L’entrepreneur, un animal qui s’ignore

 |   |  642  mots
(Crédits : DR)
L'entrepreneur est-il un animal ? Un animal est-il un entrepreneur ? A ces deux interrogations, Acteurs de l’économie-La Tribune en a fait le thème de son supplément Entreprendre, disponible pendant le Salon des entrepreneurs de Lyon (13 et 14 juin) et le 27 juin en kiosques. L’occasion pour Xavier Kergall, fondateur du salon et directeur général du pôle services des entreprises pour Les Echos, de montrer dans une tribune toutes les facettes et caractéristiques animalières de l’entrepreneur.

L'entrepreneur n'a jamais été et ne sera jamais un clone. Fort heureusement ! Il se lance pour différentes raisons, animé par des motivations et des envies variées. Mais certains traits de personnalité le caractérisent. Qu'il soit au stade de la réflexion, du lancement de son projet ou du développement de son entreprise, il adopte des comportements et des réflexes proches de ceux des... animaux (non-humains).

À l'image de ses comparses à quatre pattes, notamment les félins, il est intuitif. Il sent les choses, flaire l'air ambiant et se jette dans le combat avec détermination, conviction et audace. Cette aptitude est essentielle pour réussir et se démarquer dans la jungle des affaires.

De nombreux entrepreneurs, notamment dans le secteur de l'innovation et des high-tech, carburent ainsi à l'instinct. Sans preuve réelle de leur marché, sans données sectorielles tangibles, ils prennent le risque de se lancer, faisant confiance à leurs pulsions premières. Les entrepreneurs sont aussi courageux et pugnaces. Combien de fois se sont-ils entendus dire : "Cela ne marchera jamais."

Et pourtant, tels le lynx ou l'aigle, de solitaires chasseurs, souvent donnés perdants, il faut y croire, peaufiner sa stratégie d'approche, en se donnant les moyens de réussir. Une étude de marché bien ficelée, un business plan solide, des financements adaptés permettent d'avoir une vision d'ensemble de son projet.

Chef de meute

Et de frapper juste au moment de l'attaque. Un entrepreneur doit aussi savoir s'entourer, motiver ses équipes et s'assurer de leur soutien. Chef de meute, comme le loup, il doit guider ses troupes, mobiliser les forces en présence et faire en sorte que chacun trouve sa place dans le clan. Cette cohésion est également largement répandue chez les dauphins qui chassent en rangs serrés, convaincus que l'union fait la force.

Côté organisation et structuration, le créateur est un castor sans cesse à l'œuvre. Exceptionnel architecte, il bâtit son barrage minutieusement et astucieusement. Un projet de création se construit lui aussi par étapes, avec un plan d'action précis et détaillé. À la clé : des fondations solides qui permettent de résister aux aléas et de mieux surmonter les tempêtes.

La rapidité est une autre qualité essentielle à tout projet entrepreneurial. Une fois l'idée trouvée, il faut aller vite, capter les clients, se démarquer de la concurrence. Tel un guépard, il faut foncer, prendre de la vitesse, tout en préparant le coup d'après. L'anticipation est une arme redoutable pour avoir une vision long terme et se projeter dans l'avenir. Comme l'écureuil qui cache sa nourriture en prévision des longs mois d'hiver, l'entrepreneur fait des réserves, il calcule, évalue, mobilise les ressources et les talents. Cette capacité à planifier et à prévoir est une vraie force.

Caméléon

Adaptable, ouvert au changement, souple, l'entrepreneur est capable de se remettre en question. Un projet de création est rarement tout tracé : il faut parfois changer de cap, retravailler l'idée de départ, l'ajuster, la faire évoluer et accepter la transformation. Le créateur le sait, il n'hésite pas à faire pivoter son business : il devient alors caméléon, prêt à modifier son état d'origine pour atteindre de nouveaux objectifs.

Tour à tour lynx, aigle, loup, dauphin, castor, écureuil, caméléon... l'entrepreneur surveille, guette, calcule, chasse, fédère, attaque, anticipe, s'adapte. Rapide, précis, stratège, tenace et déterminé, il est tout simplement un animal qui... s'ignore. Et à ce titre, il ne peut renier l'héritage entrepreneurial qu'il a reçu de ses ancêtres à poils ou à plumes.

Retrouvez la tribune de Xavier Kergall dans le supplément Entreprendre, spécial animal. Disponible sur le Salon des entrepreneurs de Lyon (13 et 14 juin), et en kiosques avec le numéro 141, le 27 juin :

Supplément Entreprendre

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :