L'agriculture urbaine comme outil complet au service de la ville en commun

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(Crédits : DR)
Après un siècle industriel intensif marqué par des effets collatéraux désastreux, il faut se rendre à l'évidence : nos modes de développement essentiellement tournés vers la recherche du profit économique et la consommation effrénée des ressources ne sont pas durables. Il est urgent de créer des systèmes globaux et cohérents dans leur ensemble. L'agriculture urbaine a une fonction écologique, nourricière, sociale, pédagogique, et économique. Mais comment réussir à intégrer toutes ces dimensions dans une démarche vertueuse au service de la ville en commun s'interroge, dans le cadre du partenariat La Tribune - Meet & Greet, le Collectif Le Grand Romanesco.

L'agriculture urbaine envisagée comme commun et inspirée des principes de la permaculture s'impose comme une solution complète et efficiente. Elle participe au développement des circuits courts par l'approvisionnement de légumes, aromates et petits fruits. Sans traitement chimique, elle contribue à la préservation de l'environnement et de la biodiversité. Elle préserve la santé en offrant une production locale, saine et de saison.

Elle propose aux citoyens un accompagnement à la transition alimentaire par une réappropriation concrète de leur alimentation en jouant un rôle pédagogique considérable. Elle rend par ailleurs des services écosystémiques tels que la valorisation des biodéchets, la gestion des eaux pluviales, la lutte contre les îlots de chaleur et l'extension des trames vertes au sein de nos villes. Elle constitue de surcroît un levier intéressant pour le bien-être au travail et la politique RSE des entreprises.

Quand d'aucuns assimilent l'innovation à la technologie, la permaculture adopte une éthique qui gouverne la réflexion et l'action : prendre soin de la terre (les sols, l'environnement et l'eau), de l'humain (soi-même, la communauté et les générations futures), partager équitablement les ressources (limiter la consommation, redistribuer les surplus).

C'est un art de vivre au sens propre. Elle associe l'art de cultiver la terre, pour la rendre fertile indéfiniment, avec l'art d'aménager le territoire. Elle prend en considération la biodiversité des écosystèmes et change profondément le rapport des citoyens à la ville en les impliquant comme acteurs.

L'innovation de la permaculture est intrinsèque. Exit les déséquilibres en chaîne : elle devient le moyen sûr et complet d'accélérer la transition écologique. C'est désormais aux pouvoirs publics de mettre en place le cadre et les infrastructures nécessaires pour implémenter des projets vertueux.

Mais comment traduire, concrètement, ces promesses ? Éléments de réponse à travers deux projets de référence à Lyon : d'une part un centre de permaculture urbaine à 360° au cœur de logements HLM avec un bailleur social et d'autre part une ferme péri-urbaine à destination des entreprises d'une zone d'activité tertiaire avec un promoteur.

Un centre de permaculture urbaine

Situé en plein cœur du 8e arrondissement de Lyon, le centre de permaculture en plein air verra le jour dès l'automne 2019. Au programme, 1 500 m² d'espaces cultivés dédiés à un centre d'initiation à la permaculture urbaine, une surface de maraîchage, un potager partagé à destination des habitants et un espace expérimental consacré à la biodiversité (micro-plateforme de lombricompostage, dépollution du sol par les plantes, etc.).

Unique en son genre, il se fixe pour objectif de valoriser les espaces disponibles afin de participer à l'accélération de la transition écologique et à la création de la ville de demain. Il répond en effet à des enjeux de création d'emploi, de mixité sociale, d'accès à une alimentation saine locale, bio et de saison, de solidarité intergénérationnelle et d'amélioration du cadre de vie.

Lauréat du concours "Mon projet pour la planète" lancé par le Ministère de la Transition Ecologique, ce projet est conçu et piloté par le collectif du Grand Romanesco en partenariat avec le bailleur social Grand Lyon Habitat.

Il fait l'objet d'une mise en œuvre concertée avec la participation de nombreux partenaires locaux issus de l'écosystème local pour favoriser son appropriation par les habitants.

Ferme urbaine d'entreprise

Au cœur du parc d'activité de Limonest, la ferme urbaine pédagogique d'entreprise s'inscrit au sein d'un ensemble de bureaux de 6 500 m2 avec un bois classé dans un parc de 6 hectares. Conçue d'après un cahier des charges riche et complexe, la ferme propose des espaces collectifs pour le déjeuner à l'abri de grands arbres, des espaces de détente, une promenade initiatique en lisière du bois classé, un belvédère ainsi qu'un potager de 2 300 m2 exploité par un maraîcher, à la disposition des entreprises avec un programme d'accompagnement pédagogique.

En s'appuyant sur les volets pédagogiques, économiques et sociaux, la ferme urbaine est pensée en co-construction concertée dans toutes ses interactions et s'ancre dans le territoire qui l'entoure. Elle place l'entreprise comme actrice de la transition écologique et agit comme un moteur de bien-être au travail, au cœur de la démarche RSE. Elle crée ainsi de la valeur pour toutes les parties prenantes : son promoteur devient un acteur positif de l'environnement tout en introduisant la valeur verte dans l'espace qu'il commercialise.

Les entreprises occupantes œuvrent pour le bien-être de leurs salariés et de la planète tout en augmentant leur productivité. Les collaborateurs bénéficient d'un cadre de travail attractif qui rejoint leur quête de sens et sa compatibilité avec leurs aspirations professionnelles dans une nouvelle façon d'habiter le monde et de se nourrir.

Mené par Le Grand Romanesco en collaboration avec Diagonale Concept pour le promoteur Arioste, ce projet ambitieux est une grande première en Auvergne Rhone-Alpes.

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