La zone d’activités économiques, un modèle à bout de souffle ?

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(Crédits : DR)
Autrefois prisées, les zones d'activités économiques sont désormais en contradiction avec les objectifs que se fixent tant les collectivités locales que les entreprises. Dès lors, vers quel modèle s'orienter ? Réponse de Patricia Lejoux, chargée de recherche au Laboratoire Aménagement Economie Transports (CNRS-Université de Lyon).

Les zones d'activités économiques ont été conçues comme des espaces spécialement aménagés et équipés pour accueillir les entreprises au sein des territoires urbains. Elles ont connu un essor important à partir des années soixante sous la forme de zones artisanales ou industrielles. Elles se sont ensuite diversifiées avec l'apparition des zones commerciales, des parcs technologiques, des plates-formes logistiques et récemment des éco-parcs.

Des zones enclavées

Pendant toutes ces années, les principes d'aménagement de ces zones sont restés sensiblement les mêmes : une localisation en périphérie permettant une disponibilité importante de foncier à des prix attractifs ; une accessibilité essentiellement routière ; une séparation des fonctions (habitat, travail, circulation) qui a fait de ces zones de véritables enclaves économiques.

Aujourd'hui ces principes d'aménagement entrent en contradiction avec les objectifs des collectivités locales qui visent à réduire la consommation d'espace et la dépendance à la mobilité routière. Mais aussi - et c'est peut-être nouveau - avec les intérêts des entreprises.

Celles-ci ont pris conscience des contraintes qui pèsent désormais sur la mobilité : contraintes environnementales liées aux impacts négatifs des transports sur l'environnement, contraintes économiques et sociales liées aux incertitudes sur le coût du transport à moyen et long terme. La localisation en zones d'activités économiques apparaît ainsi, pour certaines entreprises, problématique.

D'une part, ces localisations qui privilégient une accessibilité essentiellement routière posent problème dans un contexte où les entreprises doivent donner des gages en matière de respect de l'environnement à travers, par exemple, l'établissement de bilans carbones. D'autre part, les salariés faiblement qualifiés ont du mal à faire face au coût des déplacements domicile-travail en voiture, entraînant des problèmes de recrutement et de turn-over pour les entreprises.

C'est pour ces raisons que certaines entreprises tendent désormais à éviter de se localiser dans les zones d'activités économiques les plus éloignées des noyaux urbains, même si le prix du foncier y est plus attractif.

Quelles perspectives ?

Comment faire évoluer le modèle de la zone d'activités économiques ? Des pistes de réflexion peuvent être esquissées : inscrire la zone d'activités économiques dans un véritable projet de territoire, penser son articulation au tissu urbain existant, densifier les constructions, diversifier les modes de transport.

Mais la première chose à faire consiste peut-être à réunir l'ensemble des acteurs intervenant dans les domaines du développement économique, de l'aménagement de l'espace et des transports afin de développer une vision partagée des zones d'activités économiques. Car l'enjeu est important : il s'agit du maintien de l'activité économique, notamment industrielle, dans les territoires périphériques des grandes métropoles.

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