[Ce qui m'inspire 5/5] Mathieu Genty, Cowork in Grenoble : « apprendre »

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(Crédits : DR)
Cet été, La Tribune interroge des figures entrepreneuriales régionales autour du concept de l'inspiration. Dernier épisode avec Mathieu Genty, fondateur de l’espace Cowork in Grenoble, qui invoque la liberté, l'envie d'apprendre, l'entrepreneuriat et plusieurs conseils de lecture.

La Tribune : Qu'est-ce qui vous inspire dans votre quotidien d'entrepreneur ?

Mathieu Genty : C'est la conviction de faire quelque chose, même si ce sont de petites étapes, qui font que chaque jour, le monde est un peu meilleur. Si tout le monde oeuvrait un peu dans cette direction, le monde irait tout de suite mieux ! Je pense que l'entrepreneuriat est aussi une façon de se permettre cela, et de choisir de faire des actions qui soient bonnes pour son entourage ainsi que pour l'environnement.

Je le vois par exemple au quotidien lorsque je regarde la communauté que l'on a pu créer avec Cowork par exemple. Nous avons réussi à développer une ambiance bienveillante et un esprit de communauté, en créant au quotidien du vivre ensemble.

Ce ne sont d'ailleurs habituellement pas des mots que l'on utilise pour définir l'entrepreneuriat, même si concrètement, je pense qu'il y a par exemple des gens qui vivent aujourd'hui mieux leur situation aujourd'hui grâce au coworking.

Qu'est-ce qui vous a donné envie d'être entrepreneur ?

Je suis un autodidacte puisque j'ai arrêté l'école en 3e. J'ai suivi une idée tout au long de mon parcours : quand j'ai envie de faire quelque chose, je l'apprends. J'ai ainsi créé une boite de développement informatique en 2006, un restaurant sur les balcons de Belledonne en 2011, suivi de trois espaces de coworking entre 2012 et 2016 à Grenoble, Voiron et Crolles.

Et je suis en parallèle photographe et hypnothérapeute. Ce qui m'a donné envie de le faire tient en deux mots : la liberté et l'émancipation du salariat. C'est aussi l'idée de devenir responsable de ses actes : si cela fonctionne, c'est un peu grâce à soi et si cela ne marche pas, c'est aussi à cause de soi.

J'ai choisi de commencer par l'informatique car il y avait encore, en 2006, le mythe du développeur qui travaillait dans son garage et qui pouvait démarrer sans diplôme : cela m'a permis de me mettre le pied à l'étrier. Je n'ai pas vraiment eu de modèle si ce n'est un oncle qui était à son compte, et qui s'amusait dans ce qu'il faisait.

Une lecture à conseiller à un futur entrepreneur ?

Je ne lis que très peu voire pas du tout sur l'entrepreneuriat, par contre, je lis souvent des livres qui concernent les organisations. En ce moment, je lis par exemple "Better work together", publié par the Enspiral foundation, un livre qui traite d'organisation et notamment d'auto-organisation.

J'aime aussi beaucoup le livre sur "L'organisation pirate" (Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne), qui rappelle que les fédérations de pirates étaient beaucoup plus démocratique que l'on pourrait le croire, ainsi que l'ouvrage "The Misfits economy" (Aexa Clay et Kyra Maya Phillips), qui parle de tous les modes d'entrepreneuriat gris. Ou comment les gens qui se retrouvent exclus de tout parviennent tout de même à recréer une forme d'économie pour subsister. Cela va des pirates somaliens aux cartels de la drogue, en passant par les femmes dans la rue...

Ce phénomène se rapproche d'ailleurs beaucoup de ce que l'on voit dans nos quartiers aujourd'hui, et nous parle d'ingéniosité humaine et d'innovation frugale au fond. Cela pose aussi la question de savoir comment ramener cette économie grise dans quelque chose de plus socialement acceptable, tout en conservant l'intelligence créée.

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