. Si la direction ne veut pas négocier, on contestera. Les gens sont inquiets," poursuit Bruno Foube.

Par ces suppressions d'emploi, Toupargel souhaite se donner les moyens financiers "de se concentrer sur son retournement opérationnel", qui passera par l'accélération de son plan Oxygène 2020.

Celui-ci repose sur une nouvelle offre de 4 000 produits frais et d'épicerie dont 1500 produits bio, issus du partenariat récemment conclu avec Naturalia. Ce projet sera accompagné de nouveaux services et "d'une approche multicanale renforcée". Le groupe mise ainsi que le web et la digitalisation, et vise aussi un développement de son activité BtoB.

Des résultats financiers en chute libre

Le chiffre d'affaires pour l'exercice 2018 s'élève à 244,2 millions d'euros, contre 271,4 millions en 2017, soit une baisse de 10% pour le groupe lyonnais, basé sur la commune de Civrieux d'Azergues.

"Cette baisse s'analyse par les éléments suivants : un calendrier commercial défavorable avec un jour de vente en moins, une érosion de 14 % de l'activité historique (vente par téléphone de produits surgelés représentant 84 % des ventes), une hausse de 22 % des ventes par téléphone de produits frais et d'épicerie, une croissance de 29 % de l'activité e-commerce dont les ventes de produits frais et d'épicerie progressent de 84%," explique le groupe dans un communiqué.

Le résultat opérationnel courant s'établit à -14,3 millions d'euros (contre -10,6 millions en 2017) et le résultat net part du groupe à -25,3 millions d'euros en 2018 (contre -7,6 millions d'euros en 2017). De fait, aucun dividende ne sera versé aux actionnaires du groupe cette année.

Des économies insuffisantes

En 2018, le groupe annonce avoir réduit de 10,4 millions d'euros ses coûts de structure.

"Les coûts salariaux reculent de 11,3 millions d'euros sous l'effet principalement de la transformation des méthodes de conquête de nouveaux clients privilégiant notamment le digital," indique Toupargel, qui précise que des économies similaires ont été identifiés pour 2019.

Au 31 décembre 2018, la capacité d'autofinancement du groupe est de -10,4 millions d'euros, malgré le versement de 13 millions d'euros par les actionnaires durant cet exercice. Ils ont également confirmé leur engagement pour 7 millions d'euros complémentaires pour l'année 2019, soit un total de 20 millions sur les deux exercices.

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