Grand débat national : une chance pour revisiter la finance solidaire

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Les iniquités sociales s'invitant avec force dans l'actualité, le Président de la République a suscité un grand débat national. L'objectif est de rechercher une participation plus directe à la vie politique et une atténuation de disparités insupportables. Il serait judicieux que, dans ce débat, soit revisitée la finance solidaire pour lui donner la place qui devrait être la sienne souligne Bernard Devert, le fondateur d'Habitat et Humanisme.

L'argent facilite l'entraide immédiate mais il est un moyen et une chance de transformer la société ; la finance solidaire est un des leviers du changement.

Certes, la difficulté est qu'il ne change pas de main et que même il a une propension à rester dans les mêmes mains. L'année 2017 a connu un « boum » du nombre de milliardaires : un nouveau tous les deux jours. Est-ce le signe d'une économie prospère, s'interroge l'ONG Britannique Oxfam, non répond-elle, le symptôme de l'échec du système économique, du moins de sa répartition.

80% de la richesse mondiale est entre les mains du 1% des plus riches. L'argent circule mal, d'où cette iniquité, même si le nombre des plus pauvres a été divisé par deux entre 1990 et 2010 ; il décroît encore, mais plus lentement. En revanche, les revenus des salariés  au cours des 10 dernières années ont augmenté en moyenne de 2% par an, alors que la fortune des milliardaires s'est accrue de 13 %, 6 fois plus !

L'urgence est celle d'une meilleure répartition.

C'est là que la finance solidaire a un rôle à jouer pour bâtir des ponts entre ceux qui n'ont rien et ceux qui, ayant beaucoup, pressentent que cela ne peut pas durer.

La première force dans le monde, c'est l'habitude ; pour s'y opposer, il convient de se laisser habiter par un discernement aux fins de briser les servitudes.

Il est clair que la fonction de l'épargne, lorsqu'elle est autocentrée sur elle-même, suscite des fractures sociales béantes dont les plus riches se protègent par des murs. Il n'y a pas que Wall-Street, il y a aussi les paradis fiscaux et des fiscalités impropres auxquels sont assujettis les Gafa, l'acronyme désignant les 4 entreprises les plus puissantes du monde.

Le Gouvernement français s'inquiète de cette inégalité sans être suivi, comme on pourrait le souhaiter, par d'autres membres de la Communauté européenne, notamment l'Allemagne.

Les excès n'ont pas d'avenir, d'autant que la réflexion sur l'éthique progressant - réjouissons-nous - il apparaît nécessaire de trouver une plus grande régulation, telles par exemple les rémunérations : qu'est-ce qu'un salaire juste ?

La connaissance, condition d'un meilleur partage, suscite bien des interrogations : que devons-nous faire ; qu'est-il possible de changer. Là intervient comme réponse possible le développement de la finance solidaire, créatrice de sens, réunissant des acteurs qui ne veulent pas simplement gagner pour leur propre maison mais participer à la construction de la « maison commune » ; ils sont plus nombreux qu'on ne le croit.

Finance solidaire : 0,27% du patrimoine des français

Il est toujours possible de dénoncer les riches, mais ne serait-il pas plus constructif de mieux faire connaître la finance solidaire qui, dans sa part de gratuité, prend en compte celle de la pauvreté.

Que représente la finance solidaire : 0,27% du patrimoine des français. Un passage à 5 % changerait la donne pour combattre les iniquités. Ce demain de l'économie doit être avancé à aujourd'hui.

La génération qui monte n'est pas matérialiste, elle veut créer du sens. Des chaires de l'économie sociale sont désormais existantes dans les Grandes Ecoles et Universités.

Une grande banque, Swisslife, et le Cabinet d'Ingénierie Cedrus viennent de mettre en place un fonds où 20 % des sommes collectées sont investies dans l'acquisition de logements mis gratuitement à disposition pendant 15 ans d'associations, le Samu Social et Habitat et Humanisme.

Une telle perspective n'était pas imaginable, il y a seulement 5 ans. Une économie  pas toute bien sûr mais une forme d'entre elle, et pas des moindres, s'implique désormais dans le champ de la fraternité.

Habitat et Humanisme a créé deux Foncières qui, promouvant la finance solidaire, logent des familles qui n'auraient jamais pu envisager habiter les quartiers où elles résident. Quel bénéfice ? la disparition à terme des ghettos de pauvres. Il faut poursuivre.

Oui, la finance solidaire est un vecteur de transformation sociale, l'heure est d'y participer.

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Commentaires
a écrit le 01/02/2019 à 11:48 :
Encore un article qui oublie de dire que la monnaie est un outil d'échange, mais aussi et surtout un outil d'exclusion.
"vous en avez, vous pouvez, vous n'en avez pas, vous êtes exclu".
La répartition équitable ?
Un mythe. Car c'est oublier que la monnaie doit être un outil relativement rare (on n'échange pas contre des feuilles d'arbre). Et cette rareté relative entraine la guerre commerciale permanente, qu'elle soit au niveau local ou international.
Et la création de richesses ? Limitée par l'utilisation de monnaie. Car un bien "abondant" fait chuter son prix et n'est plus rentable à produire.
Autrement dit, la monnaie fabrique une rareté artificielle. (voir les exemples de destructions de nourriture pour faire remonter les cours)
.
Quand est-ce que vous allez inviter dans vos débats, les points de vues postmonétaires ?
Une économie postmonétaire est possible.
a écrit le 31/01/2019 à 18:47 :
Une petite erreur s'est glissée, il faudrait lire :
Que représente la finance solidaire ? 0,23% du patrimoine des français.

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