L’Europe, l’ouverture d’un chantier pour lui donner une âme

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'Economie)
"L'âme de l'Europe ne saurait être celle des relations économiques, technocratiques mais bien ce souffle qui a habité ses « pères fondateurs » : bâtir la paix" estime Bernard Devert, fondateur d'Habitat et Humanisme.

S'il ne m'appartient pas, ici, de commenter les élections européennes, quelle joie de relever que l'abstention annoncée par les sondages a été fortement démentie ; jamais un vote concernant l'Europe n'a connu une telle participation.

Je voudrais souligner la pépite que nous offre l'interview de cet homme de 60 ans. Ouvrier, dit-il ; jusque-là, je suis resté indifférent à tout vote concernant l'Europe, tant elle me semblait éloignée de mes préoccupations la considérant comme un « machin », pour reprendre l'expression du Général de Gaulle à l'égard de l'O.N.U. Pour la première fois j'ai voté aux fins d'apporter ma voix à la construction d'une Europe solidaire, chance d'un avenir plus ouvert, plus humain.

Allez, disait Verlaine ; allez, rien n'est meilleur à l'âme que de faire une âme moins triste.

L'âme de l'Europe ne saurait être celle des relations économiques, technocratiques mais bien ce souffle qui a habité ses « pères fondateurs » : bâtir la paix.

Ne se construit-elle pas là où l'union l'emporte sur les séparations.

Quel bonheur pour le cœur et pour l'esprit lorsque l'on entend dire de quelqu'un : « c'est une belle âme », entendez une belle personne, pour être attentive à la construction de ce qui rassemble plutôt que ce qui divise. Une telle orientation n'a pas de prix mais a toujours un coût pour donner au bien commun le primat sur les intérêts particuliers.

Il en va ainsi de l'Europe.

Allez, dit Verlaine, c'est tout un mouvement, une ouverture, celle précisément de l'âme.

François Cheng peut nous aider à entrer dans cette alchimie de l'essentiel : « sur le tard, je me découvre une âme. Je l'avais étouffée en moi de peur d'apparaître ridicule ». Je comprends, dit-il à la personne qui lui écrit, que le temps m'est venu de relever le défi.

Ce défi ne se propose-t-il pas à nous pour construire l'Europe qui, de par ses heureuses différences, élargit l'horizon. Alors les étroitesses cèdent de leur prétention pour privilégier l'ampleur d'un destin à faire surgir.

Cet homme interviewé a une parole exprimant l'âme de son engagement, né d'un discernement et d'une juste vision de l'Europe, enfin entendue, non point pour servir les seuls intérêts des pays membres mais pour constituer un corps vivant à son service.

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