La Région soumise aux défis environnementaux

Par Eric Féraille  |   |  628  mots
(Crédits : DR)
Suite à l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence de la région Auvergne Rhône-Alpes lundi 4 janvier, Acteurs de l'économie-La Tribune a demandé à cinq acteurs économiques quelles sont leurs attentes du nouvel exécutif. Éric Féraille, président de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), est plein d'espoir, puisque des signaux "forts" ont été envoyés, en particulier avec une 3e vice-présidence dédiée à l'environnement. Vigilant, il espère néanmoins que la sensibilisation à l'environnement restera une des priorités de la collectivité.

Après la victoire de la liste conduite par Laurent Wauquiez, le nouvel exécutif régional nous a été dévoilé. J'y vois des signes forts pour la Frapna que je préside, avec notamment une troisième vice-présidence dédiée à l'environnement, l'énergie et au développement durable, une seconde vice-présidence dédiée à l'aménagement du territoire, mais aussi une vice-présidence à la vie associative.

La nouvelle région doit relever des défis environnementaux majeurs, comme la raréfaction des ressources naturelles, l'extinction massive des espèces et l'urgence climatique. Pour y faire face, elle dispose, dans ce domaine de l'environnement et du développement durable, d'alliés dans le monde associatif, pour peu qu'elle s'inscrive dans la continuité des politiques précédemment menées, à droite comme à gauche.

Espoirs et choix cruciaux

Concrètement, la première menace pour l'environnement et le climat est l'urbanisation galopante. Nous portons beaucoup d'espoir sur la nouvelle compétence d'organisation de l'aménagement du territoire confiée par la loi NOTRe (SRADET, Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité du territoire), tout en attirant l'attention sur la nécessité d'y intégrer pleinement les documents de planification concernant l'énergie (SRCAE, Schéma régional climat-air-énergie) et la « trame verte et bleue » (SRCE, Schéma régional de cohérence écologique) issus des lois Grenelle.

Il y aura aussi des choix cruciaux à faire en matière d'infrastructures de transport. En effet, A45 et Lyon-Turin ne sont pas les meilleurs supports du développement durable et de la lutte contre le changement climatique !

J'ai bon espoir aussi puisque, désormais, la pression sociale est là, appelant à une gestion fine de nos richesses naturelles et renouvelables. Le conseil régional est un levier majeur pour que notre territoire gagne en indépendance et en efficacité énergétique et lutte contre le changement climatique. Il est aussi compétent sur la reconquête de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes. Il faudra savoir faire preuve de discernement et d'imagination.

Prendre garde

Concrètement, nous attendons que les porteurs de projets énergétiques éolien, hydroélectrique, de chaufferie à bois, de méthanisation... prennent garde à ce que les modèles économiques intègrent la séquence « éviter-réduire-compenser » en matière d'impacts sur l'environnement. Il s'agit de ne pas détruire les écosystèmes que l'on est censé préserver ! Les solutions existent et doivent être généralisées :

  • L'exploitation forestière peut évoluer pour limiter le déstockage du carbone des sols et améliorer son bilan carbone.
  • L'exploitation agricole peut évoluer pour limiter sa consommation d'eau, reconstruire les trames agro-écologiques (haies, mares...), développer l'agro-foresterie afin de réduire l'usage des pesticides, favoriser le stockage du carbone dans les sols et cesser leur érosion.

Rester une priorité

Enfin, j'espère que la sensibilisation à l'environnement restera une des priorités de la Région. C'est un des piliers de l'éducation civique qui permet de construire une société respectueuse de ce qui l'entoure et économe de ses ressources naturelles. Elle prépare les esprits aux mutations en cours.

Bien gérer les ressources, enrichir la biodiversité et limiter le changement climatique et ses effets en réorientant les politiques publiques n'est pas source de contrainte mais, au contraire, de bienfait.

Qui ne souhaite pas pour lui-même et pour ses enfants respirer un air pur, boire une eau non polluée, se nourrir d'aliments sains et savoureux, se baigner dans une rivière limpide, se ressourcer au sein d'une nature éclatante de beauté et bruissante de vie, cela vaut bien quelques petits efforts dans un monde devenant de plus en plus gris et virtuel.