La Suisse, un paradis éducatif

 |   |  619  mots
Jean-François Fiorina.
Jean-François Fiorina. (Crédits : DR)
Jean-François Fiorina, directeur adjoint de Grenoble école de management et directeur de l’ESC Grenoble, résume en cinq points les atouts du système éducatif suisse. Parmi eux, sélectivité, autonomie, diversité et complémentarité. Et il s'interroge : serait-ce "un modèle à reprendre pour la France ?".

Sur les radars des classements internationaux, clignotent régulièrement les « pépites » de la Confédération helvétique : IMD, Université de Saint-Gaal, Écoles Polytechniques fédérales de Lausanne et de Zürich, École hôtelière de Lausanne, Institut des Hautes Études internationales de Genève... La liste est longue. Elle révèle l'excellence de ces établissements et leur très grande diversité sans compter les collèges et lycées où se forme la progéniture de la Nomenklatura internationale.

Une offre complémentaire

Comment peut-on expliquer le succès de ce « petit » pays dont la structure tant politique (cantonale) que linguistique (quatre langues officielles) ne constitue pas, a priori, un atout ? Cinq ingrédients composent la recette du succès suisse. Premièrement, elle bénéficie d'une offre de formation cohérente, segmentée et complémentaire.

Lire aussi : Enseignement supérieur: l'eldorado suisse

L'enseignement supérieur suisse se répartit en quatre pôles : les universités et EPF (Établissements Polytechniques Fédéraux), les Hautes Études spécialisées (HES), les Écoles supérieures et les autres écoles pédagogiques. Chaque école, dans cet environnement, se positionne clairement sur un segment pour remplir sa mission. L'offre est ainsi complémentaire en ciblant des publics particuliers. En matière de recherche, il y a aussi une segmentation. Les universités se concentrent sur la recherche fondamentale tandis que les HES traitent de la recherche appliquée et de son développement économique.

Deuxièmement, elle connaît peu de bacheliers et d'écoles professionnelles reconnues. Cet élitisme a pour conséquence d'éviter l'engorgement de l'enseignement supérieur. Il explique son libre accès et la quasi-gratuité de la scolarité, le supérieur étant considéré par les Suisses comme un investissement d'avenir. Parallèlement, la qualité des écoles professionnelles attire les jeunes dans les HES qui servent un tissu économique de PME très dynamique offrant de nombreux emplois et de réelles perspectives d'évolution. Au final, le système permet à chacun de trouver la formation qui lui convient, courte ou longue, universitaire ou professionnelle.

Une image haut de gamme

Troisièmement, la Suisse possède des établissements autonomes et concurrents. L'autonomie laissée aux acteurs de l'enseignement supérieur permet une réelle agilité. Les établissements affirment et défendent ainsi leur positionnement dans un environnement très compétitif. Ces paramètres concourent à un positionnement haut de gamme que reflète une réflexion stratégique permanente. Sur l'école du futur et les Mooc, par exemple, l'EPFL dispose d'une expertise de pointe.

Lire aussi : Université et entreprise, le maillon stratégique

Quatrièmement, elle bénéficie de l'importance du secteur privé dans son système éducatif. L'analyse des chiffres montre que les pouvoirs publics et les entreprises privées se répartissent l'effort d'investissement dans la formation. Si les dépenses de formation en pourcentage du PIB sont plutôt faibles dans le classement de l'OCDE (5,6 % en 2013, 20e rang sur 25), le montant  des dépenses de formation par étudiant/élève s'élève à 14 922 dollars US, plaçant la Suisse en 2e position après les États-Unis. Le secteur privé fait clairement la différence en finançant le modèle.

Enfin, la Suisse bénéficie d'un positionnement idéal avec une image haut de gamme du pays en matière bancaire, financière et diplomatique. Les infrastructures (dont deux aéroports internationaux), les services, la stabilité politique et la qualité de vie, participent également au développement de cet écosystème éducatif.

Pour résumer, que du bon sens : sélectivité, autonomie, diversité et complémentarité. Un modèle à reprendre pour la France ? 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :