Transition énergétique : Pour un "vrai" green new deal

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(Crédits : DR)
Les enjeux climatiques sont urgents. Ils ont besoin de solutions économiques concrètes et durables analyse Alain Grandjean, le président de la Fondation Nicolas Hulot. Le docteur en économie de l'environnement, diplômé de l'Ecole polytechnique et de l'Ensae, co-fondateur et associé de Carbone 4 interviendra ce mardi 5 novembre aux Journées de l'économie (Jéco) à Lyon. Un événement dont La Tribune est partenaire.

La question climatique et plus généralement écologique doit et va devenir centrale dans les politiques publiques. Il faut "remettre l'église au centre du village". C'est tout le sens du rapport du Haut Conseil pour le Climat qui plaide pour une mise en cohérence de ces politiques.

Pour cela, s'impose le lancement en Europe et en France d'un "vrai" green new deal. Il s'agit d'un projet d'ensemble y incluant un programme d'investissement des publics et privés à la hauteur des enjeux.

Nous ne décarbonerons pas l'économie par des changements de comportement.

Tout simplement parce que ce sont nos équipements, nos machines, leurs moteurs etc. qui émettent du CO2. Par ailleurs nous devons anticiper les changements climatiques des 20 prochaines années qui sont déjà largement prévisibles et dont les impacts sociaux et économiques attendus sont importants.

Les taux d'intérêt très bas actuels facilitent le financement de ces investissements ; il faut cependant recréer des marges budgétaires tant pour financer les investissements publics (infrastructures de transport, bâtiments publics) que pour accompagner voire subventionner les investissements privés, qui ne sont pas toujours rentabilisables au vu d'un prix du carbone explicite trop faible aujourd'hui.

Le prix du carbone va devoir être revu à la hausse mais cela nécessitera, dans le contexte actuel, que le produit de la taxe soit largement réalloué aux ménages.

En Europe nous avons à revoir et réinterpréter les critères budgétaires

Le sujet est sur la table, comme le montre par exemple un rapport du conseil budgétaire européen. Il est bien acquis que leur design actuel a défavorisé les investissements publics.

Enfin la politique commerciale internationale doit être revue à cette aune. Cette remise en cause s'impose de toutes façons du fait des méthodes employées par l'actuel président américain.

Les projets bas-carbone donnant de l'activité en France et en Europe doivent de conditions équitables dans la compétition économiques et le cadre de l'action publique favorable à cette transition ne doivent pas pouvoir être remis en cause

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a écrit le 05/11/2019 à 20:41 :
Je viens de voir sur Arte ce soir un reportage sur la Hollande. Ils commencent à prendre les mesures qu’implique la situation catastrophique actuelle. Réduction de la taille des élevages (les vaches émettent du méthane et des oxydes d’azote), arrêt de gros chantiers (la fabrication du ciment émet de grandes quantités de CO2), arrêt d’industries d’extraction. Ces mesures, qui sont pourtant celles qui devraient être appliquées à l’echelle Mondiale, causent déjà des manifestations chez les entreprises concernées. Il sera dur de faire face à nos obligations
Réponse de le 06/11/2019 à 6:51 :
"Réduction de la taille des élevages (les vaches émettent du méthane et des oxydes d’azote)". Ce n'est pas forcément une bonne idée si la consommation de viande bovine et de lait et produits lactés ne diminue pas. Sinon la conversion d'un gros élevage en n élevages plus petits empêche de mettre en place des techniques de captation du méthane dans les élevages et importer plutôt que de produire localement ne fait que déplacer les émissions (en ajoutant celles causées par le transport). Autrement dit mieux vaut une ferme de 1000 vaches munie d'une capture de méthane que 20 fermes de 50 qui en seraient dépourvues.
a écrit le 05/11/2019 à 19:22 :
"S'il faut mettre l'église au centre du village", il faut remettre le paysan et la ruralité au centre de nos préoccupations! Les villes sont la concentration des problèmes et sont loin d'être des solutions!
a écrit le 05/11/2019 à 18:22 :
On fait croire que l'écologie est une préocupation majeure des français ce qui n'est pas le cas ;11% au srutin européen ou il n'y a pas eu 50 % de participation et 2 % aux dernieres presidentielles legislatives ;Dans 2 ans ça sera pareil!L'écologie est un luxe que ne peuvent se payer ceux qui ont des fins de mois difficiles et ils sont des millions ;Caprice d'enfant gatés,tous à plusieurs milliers d'€ par mois ils n'ont que faire de tout ceux qui sont en dessous d'eux mais font croire le contraire .Racolant dans le social ils font croire qu'ils se préocupent des questions sociales alors que par definition ,l'écologie est contre les pauvres ;Qu'es ce qu'un pauvre ,une personne qui a peu d'argent .Si on lui en donne que va t il en faire sinon consommer comme les bourgeois et là c'est plus du co2 mais la vrais catastrophe assurée ,il faut donc pour les ecologistes laisser les pauvres dans la pauvreté...............
a écrit le 05/11/2019 à 17:00 :
Très bien, mais rien ne peux changer les données du problème. Donc on va continuer à polluer, consommer de façon irraisonnée, épuiser les ressources etc...c'est cuit et on va cuire !
Donald se retire de l'accord de Paris, dont acte. Va t on (l'Europe) pour autant taxer TOUS les produits Américains ? La réponse est:Non. C'est de fait une autorisation pour tous les autres à polluer. Dans ces conditions, il est inutile de "causer" écologie, c'est du temps, de l'énergie gaspillée qui vient s'ajouter à la pollution ambiante.
a écrit le 05/11/2019 à 14:33 :
Quel méga riche aux paradis fiscaux qui dégueulent de fric a intérêt à valoriser une économie circulaire ?

Qui possède et dirige le monde ?

Impasse oligarchique on va finir par se demander si l'oligarchie au final n'est pas une impasse en soi.

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