"Le choc de l'injustice brise la confiance"

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'Economie)
La confiance s'est invitée aux rencontres économiques d'Aix en Provence alors que nous assistons à différents chocs, en premier lieu celui de l'injustice estime Bernard Devert, fondateur d'Habitat et Humanisme.

Les économistes ont placé, cette année, leur rencontre sur le thème de la confiance alors que nous assistons au choc des inégalités, de l'importance de la dette, de l'éclatement du vieillissement, de l'augmentation des flux migratoires avec le réchauffement climatique, de la formation qui n'est pas sans susciter un fossé entre les emplois en attente et un chômage qui résiste.

La confiance crée un avenir pour être un refus de céder aux fatalités mais aussi aux facilités créatrices du chaos.

Les marges de manœuvre sont obérées par un autre choc, un populisme montant qui instrumentalise les colères, souvent justes, sans laisser le temps de trouver des réponses réduisant les brutalités de la misère.

Laurent Berger, Secrétaire Général de la CFDT, invité à ces rencontres économiques rappelait qu'on va dans le mur quand il n'y a plus de régulation et de justice, ou encore lorsque le pragmatisme l'emporte sur la question du sens et la vision.

Le choc de l'injustice brise la confiance

Les plus fragiles considèrent alors qu'ils ne sont pas dignes d'intérêt. Terrible constat ! Observons que, dans la crise sociale qui a émergé avec les gilets jaunes, les pauvres sont restés des invisibles.

Les premiers accidentés de la société sont en panne de soins. Or, qu'est-ce que la confiance, sinon précisément, un prendre-soin. Quand il n'est pas au rendez-vous, les blessures s'infectent et le corps social souffre et se délite.

Un des soins à réaliser en urgence est celui pour les 7,5 millions de foyers qui vivent dans des immeubles se révélant des passoires thermiques. Une désolation amère ; quelle inégalité ! Les plus faibles ont des charges énergétiques plus élevées que les plus aisés, d'où un sentiment d'abandon, accompagné d'une rupture de confiance.

Or, réduire la charge énergétique - comme répété très justement et à l'envi, mais sans effet - augmenterait automatiquement le reste pour vivre de trop de ces familles qui, ne parvenant pas à vivre décemment, courent pour elles-mêmes un grand danger ; il n'est pas non plus sans risque pour la Société.

Prendre en compte cet investissement serait témoigner que la Nation est travaillée par sa détermination à donner, redonner confiance à ceux qui l'ont perdue pour se sentir à part.

La confiance construit la communauté nationale, non point par des mots mais par des actes.

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Commentaires
a écrit le 12/07/2019 à 10:34 :
La confiance est une conséquence et non pas une cause! La cause dégrade la confiance!
a écrit le 12/07/2019 à 6:56 :
Encore un qui propose des rustines... on n'en est plus là. Regardons ce qu'était encore la France dans les années 70, et ce qu'elle est aujourd'hui; C'est une catastrophe, bâtie par nos élites, dont les pieds ne touchent plus le sol. Ils se croient Dieu, déconnectés du quotidien de leurs "fainéants de sbires" qui n'ont pas de "talent", et nous envoient au mur. Ils se croient légitimes, par intérêt, parce que les autres font pareil dans les autres pays, que l'argent a remplacé Dieu, et n'ouvriront les yeux (s'ils y arrivent un jour), que lorsqu'il sera bien trop tard. Soit on réagit tous et on met en place les mesures d'urgence qui s'imposent (à commencer par oublier le profit éternel -qui ne l'est pas...), soit on continue à faire les moutons jusqu'aux derniers moments de "l'humanité"
a écrit le 12/07/2019 à 4:41 :
Il est certain que les agissements de cette caste mafieuse au pouvoir ne va pas consolider le concept de confiance.
Le populisme a une autoroute devant lui pour 2022.

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