Benoit Fabre (Medef 42) : "Nous devons ouvrir un grand débat citoyen"

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(Crédits : SG)
Pour Benoit Fabre, président du Medef Loire et dirigeant de l’entreprise Corona Étanchéité, il est urgent d’ouvrir un débat citoyen pour repenser le modèle social français. Un débat dans lequel les PME auraient leur rôle à tenir, celui d’un espace de cohésion et de dialogue social. Avec un préalable : l’arrêt immédiat des violences en marge du mouvement des Gilets jaunes.

Quelle est votre position sur cette crise des Gilets Jaunes ?

Je suis en accord avec la revendication initiale : une taxation excessive. Le problème est que nous assistons désormais à une surenchère menée par des individus qui n'ont pas de lien avec la problématique initiale posée sur la table. Il faut absolument arrêter cette prise de pouvoir des casseurs et revenir à des manifestations pacifiques. Je ne suis absolument pas solidaire d'une épreuve de force. La Démocratie n'est probablement pas un système parfait mais elle est nettement meilleure que tous les autres modes de gouvernance. Je ne soutiens pas non plus le "Macron Démission". Le Medef est un mouvement républicain. Emmanuel Macron a été élu, il faut désormais discuter avec lui afin qu'il s'ouvre à la co-construction.

Quelles solutions pour sortir de cette crise, selon vous ?

Je crois qu'il faut se donner un an pour rediscuter de notre modèle social. Les élus, les entreprises, les syndicats, les salariés etc... Il faut ouvrir un vrai débat citoyen. La société ne peut continuer à fonctionner en taxant exclusivement ceux qui travaillent ou ont travaillé. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, certains profitent de la société et de son système social protecteur. De la même façon, il y a des gens très riches qui gagnent de l'argent sans effort. Ceux qui sont entre les deux ne comprennent pas et ne supportent plus cette situation. L'Etat doit réfléchir à ses missions régaliennes et se recentrer pour ne plus alourdir le fardeau fiscal des citoyens.

Que peuvent faire les chefs d'entreprise dans cet affrontement ? Est-ce leur rôle de prendre la parole sur ce sujet ?

Oui parfaitement ! Il y a trois millions d'entreprises en France, je crois qu'elles peuvent être un excellent relais du débat citoyen que j'évoquais. N'oublions pas que dans les PME, il existe une proximité très forte entre les salariés et les dirigeants. Je pense que c'est vraiment le bon endroit pour recréer de la cohésion et du lien sociétal. Mais attention, les syndicats ne doivent pas récupérer la crise actuelle pour la faire basculer sur un affrontement salariés/employeurs. Ce serait dramatique.

Les entreprises sont prêtes à proposer des solutions. Mais pas celle de payer l'essence des salariés pour venir au travail. Les marges sont aujourd'hui trop réduites pour nous permettre de telles initiatives. Ça suffit de penser que l'entreprise est un porte-monnaie dans lequel on peut puiser indéfiniment. Nous avons besoin de marges pour investir, nous développer, recruter et payer nos salariés.

Quoi qu'il en soit, pour avancer sur la bonne voie, il faut retrouver un dialogue social pacifiste. Le président de la République vient de faire un pas significatif, donnons-lui la chance de changer la méthode avec les corps intermédiaires pour la réussite de tous.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2018 à 8:29 :
Monsieur, si les gilets jaunes sont en majorité dans vos PME, sachez que vous êtes les premiers responsables de leur situation. Les impôts vous servent a équiper les infrastructures pour que vous fonctionnez, a former votre personnel, a organiser l'état pour la sécurité de vos activités. Le problème n'est pas moins d'impot, au contraire, mais plus de justice dans sa répartition. Quand a ceux qui profitent en étant pauvre, épargnez nous ce couplet. Occupez vous de votre organisation interne, du développement de vos salariés, de votre créativité, de vos réinvestissements...

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