Morale et politique à l'ère du "président-philosophe" Macron

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'Economie)
Alors que des contraintes particulières s'imposent à ceux qui ont choisi de symboliser le pouvoir pour le compte de la collectivité, celui-ci doit nécessairement l'emporter sur des satisfactions personnelles, directes ou indirectes, rappelle l'ancien magistrat Eric de Montgolfier. Cette volonté de probité et d'intérêt général semblait notamment être portée par le candidat Emmanuel Macron. Pourtant, des stratagèmes, plus équivoques, prétendent encore échapper à la censure publique.

"La vertu qui fait du tapage, ce n'est déjà plus de la vertu". La maxime s'étalait dans nos assiettes, nous rappelant, jour après jour, combien il importe, non de proclamer que l'on est vertueux, mais de le démontrer. Autre temps, autres mœurs... Désormais le vacarme suffit à la vertu et nombreux sont ceux qui, y incitant les autres, se dispensent de la pratiquer. Les dernières élections ont mis ces comportements en exergue et quelques uns se sont trouvé marris d'avoir appelé nos concitoyens à l'effort, voire au sacrifice, en omettant de s'y soumettre. Sur ce point les électeurs, dont les politiciens aiment à interpréter les choix, avaient clairement fait entendre le leur, vouant aux gémonies le  népotisme et ses prébendes.

Dans l'euphorie qui baigne les lendemains d'élection, l'opprobre avait même atteint quelques uns de ceux qui naguère avaient négligé la morale au profit de leurs intérêts. Certes, le couperet s'était montré distrait, si bien que l'on pouvait s'interroger sur ce qui avait prévalu, de la morale ou d'une stratégie politicienne. Il arrive que les grands principes servent à de petites combinaisons... L'espérance cependant s'était ancrée dans la Nation et, les scories du passé balayées dans la fièvre électorale, elle pouvait légitimement croire que le présent serait épargné par de mauvaises mœurs. Las; encore aurait-il fallu que la nature de l'Homme ait changé...

Préserver la puissance publique

Sans doute les comportements les plus scandaleux étaient-ils désormais réduits par la menace de la réprobation, pour peu qu'ils soient connus de l'Opinion. Mais d'autres stratagèmes, plus équivoques, prétendent encore échapper à la censure publique. Ainsi le droit enfin reconnu aux femmes de s'assumer dans une vie professionnelle qui ne soit pas accessoire semble permettre d'y parvenir : qui se risquerait à contester à une épouse le droit à l'épanouissement sous prétexte que sa réussite pourrait devoir beaucoup à la notoriété ou au pouvoir de son conjoint ?

Mais la femme de César ne doit pas être soupçonnée, serait-ce de devoir sa réussite à l'influence de celui dont elle partage la vie. Cet impératif obéit moins à la morale qu'à la nécessité de préserver la puissance publique contre des apparences qui pourraient lui nuire; elle ne saurait être légitime quand celui qui l'incarne n'en serait pas digne. Une exigence fondamentale dans une démocratie...

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