Ces 'jours de l'après' se rapprochent

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(Crédits : DR)
OPINION. L'annonce du dé-confinement nous met à l'aune de ces jours de 'l'après-crise' qu'il convient de préparer avance Bernard Devert, le fondateur d'Habitat et Humanisme.

Le tsunami sanitaire a provoqué un choc, tant il était inattendu. Que de mesures impensables, ou considérées hier comme irréalistes, se sont mises en œuvre dans l'urgence, suscitant un réel enthousiasme eu égard à la créativité et la réactivité de la Nation. En concertation avec l'Europe, une solidarité se construit.

Les dispositions retenues se révèlent à la hauteur du défi à relever.

Ces 'jours d'après' ne doivent pas décevoir l'espoir qui porte sur une ouverture au bien commun avec une attention toute particulière à l'égard des plus fragiles.

La crise fit sortir de l'ombre les invisibles, mettant en évidence l'abîme entre eux et nous.

Des mesures ont été engagées pour offrir un confinement à ceux qui ne l'avaient pas. Tout n'a pas été possible, mais le sans-abrisme est apparu davantage pour ce qu'il est, un mépris et un scandale.

Pour ne point assombrir ces 'jours d'après' en reconstituant l'abîme, il convient que ceux qui ont été mis à l'abri, notamment des femmes isolées et leurs enfants, ne soient pas rejetés à la rue. Il y a urgence.

Le partage de cette conviction doit être habité par l'énergie des soignants qui se sont risqués pour protéger. Leur audace, accompagnée d'un silence, a marqué si fortement les esprits et les cœurs qu'ils offrent à "ce demain" les conditions d'un renouveau, comme si d'une certaine façon, ils nous avaient guéris de l'inessentiel.

L'heure est de veiller à ce que les plus vulnérables bénéficient d'un toit ; son absence est destructrice de la vie.

Cette mission revêt un caractère d'humanité que nous ne pouvons pas déserter.

Quatre propositions m'apparaissent crédibles pour être déjà expérimentées à savoir :

  • une résorption importante de la vacance des logements dans des patrimoines anciens pour ne pas être aux normes, notamment sur le plan thermique,
  • la recherche de mesures exceptionnelles de financements pour les travaux de réhabilitation avec les Pouvoirs Publics et l'ANAH. Ainsi à la valorisation du patrimoine pour les bailleurs s'ajouterait celle d'une attention aux plus démunis,
  • une couverture des risques de l'impayé au bénéfice des propriétaires solidaires, suggérant que l'abandon partiel des loyers (50%) soit considéré comme une libéralité, alors qu'elle ne l'est que dans l'hypothèse où le don est total,
  • une mobilisation du bénévolat pour l'accompagnement des familles logées.

La sortie de crise sera longue et difficile, mais elle est aussi le gage d'un monde plus humain. J'entends l'interrogation : "comment" ? Qui n'entend pas la réponse au plus intime de lui-même : "en devenant meilleur".

La créativité et la générosité sont chemin d'avenir.

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