La confiance : un défi pour notre avenir commun

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(Crédits : DR)
Dans une époque où les remises en cause sont quasi-permanentes et où s'installe un climat de défiance qui altère le lien social, comment retrouver cette confiance nécessaire pour redonner sens et espérance à notre vie en commun ? Eléments de réponse par François Morinière, président des Entretiens de Valpré, dont Acteurs de l'économie - La Tribune est partenaire. Ils consacreront leur 17e édition à un thème aux allures de défi : « QuestionS de confiance : pouvoir la donner ; savoir la gagner ! ».

La confiance, c'est l'idée qu'on peut se fier à quelqu'un ou à quelque chose. Ainsi, le verbe confier (du latin confidere : cum, « avec » et fidere « fier ») signifie qu'on remet quelque chose de précieux à quelqu'un, en se fiant à lui et en s'abandonnant ainsi à sa bienveillance, à sa bonne foi. L'étymologie du mot montre d'ailleurs les liens étroits   entre la confiance, la foi, la fidélité, la confidence, le crédit et la croyance.

La confiance en questions

En préparant les Entretiens de Valpré, nous avons été nous-mêmes amenés à réfléchir autour de ce mot si riche de sens. Avoir confiance ; faire confiance. Comme une distinction entre ce qui est acquis, instinctif, et ce qui est construit, à partir de l'action. Comment comprendre le mouvement intérieur qu'est la confiance en l'autre ? Nous faisons l'expérience de la limite rationnelle de ce choix, sans savoir exactement pourquoi. N'y a-t-il pas là le risque de glisser dangereusement de la confiance à la crédulité, à la naïveté ? A l'inverse, sommes-nous capables de recevoir la confiance de l'autre, en donnant des gages, sans perdre ses propres repères ou valeurs ? Et comment inscrire cette confiance dans le temps, la régénérer à l'heure où les remises en cause sont permanentes ?

La multiplication de l'accès à l'information semble jouer le rôle d'un immense accélérateur de la défiance, remettant en cause notre propre disposition d'esprit, en conditionnant notre confiance à l'accumulation de compétences ou de contrôles.

Charles Pépin, que nous avons le plaisir d'accueillir cette année, écrivait cet été dans La Croix (28 juillet 2018) :

"Avoir confiance... c'est en savoir assez pour consentir de ne pas tout savoir, et accepter l'incertitude".

Ne faut-il donc pas chercher la source de la confiance dans l'usage de notre liberté personnelle, comme une de ses facettes les plus précieuses, en puisant l'énergie nécessaire à ce mouvement intérieur dans les sources de l'Espérance ?

La confiance, un vrai défi pour notre avenir commun

A la fois symptôme des difficultés engendrées par une société en manque de repères, la confiance constitue un véritable levier pour les dépasser. A condition que l'on tienne compte de l'interaction de tous les acteurs, tous responsables de la confiance que le vivre ensemble suscite et entretient ou, au contraire, affaiblit ou détruit.

La confiance est fondamentalement l'affaire de tous : il peut y avoir un élan collectif pour construire plus de confiance entre nous, nos organisations, nos associations, nos communautés humaines, économiques, sociales, politiques ... pour redonner sens et espérance à notre vie en commun.

Seule la pratique assidue d'une confiance "maitrisée" est de nature à établir l'épanouissement collectif : une société où l'on a confiance est une société où chacun peut saisir sa chance, où les défis collectifs peuvent être relevés, où l'avenir est une espérance. Il est urgent de comprendre que c'est nécessaire et de croire que c'est possible.

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