La finance solidaire : une réalité concrète

 |   |  608  mots
(Crédits : DR)
La finance solidaire peut devenir "un vecteur puissant du changement recherché par des hommes de bonne volonté", rappelle Bernard Devert, fondateur d'Habitat et Humanisme, à l'occasion de la semaine de la finance solidaire qui démarre ce lundi 4 novembre.

Quel couple, l'oxymore, finance/solidaire. Qui aurait pensé que ces deux mots s'associent sans contradiction pour trouver l'un par l'autre tout leur sens. Enfin, se dessine une économie au service de ceux confrontés à des situations de vulnérabilité. La loi PACTE prend en compte cette réalité : un droit humanisé reconnaissant aux sociétés commerciales la possibilité de se créer pour répondre à une mission.

L'article 1832 du Code civil définit la société à partir de l'affectio societatis, conduisant des personnes à se réunir en vue de se répartir des bénéfices. Désormais, au titre de l'article 1835 du Code civil, des sociétés naissent ou se transforment pour partager les bénéfices à destination du bien commun.

Comment est-on parvenu à une telle ouverture et à un tel souffle ?

Là où la croissance était le maître-mot, s'éveille le développement. Ces deux mots ne sont pas des synonymes traduisant des approches différentes, le premier traduit une illimitation, le second une harmonie.

Il nous souvient de ce mot du journaliste-économiste, Jean Boissonnat, « à force d'imaginer le bien, on finit par y contribuer ». Nous y sommes presque. Depuis quelques années, la question du sens gagne les esprits et touche les cœurs.

Qui n'a pas gardé en mémoire l'intervention d'Emmanuel Faber, Président du Groupe Danone, aux étudiants d'HEC au sein de la chaire Economie et pauvreté : "Après toutes ces décennies de croissance, l'enjeu de l'économie, c'est la justice sociale...On vous a appris qu'il y a une main invisible, mais il n'y en a pas. ...Il n'y a que vos mains, mes mains, nos mains qui puissent améliorer les choses."

Que de cadres, après des parcours brillants, s'interrogent précisément sur leur engagement se demandant s'il ne serait pas l'heure pour eux - les charges familiales étant moins prégnantes - de contribuer au développement de l'entrepreneuriat.

Des étudiants, au sortir des Grandes Ecoles ou de l'Université, choisissent les entreprises non pas à partir de ce qu'elles leur offrent comme salaires, mais de ce qu'elles engagent pour lutter contre les iniquités.

Le profit, c'est bien et nécessaire, mais une autre attente se fait jour au titre de la finalité des entreprises ; nombre de leurs dirigeants ont saisi qu'ils ne trouveraient des talents que si elles contribuent à servir l'intérêt général.

Une belle ouverture avec l'Entreprise des possibles suscitée par Alain Mérieux.

La fierté d'appartenir à une entreprise est directement liée à sa détermination à agir pour un monde plus humanisé.

L'optimisation fiscale, hier recherchée, est devenue aujourd'hui une faute morale, pouvant même devenir une faute pénale.

A un moment où les taux d'intérêts sont très bas, la finance solidaire trouve un champ d'ouverture inattendu et inespéré. A quoi servent ces trilliards sous forme de capitaux flottants qui aggravent les inégalités, alors que cette masse d'argent pourrait être une bouée de sauvetage pour bien des naufragés de nos Sociétés.

L'utopie d'hier est devenue une réalité concrète, transformatrice de relations.

Beaucoup, se demandent comment privilégier la finance solidaire. Elle justifie votre intérêt. Au cours de cette semaine, cette forme d'économie fait l'objet d'une présentation par de nombreux acteurs sous l'égide de Finansol qui labellise les entités répondant aux critères de la finance solidaire.

Ensemble, avec lucidité et discernement, nous pouvons agir pour qu'elle devienne le vecteur puissant du changement recherché par des hommes de bonne volonté, quel que soit leur horizon politique, philosophique ou spirituel.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/11/2019 à 10:36 :
Quand la finance se mettra réellement au service de l'économie, celle ci pourra être labellisée de sociale et solidaire; il y a encore un long chemin à parcourir, tant que le terme de finance sera considéré péjorativement, par ce que derrière finance il y a les termes de spéculation, voire de cupidité qui y sont attachés.Mettons réellement le levier financier et Dieu sait s'il est considérable, au service de l'économie , alors peut être réussira t on à ce que la distance entre le monde des riches qui deviennent de plus en plus riches et le monde des pauvres qui deviennent de plus en plus pauvres, se réduise
a écrit le 04/11/2019 à 15:30 :
La finance solidaire? ce sont deux mots de catégories opposés, qui mis en semble dit bien ce qu'est la chose en Europe.

La finance n'a jamais été solidaire, l'économie oui. Et avec expérience, en tentant d'aller dans ce chemin, j'ai pu constater qu'il y a un tas de banquier qui fréquentes les sociétés alternatives, pour capter les idées, mais la solidarité si il y a bien un mot qui n'a aucun sens ajouté a finance, c'est bien celui ci.

Le laïus ou vocable ne change pas la réalité du zéro investissement sur la question, et des sommes dont le plus souvent n'a d'objectif que de rapporter aux financiers.

La philanthropie se fait sur l'art histoire d'investir, mais cela n'a jamais été le cas que la finance soit solidaire.

La finance est solidaire du too big too fail , qui fait que les états et les particuliers le sont solidaires dans la mesure du risque systémique.

Lorsqu'un pays va mal économiquement, vous n'avez jamais vu un financier se porter au secours, mais spéculer pour savoir combien il peut en retirer !!!!!

Alors finance solidaire, a part entre eux pour éviter au système de plonger, la crise de 2008 est arrivée car les banques ne se prêtaient plus !!! sans doute de la finance solidaire......
a écrit le 04/11/2019 à 14:36 :
"La finance solidaire : une réalité concrète"

AH enfin une bonne nouvelle !

"La finance solidaire peut devenir"

Oh c'était encore que des mots ! Mais merci d'avoir prévenu tôt au moins...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :