Gilles Boeuf  : "Notre ennemi n'est pas le virus, mais nous-mêmes"

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(Crédits : Hamilton/Rea)
LE MONDE D’APRÈS. Nous ne sommes pas en guerre contre un virus, mais contre nos propres manquements, nos propres agissements, notre propre irresponsabilité à l'égard de la planète. Nous sommes, en définitive, notre propre ennemi, assène Gilles Boeuf. En cause, notre servilité coupable à des dogmes - croissance, consommation, propriété, hâte, et bien sûr profit - au noms desquels l'humanité, aveuglée par son arrogance anthropocentrique, se croit autorisée et même stimulée à surexploiter le capital "nature" jusqu'à son anéantissement. Et le biologiste et océanographe de convoquer le "sens" de ce que l'on initie, bâtit, diffuse, de ce que l'on crée, entreprend, partage. Et justement, que "faire de" cette nature ? Ou plutôt que "faire avec", que "faire dans le respect de" cette biodiversité aujourd'hui en péril ? Que "faire en s'inspirant de" cet émerveillement d'espèces vivantes, animales et végétales, à laquelle l'homme appartient - lui qui, dans son enivrement scientiste, croit la posséder ? Que "faire", en définitive, pour que la relation de l'homme à la nature, la considération de l'homme pour la nature, n'encage plus l'humanité dans le suicide qu'elle a programmé et interrompt la progression de l'écocide ? "Puisse un petit virus composé de seulement quinze gènes provoquer l'électrochoc collectif l'humanité a tant besoin...", espère l'ancien président du Muséum national d'histoire naturelle.

"En décembre 2019, une pneumonie d'origine alors inconnue touchant 59 personnes a été signalée dans la ville chinoise de Wuhan. Il a depuis été établi que cette maladie émergente, devenue depuis une pandémie, était due à un coronavirus (Sars-CoV-2). Elle a été dénommée Coronavirus disease 2019 ou Covid-19. Ce virus s'est répandu avec une vélocité effarante sur toute la planète. Ce qui n'aurait pas dû se produire s'est produit, ce qui n'aurait pas dû dépasser un petit impact très localisé s'est diffusé dans le monde entier en quelques semaines. Les investigations épidémiologiques conduites en Chine ont montré que les premiers malades avaient pour la plupart fréquenté un marché de Wuhan, où l'on vendait plusieurs espèces d'animaux domestiques et sauvages, souvent vivants. Le 2 janvier 2020, le marché de Wuhan fut immédiatement fermé sans que l'on ait établi (ni même recherché) l'origine de la contamination parmi les espèces animales vendues. L'historique exact de l'origine de l'épidémie n'est toutefois pas clairement établi. Le sera-t-il un jour, compte tenu des enjeux géopolitiques de cette question et des pressions que subissent les scientifiques chinois ? Ce que l'on sait, c'est que la capture, le transport et la vente d'animaux sauvages vivants, entassés dans des cages dans des conditions insalubres et inacceptables sur des marchés comme celui de Wuhan, concentrent des espèces qui ne se côtoient pas habituellement et favorisent le passage des virus entre espèces, humains compris. De même, la préparation et la consommation de la viande de ces animaux favorisent les contacts à risque entre les humains et les virus dont ils peuvent être porteurs...". C'est ainsi que nous démarrions une tribune, rédigée par une quinzaine de scientifiques, publiée dans Le Monde dans son édition du 7 mai 2020.

Quelques semaines plus tôt, le 16 mars, vers 20 heures le président de la République Française, Emmanuel Macron annonçait les mesures pour la mise en place du confinement de la population en France dans le cadre de la lutte contre la propagation de l'épidémie, et il s'exprimait ainsi : "(...) Le jour d'après ne sera en aucun cas un retour au jour d'avant !". Imaginez l'impact de telles paroles sur un scientifique écologue ! Changer enfin nos comportements suicidaires et passer à autre chose de totalement nouveau : nous en rêvions tous !

Notre thématique essentielle est alors, dans cette tribune, de poser de façon lancinante la question :

"L'attaque mondiale de ce petit Coronavirus de chauve-souris, avec ses 15 gènes, démarrée dans la région de Wuhan en Chine, quelque part en fin d'année 2019, pourrait-elle constituer l'électrochoc collectif dont l'humanité a tant besoin pour enfin infléchir sa courbe de développement ?".

Depuis combien de temps nous dit-on, voit-on écrit "Nous allons dans le mur " ? De multiples donneurs d'alerte, scientifiques, naturalistes, philosophes, médecins, écologistes, même plus récemment quelques économistes "non conventionnels" et politiques des mouvements environnementalistes, sont venus s'agréger à la cohorte d'humains de bonne volonté qui ont vraiment, profondément envie de "faire quelque chose" et de changer la donne, d'harmoniser nos relations avec le vivant et de respecter les "non-humains".

"Pourquoi continuons-nous aveuglément à nous "suicider à petits feux" et à "continuer comme avant" ? "

 Vers des sables mouvants plutôt qu'un mur

Le problème, c'est que nous n'allons pas vers un "mur", bien solide, bien visible de loin, véritable forteresse imprenable qui demanderait de la prudence raisonnée dans son abord, nous obligeant à freiner voire à "piler" sur place. Nous sommes plutôt, de par nos comportements inconséquents et irresponsables, beaucoup plus proches de l'abord d'une zone de boues fluides et de sables mouvants dans lesquels nous mettrons un bras, puis l'autre - c'est déjà fait ! -, une jambe puis l'autre, puis la tête et disparaîtrons sans nous en apercevoir...

Dans les années soixante, alors en pleine accélération démographique, de grands mouvements démarraient suite aux réflexions de "penseurs" et à la publication d'ouvrages fondateurs comme Silent spring de Rachel Carson ou Avant que nature meure de Jean Dorst. Rappelons que nous étions 2,2 milliards d'humains en 1945, et que nous allons parvenir à 8. Cette époque était aussi celle du lancement de nombre d'associations écologistes et de la stimulation de l'écologie scientifique. Finalement le premier article publié dans Science pour faire le point sur les impacts environnementaux de nos activités ne date que de... 1997 (Vitousek et collaborateurs).

Les travaux du Club de Rome, et notamment le célèbre rapport Meadows de 1972 (The limits of growth), est lumineux dans ses conclusions : alors, pourquoi ceci n'a pas été suivi d'effets ? Plus récemment, en 2018, Gilbert Rist publiait son La tragédie de la croissance. Alors, pourquoi continuons-nous aveuglément à nous "suicider à petits feux" et à "continuer comme avant" ?

Une jeunesse passionnée, inquiète, et vulnérable

La jeunesse constitue une clé de voûte du processus de transformation et d'action exigé. En qualité de professeur des Universités, j'enseigne aussi bien en médecine (sur les nouveaux modèles en biologie), en sciences de la vie et écologie (sur la physiologie environnementale et la biodiversité), en agronomie et dans les écoles vétérinaires (l'agro-écologie au sens le plus large possible, unique solution soutenable), en sciences politiques (sur les interactions entre l'histoire naturelle et l'économie des Hommes), à l'Ecole nationale de la magistrature et dans des écoles de commerce.

Je suis donc au contact d'une jeunesse plurielle. Ces communautés, qu'ont-elles en commun ? D'être très fortement inquiètes, mais aussi passionnées par ces sujets. Elles ne considèrent plus les interrogations environnementales comme des "points secondaires " ou des élucubrations d'écologistes irresponsables et catastrophistes.

"Tout aussi important que l'acquisition de connaissances, il faut encourager un développement aigu de "l'esprit critique". Or, que constate-t-on ? La France réduit l'enseignement des sciences de la vie et de la terre au lycée !"

La grande attention que cette jeunesse porte à ces enjeux dicte aussi de faire preuve de grande attention à son égard. Et notamment, il est déterminant de constamment informer, sur de solides bases scientifiques. Je suis d'ailleurs plus qu'importuné par le flot de bêtises et d'informations débiles, tronquées, inventées, fausses, diffusées depuis quelques mois - et à ce titre recommande vivement le pamphlet de mon ami Etienne Klein, Je ne suis pas médecin, mais je..., publié en mars. Chacun assène son opinion, or justement la science n'est pas une opinion !

C'est pourquoi, et les enjeux de l'événement pandémique le mettent un peu plus encore en exergue, il est capital, surtout pour demain, de diffuser une éducation impartiale. Depuis le tout début, à l'école maternelle, au primaire, dans les collèges et lycées, dans les universités, les grandes écoles, l'enseignement des bases de l'écologie est indispensable - bases de l'écologie signifiant science écologique, science étudiant les relations entre tous les êtres vivants, bactéries, protistes (ces grosses cellules à noyau que sont par exemple les micro-algues de l'océan ou encore les levures), champignons, plantes et animaux.

Tout aussi important que l'acquisition de connaissances, il faut encourager un développement aigu de "l'esprit critique", afin de stopper la vague de fake news déplorable et si présente dans nos "réseaux sociaux". Or, que constate-t-on ? La France est en train de réduire l'enseignement des sciences de la vie et de la terre au lycée ! N'est-ce pas incompréhensible en ces moments où, au contraire, les concitoyens ont un besoin crucial d'informations scientifiques synthétisées sur ces sujets ? Avec mes homologues le biologiste Marc-André Sélosse et la climatologue Valérie Masson-Delmotte, nous sommes "montés au créneau" pour défendre notre position.

C'est déterminant, pour favoriser l'acquisition de cet esprit critique ; et pourtant, nos "détracteurs" - pourquoi se manifestent-ils s'ils sont de "bonne volonté" ? - n'ont pas manqué de m'accuser de faire de la... "propagande" ! Pour qui, pour quoi, dans quel but, pour alimenter quoi ? Ils n'ont rien compris, ils ne veulent rien entendre, et ils s'effondreront sur eux-mêmes dans l'indifférence générale.

Conserver des morceaux de "nature sauvage"

Alors, que penser pour demain ? Chacun connait la situation actuelle des milieux dans le monde : destruction des écosystèmes, artificialisation généralisée des sols, morcellement des "fragments de nature sauvage", pollutions innombrables - des sols, des rivières, des fleuves, de l'air, de l'océan, et pas uniquement avec les "déchets de plastiques", mais aussi avec les métaux lourds, les perturbateurs endocriniens, les pesticides et les biocides divers -, disséminations anarchiques d'espèces vivantes allochtones (la fameuse "roulette écologique"), espèces invasives, surexploitations des "ressources" tant minérales que vivantes, forêt tropicale ou pêches.

En 2018, K.E Jones et ses collaborateurs publiaient un article dans Nature sur les maladies infectieuses émergentes, et annonçaient que 72 % de celles-ci correspondaient à des zoonoses (passages de pathogènes de l'animal à l'humain). Ils concluaient, sur les traces des recommandations de F. Keesing et ses collaborateurs en 2010 dans la même revue, que nous avions le plus haut intérêt à conserver des morceaux de "nature sauvage" et à maintenir un maximum d'espèces et de polymorphisme génétique au sein des populations sauvages pour éviter ces "sauts" de pathogènes vers l'humain. Or c'est bien ce qui avait été oublié !

Et ce sont bien les comportements de mise en promiscuité immonde sur ces marchés évoqués en introduction, également la multiplication, effroyable, des élevages intensifs des animaux domestiques (poulets, canards, porc, vaches...) qui soulèvent les lourds problèmes. Il est impératif de cesser de maltraiter le vivant et la biodiversité, et d'être beaucoup plus regardant sur les conditions de transports et de disséminations des êtres vivants, quels qu'ils soient. Des considérations qui permettent de jeter un éclairage sur bien d'autres sujets, par exemple la surconsommation de viande et le sur-usage des antibiotiques amenant aux désastreuses situations d'antibio-résistance. Pour toutes ces raisons, il faut suivre Dominique Méda lorsqu'elle spécifie que "(...) la reconversion écologique de nos sociétés apparaît donc non seulement comme le seul moyen d'éviter une dégradation inimaginable de nos conditions de vie, mais aussi comme une manière radicale de repenser le travail et l'emploi".

"La pandémie saura-t-elle convaincre que le respect envers les animaux, humains et non-humains, est la voie de la sagesse pour l'humanité et les autres habitants de la terre, qui ont tout autant qu'elle le droit d'y vivre leur vie ?"

S'adapter, la clé de voûte

Tout est là, le défi est lancé ! L'actuelle pandémie qui se propage comme un éclair saura-t-elle convaincre que le respect envers les animaux, humains et non-humains, est la voie de la sagesse pour l'humanité et les autres habitants de la terre, qui ont tout autant qu'elle le droit d'y vivre leur vie ?

Laurent Bibard, titulaire de la Chaire Edgar Morin sur la complexité, précise dans un numéro récent de The Conversation :

"(...) La totalité de la vie sociale, économique et financière actuelle est dominée par le fantasme d'absolu - absolue maîtrise de la nature, absolue satisfaction, absolue nouveauté, absolu contentement... Seul le futur serait bon. L'obsession compulsive pour l'innovation à la fois témoigne de ce rêve et s'exténue à tenter de le rendre réel. Et voilà qu'au présent, dans le confinement mondial auquel nous contraint un tout petit microbe, nous rattrape le bon sens qui oblige à ce que l'on ouvre les yeux sur la nature et sur le monde, tels qu'ils sont par-delà nos aveugles soumissions, désirs et illusions. Nous sommes heureusement toutes et tous dotés de la capacité soudaine à nous étonner, et à décider de remettre sur le métier celui-là même de vivre, et de s'en donner les moyens. En ouvrant les yeux humblement, sur une nature qui nous a jusqu'à nouvel ordre rendus possibles".

Alors, nous suivrons tous les propos du "vieux Maître" Edgar Morin, lorsqu'à la lecture de la pandémie il spécifie que "le problème n'est pas le foisonnement et l'accélération vertigineuse des trouvailles de la science et de la technologie, mais bien plus l'usage que l'on en fait". Et aussi méditons sur les conclusions de l'ouvrage, Comment vivre en temps de crise ?, qu'il avait co-écrit en 2010 avec Patrick Viveret :

"Au cours de l'histoire de l'humanité, bien souvent, le probable promis ne s'est pas produit".

Le monde vivant est vieux de près de 4 000 millions d'années, il s'est formé à partir de ces premières cellules apparues dans l'océan ancestral, il a subi les pires crises imaginables et s'en est toujours sorti ; pour cela, il a dû en permanence s'adapter à des conditions extérieures changeantes. Mais pour s'adapter, il faut impérativement changer, ce que nous ne faisons toujours pas !

Trop de consumérisme, pas assez de sobriété

Aussi, en cette période de confinement favorable à l'introspection, chacun peut repenser la manière dont il interagit avec les autres espèces, ses relations avec le vivant, et l'impact de ses actions quotidiennes sur l'avenir. Pour préparer ce "jour d'après" dont il est tant question, inspirons-nous du vivant.

Lorsqu'elle est suffisamment préservée et en bon état, la diversité du vivant nous émerveille, nourrit, guérit, entretient, rassure, elle nous inspire. L'article de Mitchell et Popham dans The Lancet (revue peu suspecte d'être taxée "écolo" !) confirme l'effet efficace de cette nature sur notre bien-être. Gandré et Cornand rappellent la théorie économique de la "myopie au désastre", qui pourrait ici être appliquée aussi pour la crise sanitaire. C'est en fait une tendance au fil du temps, qui consiste à sous-estimer la probabilité de chocs peu fréquents dans un environnement incertain, où le risque n'est pas probabilisable, en raison de sa faible fréquence et d'une structure causale qui varie dans le temps. En fait, on finit par oublier le passé et alors imaginer que ce qui est très rare devient nul ! Pourtant, écologues et épidémiologistes avaient bien prévenu depuis 2003...

Et cela reviendra si nous continuons comme avant. L'accélération du changement climatique convoque de façon aiguë nos comportements, mars 2020 a encore été le mois de mars le plus chaud depuis 160 ans, et les canicules vont se succéder. Un article très récent (Xu et al.) a fait le point sur les interactions température/niche climatique pour l'humanité.

Nous ne sommes pas en guerre contre un virus mais contre nos activités et nos comportements : trop de consumérisme et pas assez de sobriété ! En définitive, notre ennemi n'est pas le virus, mais nous-mêmes ! Et nous oublions en permanence notre dépendance à la nature. Donc, surtout ne revenons pas au système d'économie débridée qui vise à construire un profit sur la destruction ou la surexploitation de notre capital : la nature.

Rappelons-nous en permanence : nous sommes eau, sels et cellules ! Puisse un petit virus composé de seulement quinze gènes provoquer l'électrochoc collectif dont nous avons besoin...

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Gilles Boeuf est professeur émérite à Sorbonne Université, également professeur consultant à AgroParisTech et chargé de cours à l'IEP Paris. Il a été président du Muséum national d'Histoire naturelle, professeur invité au Collège de France sur la Chaire "Développement durable, environnement, énergie et société" et président du Conseil Scientifique de l'Agence Française pour la Biodiversité. Il a passé deux années au Cabinet de Ségolène Royal, alors Ministre de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer.

Références

Bibard, L. 2020. Coronavirus, quand l'illusion de notre maîtrise de la nature se dissipe... The Conversation, le 2 avril 2020.

Boeuf, G. 2014. Biodiversité, de l'océan à la cité. Fayard, Collège de France, Paris, 88 pages.

Boeuf, G. 2017. Ce que la notion d'anthropocène dit de nous. The Conversation, numéro du 11 décembre.

Cardinale, B. J. et al., 2012. Biodiversity loss and its impact on humanity. Nature, 486, 59-67.

Collectif, 2020. Tribune dans Le Monde du 7 mai 2020, "Arrêter de maltraiter les animaux et les écosystèmes est aussi un impératif de santé humaine", signée par 16 scientifiques.

Gandré, P et Cornand, C. 2020. Covid-19, cette « myopie au désastre » qui dégrade nos capacités de réponse aux crises. The Conversation, le 8 avril 2020.

IPBES, 2019. Summary for policemakers of the global assessment report on biodiversity and ecosystem services of the Intergovernmental Science-policy platform on Biodiversity and Ecosystem Services.

IPCC, les deux rapports de juin (Special Report on climate change and land) et de septembre 2019 (Special Report on the Ocean and Cryosphere in a changing climate).

Jones, K E et al., 2018. Global trends in emerging infectious diseases. Nature, 451, 990-994.

Keesing, F et al., 2010. Impacts of biodiversity on the emergence and transmission of infectious diseases. Nature, 468, 647-652.


Klein, E. 2020. Je ne suis pas médecin mais je... Tract de crise n°25, 30 mars 2020, Gallimard.

Meda, D. 2020. Penser l'après, seule la reconversion écologique pourra éviter la deshumanisation du travail. The Conversation, numéro du 8 mai 2020.

Mitchell, R and Popham, F. 2008, Effect of exposure to natural environment on health inequalities: an observational population study. The Lancet, 372, 1655-1660.

Morin E., Viveret, P. 2010. Comment vivre en temps de crise ? Bayard, Paris.

Rist, G. 2018. La tragédie de la croissance. Sciences Po Paris presses, 163 pages.

Vitousek, P M et al., 1997. Human domination of Earth's ecosystems. Science, 277, 494-499.

Xu, Chi, et al., 2020. Future of the human climate niche. PNAS, doi/10.1073.

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Commentaires
a écrit le 18/05/2020 à 13:23 :
Entièrement d'accord. La seule façon de s'en sortir c'est mettre l'écologie au cœur des politiques. Les solutions existent depuis longtemps, reste la volonté de les mettre en oeuvre (au plus haut niveau)...et de prendre en compte les "médecines naturelles" aussi... La santé de l'homme est le reflet de l'état de santé de la Terre (Héraclite).
a écrit le 17/05/2020 à 7:57 :
Je n ai aucune compétence sur le sujet mais m y intéresse depuis plusieurs années. Je n ai aucune difficulté à adhérer à ce que vous dite (plus à changer mes manières de vivre !). Je suis bien persuadé que nous n'en sommes pas à notre dernier virus.
Pour le covid 19 ne pensez vous pas qu on puisse se poser une question : d'où est-il parti ? Un marché ou le laboratoire P3 ? Cela peut peut-être etre different pour envisager la suite. Merci
a écrit le 15/05/2020 à 18:47 :
Que dire de plus ?..... Cet article me fait penser à la théorie des cycles appliquée aux civilisations qui se sont succédé, de mémoire d'homme ou de mythe. Depuis sa création notre planète a vu se succéder bien des "Evénements". Evenements geologiques, apparition de la vie sous des formes successivement différentes, transformation, apparition des espèces, puis compétition et disparition de certaines espèces, prise de controle de certaines sur d'autres... Tentatives de progrès par l'aide ou la domination, avec plus ou moins de bonheur... Bref d'événe-ments en épisodes nous en sommes arrivés aujourd'hui à un point qui n'est au regard du temps universel, (géologique, biologique et autres), qu'un aléas posé sur cette échelle de temps. Force est bien de reconaitre qu'après la disparition de la dernière espèce en date, la planète Terre continura son Histoire (sans nous). Sans nous et avec pour seuls témoin de notre passage les déchets, fossilisés, lachement abandonnés par nous. Mais comme elle l'a fait au paravant pour d'autres restes la Terre s'en arrangera. Et elle continuera sans nous son aventure, peut-être en attendant d'autres découvreurs... Qui sait ?
a écrit le 13/05/2020 à 15:38 :
La démographie mondiale est un point essentiel, qui n'est que trop rarement abordé.
Nous sommes devenus beaucoup trop nombreux sur la planète, d' où une pression insoutenable sur les ressources naturelles et l'écosystème. Chaque année, les ressources renouvelables sont épuisées en quelques mois, et le délai se raccourci constamment.
Il ne pourra y avoir de survie à terme si la démographie mondiale n'est pas maîtrisée de façon drastique. Or nous n'en prenons pas le chemin...
a écrit le 13/05/2020 à 10:55 :
Covid-19 n'est qu'un cas particulier, parmi tant d'autres - qui nous attendent !
Le Pb se situe dans la perpétuelle "création du besoin" - faut consommer ! - bien entretenue et imparable par le développement des moyens de communication/transport et d'information depuis le siècle de la mondialisation. Et maintenant c'est la 5G qui prend la relève - pour accélérer le besoin?!
L'homme est avant tout animal, donc prédateur, avant d'être citoyen. Dans ce contexte non sécuritaire, il semble que le pouvoir (celui qui entretien le besoin) est détenu par une caste au déni d'identification. Tant qu'on les accepte, on est en conflit.
a écrit le 13/05/2020 à 10:00 :
bravo et merci pour cet article; j'ajouterais qu'un travail intérieur individuel, autant psychologique que spirituel, me semble nécessaire et préalable(ou au moins concomitant) pour que le collectif change de paradigme.
a écrit le 12/05/2020 à 19:07 :
J'ai lu tous les commentaires.Edifiant! Pas un pour reconnaître qu'on court à la catastrophe, parce que c'est bien de catastrophe qu'il s'agit.
Personnellement, j'en suis depuis longtemps convaincu et ce n'est pas pour autant que j'ai changé radicalement de mode de vie. Au fil du temps j'ai renoncé à des choses, des produits, des services qui me semblent inutiles, futiles, trop énergivores. L'avenir est entre les mains de la jeunesse. Pour celle que je connais, elle a parfaitement conscience des problèmes et agit en conséquence.
Sans renoncer à tout, ils sont beaucoup plus sobres que les générations précédentes.
a écrit le 12/05/2020 à 15:58 :
L'article très bien documenté aligne néanmoins quelques fake news ...presque autant que l'énumération inutile et ronflante des références :-)

1 ) Ce n'est pas l'homme moderne qui a crée les conditions du Covid ! Au cours de l'Histoire, l'homme a toujours consommé des animaux sauvages et il y a toujours eu des zoonoses ( la liste est longue ! ), ce n'est que récemment avec les progrès de l'agriculture moderne et des contrôles sanitaires que ces risques ont étés minimisés au maximum dans les pays développés. Pour rappel, l'affaire de Pont St Esprit et de l'ergot de blé en 1951, ou le nombre de décès par an liés à E. Coli ( des milliers dans les années 1950, des centaines aujourd'hui seulement ), etc...

La consommation d'animaux sauvage, chauve souris, singes, rats, reptiles...etc...n'est du qu'a la pauvreté, la famine, au manque de contrôles sanitaires, et la faiblesse du développent industriel et technique de ces pays.

2 ) Baise du niveau des sciences naturelles dans l’éducation. C'est évident et fort regrettable au vu des récentes polémiques sur le chloroquine et autres ou la moitié des français avaient passés un CAP de médecin épidémiologiste ! Ailleurs c'est pas mieux : en GB : "la 5G détruit notre système immunitaire par ses ondes", en Allemagne : "Bill Gates a crée le Covid", aux USA : "le labo P4 de Wuhan a crée le Covid, les détergents sont efficaces dans le corps", etc...

Mais, la Français souffrent-ils pas aussi de très graves lacunes en économie et en math de base, tout simplement ? Et tout ça génère un nombre de fadaises ou fake news dont on n'a pas idée !

3 ) Développer l'esprit critique : bien sur, mais on oublie trop souvent de dire que l'esprit critique ne peut s'associer à un socle de connaissances en science et en économie solides, pas sur des fadaises d’idéologue ! Sinon on forme des gens critiques, hargneux, grincheux ou blasés de tout. Il me semble plus urgent de donner l'envie d'apprendre par soi même au cours de sa vie.

Profiter du COVID pour nous culpabiliser parce qu’on ne respecte pas assez la nature est un non sens.... " Pourquoi continuons-nous aveuglément à nous "suicider à petits feux" et à "continuer comme avant" ? " ....Catastrophisme, Collapsologie, Machiavélisme, Idéologie .... ?.

L’écologie est une science bien trop importante pour être laissée dans les mains d’idéologues ayant de graves lacunes en Histoire et en Économie - à ce titre, l'article est trop partial, et dans un Journal d’Économie, c'est vraiment regrettable... L’écologie idéologique conduit irrémédiablement au suicide de la nation qui l'adopte.

Seule l'acceptation des hommes tels qu'ils sont, la volonté d'un avenir meilleur, l'augmentation du niveau de vie, le développement de nouvelles technologies, de nouveaux savoirs, de plus de R&D, plus de développement pour les pays consommant des animaux sauvages ( ou de protection selon le cas ), donc de plus d'économie associé, plus d'entreprises développant et fabriquant de nouvelles technologies, et surtout de plus de financement...etc....permettra de développer une Écologie réaliste, soucieuse de préservation des ressources, dont nous avons réellement besoin.
Réponse de le 12/05/2020 à 18:37 :
@ Le loup
En clair vous voulez que rien ne change.
Réponse de le 12/05/2020 à 18:40 :
@ Le loup
En clair vous voulez que rien ne change.
a écrit le 12/05/2020 à 14:14 :
Un savant mélange de convictions et de faits, qu'il est bien difficile de démêler, mais qui entraine le risque de se tromper: par exemple, je crois que nous ne savons toujours pas grand-chose sur l'origine de ce virus.. Rajouter une liste de références, comme pour un panier scientifique, pour un article de vulgarisation, ne rassure pas..Dès lors, conclure, ou laisser entendre, un peu rapidement, qu'il existe une cohérence entre cette pandémie, nos comportements, le réchauffement climatique etc.. n'est pas une approche scientifique. De là à conclure que les professeurs d'Universités en Environnement, écologie etc.. doivent être écoutés avec Principe de Précaution, généraliser en quelque sorte le comportement douteux de JM Pelt à l'ensemble de ses confrères, il y a là un obstacle épistémologique -celui de généralisation- que Gaston Bachelard a décrit avec raison.
Réponse de le 29/05/2020 à 15:44 :
Il ya un lien direct entre la pandemie mondiale et nos comportements: l'avion.
a écrit le 12/05/2020 à 12:48 :
Il parle pour lui-même ce Monsieur ! Ce ne sont pas (ou plus) les citoyens qui ont le pouvoir, depuis belle lurette et dans tous les pays. Ras le bol de culpabiliser toujours les mêmes, ceux qui travaillent pour survivre et ceux qui survivent tout court !
Réponse de le 12/05/2020 à 15:36 :
Il ne parle pas pour lui même, mais pour ca caste que ca arrangerais bien de voir diminuer la consommation des esclaves.
Marre de voir que lesécologistes ont toujour Pignong suur rue maglré leur arguments faux.
Reprennons:
René dumont premier candidat écolo dans les annés soixante dix réconnisait le diesel pour consommer mois d'essemce. Après de milliards de subventions, les écolos s'appercoivent que le diesel emets des particules fines et font tout pour mettre le sujet sous le tapis.
Le glyphosate, vous savez on va tous mourrir. J'ai une bonne nouvelle pour vous: D'après le seul organisme qui ait évalué le produit comme cancérigéne probable, la viande rouge ou le nettoyage á sec classé cancérigénes certains pas de problème.
Et par quoi veut-on nous remplacer ce gly phosate tellement dangereux? Par de la bouillie bordelaise un Sulfate de cuivre qui est une forme dangereuse pour l'homme. Il est vrai que c'était ce que nos ancétres utilisaient ce qui vaux bénédiction chez les écologistes.
Mais revennons à notre auteur. Il nous annonce que:
"Les travaux du Club de Rome, et notamment le célèbre rapport Meadows de 1972 (The limits of growth), est lumineux dans ses conclusions : alors, pourquoi ceci n'a pas été suivi d'effets ?"
Peut-être parce que ce rapport lumineux dans ses conclusions s'est lourdement trompé. D'après le rapport du club de rome initial nous devrions avoir passé le peak oil depuis les annés 1990. Si vous suivez le cours du pétrole vous saurez que cet évenement ne s'est pas réalisé. Cela jette un sérieux doute sur les lumineuses conclusions en question. Evidement depuis on nous a refait un rapport actualisé qui reporte la catastrophe sans jamais en remettre les fondements en causes.
Les écologistes nous réclamment 2000 milliards d'euros pour leurs plans sur la cométe. Cela revient á massacrer le niveau de vie des plus pauvres d'entre nous. Pour faire cela le minimum serait que les preuves soient solide hors tous les sujets sur lesquels on a pu testé, toutes les solutions mises en oeuvres, tout s'est avéré largement éloigné de la réalité.
Alors non, je ne remttrait pas en cause le niveau de vie parce que quelques écolos ont envie de revennir à 500 millions d'être humains sur la planète.
Faut_il rappeller que la mondialisation a tiré 2 milliards d'humains de la pauvreté. Alors oui elle pourrait-être mieux faite, mais ce n'est pas une raison. Rappellons nous que le solaire si fortement promu par les ecolos a aboutit au developpement de deux parcs électriques parralélles et que l'electricité n'a jamais été aussi chère. Je doute du bienfait pour l'environnement. Par contre l'efficacité sociale pour appauvrir les gens est largement indiscutable.
Merci pour votre morceau d'idéologie.
Réponse de le 12/05/2020 à 18:07 :
Tout à fait d'accord avec vous, et merci pour toutes ces précisions.
a écrit le 12/05/2020 à 12:39 :
On ne peut qu'approuver l'essentiel des diagnostics et analyses développées dans cet article. Plusieurs points cependant manquent d'être mentionnés. De même, les préconisations pour sortir de cet "état d'insouciance" tant décrié par l'auteur restent floues.
1/ Si la dégradation de l'état de notre planète ces 50 dernières années ne fait aucun doute, la période s'est accompagnée de progrès sans précédent : baisse de pauvreté, hausse de l'espérance de vie...De multiples ouvrages très bien documentés en apportent la preuve. L'auteur n'en dit mot.
2/ Dire que l'humanité ne fait rien par rapport à la situation écologique est inexact et inutilement culpabilisant. La vérité est que des milliards d'individus, issus des pays dits "en développement" ont accédé ces 30 dernières années à un niveau de vie "occidental" et que cela a provoqué des déséquilibres planétaires majeurs. Faut-il les en blâmer ? Faut-il les empêcher de se développer ? Les pays occidentaux, loin d'être irréprochables, ont cependant pris la mesure du désastre à venir et commencé à infléchir leurs modèles, ne serait-ce qu'au travers de leurs secteurs privés qui sont en pleine mutation écologique. Cette mise en mouvement prend du temps, certes, mais à l'échelle de l'histoire de l'humanité, elle est finalement assez rapide.
3/ Ce ne sont pas les principes de création de richesses et d'innovations continues qui sont en cause mais la façon carbonée de les mettre en oeuvre. Une autre croissance, décarbonnée, est non seulement possible mais aujourd'hui indispensable, pour éviter de tomber dans le piège trop facile de la décroissance tant vantée par certains, qui serait en réalité mortifère pour tous. La "sortie" ne peut se faire que "par le haut", c'est à dire par toujours plus d'innovations au service de la sobriété énergétique et du respect des écosystèmes. C'est cette voie là qu'il faut poursuivre, pas un retour à un fantasmatique état de nature dont on sait qu'il est loin d'avoir été satisfaisant.
a écrit le 12/05/2020 à 11:54 :
l'espèce humaine est à la fois de plus en plus nuisible et proliférante. Franchement on se comporte collectivement comme des abrutis, une sorte de supervirus à l'intelligence malfaisante.

J'aime à croire que Gaia (comprenne qui pourra), est en train de mettre en jeu les mécanismes compensateurs pour assurer la survie de la majorité des êtres vivants de la planête.
a écrit le 12/05/2020 à 9:41 :
Depuis que les associations écologiques existent la destruction de la nature s'amplifie chaque jour un peu plus, depuis que les partis politiques existent la liberté s'est réduite à une peau de chagrin, depuis que les associations caritatives existent les inégalités se multiplient sans cesse bon sang mais quand est-ce que vous ouvrirez les yeux !?

Mais vous pensez convaincre qui en publiant un papier sur la tribune ? Vous adresser à qui ? A presque personne c'est pitoyable d'hypocrisie et de mauvaise foi.

"La notion de libre arbitre a été inventée par la classe dirigeante" Nietzsche

Culpabiliser sans cesse la classe productrice c'est tout simplement la préparer à l'anéantissement de la nature et de l'humanité, ça y est, grâce à tout ces hypocrites qui demandent aux gens de faire quelque chose pour sauver la planète alors que tous les outils de production et les capitaux appartiennent à quelques uns auxquels tout ces beaux parleurs ne s'adressent jamais soit dit en passant parce que trop faibles, trop cupides ou pas assez intelligents, avec ces médias qui nous hurlent dessus que c'est notre faute, nous sommes paramètres à cette extermination seulement menée par les mégas riches et personne d'autre.

Enfin votre conscience doit mieux se porter après avoir écrit cela certainement et c'est bien ce qui compte le plus hein ?

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