A Lyon, Geoffroy Roux de Bézieux milite pour le prolongement de l'âge de la retraite

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Geoffroy Roux de Bézieux en clôture de l'Odyssée des entrepreneurs à Lyon
Geoffroy Roux de Bézieux en clôture de l'Odyssée des entrepreneurs à Lyon (Crédits : DR)
À l'occasion de l'Odyssée des entrepreneurs, le rendez-vous annuel des patrons de la région qui se tenait hier au Double mixte à Villeurbanne, près de Lyon, Geoffroy Roux de Bézieux a fait la promotion d'une certaine forme de décentralisation. Tout en rappelant la volonté de son mouvement de se positionner en faveur du prolongement de l'âge de départ à la retraite.

Exit le Printemps des entrepreneurs, place désormais à l'Odyssée des entrepreneurs. Lancée l'année dernière comme fil conducteur de l'événement annuel du Medef Lyon-Rhône, il a finalement endossé ce nouveau costume. Mais le format, calqué sur l'Université d'été du Medef, reste le même : une journée de rencontres, de conférences et de networking. Plus de 2 500 personnes étaient inscrites à cette édition 2019.

"C'est un moment important pour se connecter et se ressourcer. Cette dynamique collective est bénéfique dans un monde complexe et incertain", avance Laurent Fiard, le président du Medef Lyon Rhone.

"Stop au French Bashing"

Sur le thème "France is beautiful", la journée était dédiée aux initiatives positives et aux atouts des entrepreneurs frnçais.

"Nous avions choisi ce thème dès la fin de la dernière édition sans savoir qu'il aurait un si fort écho cette année. Il est nécessaire pour les entreprises françaises qui vont à l'international de valoriser leur savoir-faire comme leurs innovations", estime-t-il.

"La France est belle, l'Europe est belle si elle se donne les moyens de ses ambitions", confirme Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef.

Avec, en première ligne, la nécessité de répondre "au ras-le-bol fiscal exprimé par le mouvement des Gilets Jaunes" en baissant la pression fiscale pour les entreprises et les ménages tout en menant une forme de décentralisation "pour une économie moderne".

"C'est assez nouveau pour le Medef. Mais plus un pays est décentralisé, plus il est performant. À condition de trouver le bon niveau de contrôle", concède le président du mouvement patronal qui devrait prochainement faire 40 propositions sur ces deux axes.

Prolonger l'âge de la retraite

Autre cheval de bataille du président élu en juillet dernier : la prolongation de l'âge légal de la retraite.

"Ne pas poser clairement la question de l'âge de la retraite, c'est mentir. Alors qu'on sait que, structurellement, c'est une problématique démographique : on vit de plus en plus vieux et que les actifs sont de moins en moins nombreux. Pour y faire face, on a trois solutions : augmenter les cotisations, diminuer les pensions ou travailler plus longtemps", avance-t-il.

Une réforme qui doit se faire avec équité, en harmonisant l'ensemble des régimes, sans toutefois "spolier les salariés et les entreprises du privé dont le régime Agirc Arco est bénéficiaire et qui ont fait des efforts".

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Commentaires
a écrit le 11/04/2019 à 7:20 :
Je m'étonne de ne jamais entendre les gestionnaires de nos caisses de retraite; il est vrai que ce sont les patrons des compagnies d'assurances, mais j'aimerais connaître leur point de vue qui me semble aussi intéressant que celui des bénéficiaires et des ministres... qui ont cassé le système. Par ailleurs, il faudrait rappeler que le départ en retraite occasionne une substantielle perte de revenu, sauf pour certaines personnalités politiques qui trouvent le moyen de le cumuler avec un fromage de la Roi-publique.
a écrit le 10/04/2019 à 19:56 :
Travailler plus longtemps est la seule solution équitable pour ceux dont la devise n'est pas "Après moi ? Le déluge". En plus, l'observation montre que les moins actifs sont ceux qui vieillissent le plus mal, être retraité ou être chômeur, c'est être à la charge de la société, tout le monde ne le vit pas sereinement et tout le monde ne trouve pas une activité suffisante pour rester alerte intellectuellement, physiquement et affectivement.
Les jeunes n'ont pas vocation à entretenir les vieux. Que les personnes gravement malades soient à la charge de la société est normal, que la vieillesse en bonne santé se traduise dans nos sociétés modernes par un droit aux vacances perpétuelles, non.
Qu'un vieux ne soit plus aussi vaillant qu'un jeune ne l'empêche pas de pouvoir se rendre utile. D'ailleurs, il y a des vieux qui s'activent dans les associations.
Mais même vieux, il faut admettre qu'il n'est pas possible toujours de faire ce qu'on veut, quand on veut et comme on le veut, donc il va falloir travailler à temps partiel (pour tenir compte de l'âge) dans une activité choisie par la société et non celle qui plait.
Réponse de le 11/04/2019 à 6:19 :
Vous écrivez: "Les jeunes n'ont pas vocation à entretenir les vieux." je ne sais pas ce que vous entendez par "entretenir" mais rappelons que le principe de la retraite par répartition, le régime qui prévaut en France puisque c'est un monopole, est de financer la retraite des personnes en retraite par les générations en activité donc les jeunes. Plutôt que de se polariser sur l'âge du départ à la retraite, il serait plus utile de tenter de résoudre la problématique des jeunes sans emploi donc qui ne cotisent pas et restent à la charge de la société(y a pas que les vieux harpagon!)et l'arrivée à l'âge de la retraite au chômage forcé: la fin des emplois aidés pour cette catégorie de personne par le gouvernement Macron n'a surement pas amélioré la situation. Le MEDEF y cause mais ne fait rien de concret pour ces catégories là!
Réponse de le 11/04/2019 à 9:38 :
Nous ne faisons en France rien comme nos voisins: 65 ans est la norme européenne.. la seule façon de s'en sortir est de mettre à l'équilibre forcé le régime des retraites, revu chaque année pour s'ajuster automatiquement aux rentrées de l'année n-1. Nos générations qui ont laissé sciemment dériver la dette qui sera à charge des plus jeunes seront perçues, n'en doutons pas, comme des générations de s...(au surplus, si on rajoute la consommation de la quasi intégralité des ressources d'énergie fossile de la planète)..
Réponse de le 11/04/2019 à 23:48 :
@ Icidemain : Entretenir, c'est subvenir aux besoins de quelqu'un qu'il en ait besoin ou pas, un enfant a besoin d'être entretenu par ses parents, un vieillard en bonne santé de 68 ans, n'en a pas besoin, il pourrait se rendre utile et gagner au moins partiellement sa vie.
Le principe de répartition, c'est le mode de financement de la retraite, pas son objectif. L'objectif, c'est de permettre à ceux qui ne sont plus capables de travailler du fait de la décrépitude due à l'âge de vivre correctement et de ne pas dépendre que de leur famille ou amis.
Donc, mettre à la retraite des gens en bonne santé à 62 ans dont un bon nombre d'hommes vont vivre jusqu'à 80 ans et de femmes jusqu'à 86 ans, cela fait tout de même 18 à 24 ans de retraite... pour ceux qui sont malades, pourquoi pas mais ceux qui sont bien portants ? Pourquoi serait-il à la charge de la société ? Il faut tout de même se rappeler que la retraite est un principe récent et que des générations de retraité aisés comme aujourd'hui, c'est une nouveauté. Avant Mitterrand, donc en 1981, l'espérance de vie était de 74 ans et les gens partaient à 65 ans à la retraite (soit 9 ans de retraite en moyenne), aujourd'hui l'âge de la retraite est à 62 ans et l'espérance de vie à 86 ans (soit 24 ans de retraite en moyenne presque 3 fois plus)...
Que l'activité diminue à un certain âge est du bon sens, les gens sont moins performants, plus fatigables mais le temps partiel, cela existe. Entre travailler 35 H et 0 heures, il doit pouvoir y avoir un moyen terme.
Les soixante-huitards ont la revendication dans le sang, certes, c'est eux qui défilent en ce moment en nombre en tant que pauvres retraités, mais ils devraient se souvenir qu'ils ont pour certains profité de la fin des trente glorieuses et de l'inflation et qu'ils sont loin d'être une génération à plaindre.
Quant aux victimes des trente calamiteuses, que vous enviez presque, c'est comme ceux qui ne font que reprocher à quelques parlementaires (moins de 1 000 personnes sur des dizaines de milliers d'actifs), une meilleure retraite que la leur...; résolvons un problème à la fois.
Les contrats aidés comme leur nom l'indique sont des aides de l'Etat, le but, c'est de diminuer les dépenses inutiles pas de les augmenter et donc d'augmenter les prélèvements obligatoires pour les financer.
Quant à l'employabilité des seniors, c'est comme le verre à moitié vide, certaines entreprises ne veulent faire travailler que des gens très productifs, les fameux 30-45 ans, mais certains jeunes ou vieux ne jouent pas le jeu non plus. Les seniors qui refusent une baisse de salaire alors qu'ils ont une expérience qui ne sert pas dans leur nouvelle entreprise ou qu'ils sont manifestement bien plus lents qu'autrefois. Ceux qui considèrent qu'"ils ont travaillé toute leur vie et qu'il est temps de profiter du système en se faisant porter pâle, un peu trop longtemps". J'ai eu une collègue qui a eu un arrêt maladie de 2 ans passés pour une affection qui ne dure que quelques mois pour la majorité des malades, mais qui comme par hasard (alors qu'elle venait d'envoyer une nouvelle prolongation d'arrêt) a choisi le contrat de sécurisation professionnelle lorsque l'entreprise a été liquidée. Elle a ainsi pu toucher son ancien salaire une année entière et un peu moins de trois ans de la retraite a dû rester au chômage, tranquillement jusqu'à sa retraite, tout en travaillant au noir comme pendant son arrêt maladie à rallonge... En huit ans dans notre entreprise, elle a eu 5 ans d'arrêt maladie et je peux vous dire qu'elle était en pleine forme lors des entretiens chez le liquidateur, comme on dit, elle ne faisait pas son âge.

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