Des villes du futur grandes et propres, c'est réalisable

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(Crédits : DR)
Parlons des solutions existantes plutôt que des problèmes. Il y a aujourd'hui déjà assez de technologies propres pour augmenter l'efficience énergétique au point de diviser par deux les émissions de CO2. Nous devons demander à nos dirigeants un cadre légal qui impose de remplacer les vieux procédés polluants par les nouvelles technologies propres. Par Bertrand Piccard, initiateur, président et pilote de Solar Impulse.

Il suffit de visiter les mégalopoles chinoises ou des autres pays émergents, où des milliers d'immeubles de 50 étages sont en pleine construction, pour comprendre que la décroissance est impossible. Rien ne pourra arrêter l'expansion des cités tentaculaires dans les pays émergents, même la conscience que l'humanité se met elle-même en péril. Il y a là-bas un danger beaucoup plus immédiat, celui des troubles sociaux, si le développement économique n'est pas assez rapide pour sortir la population de la pauvreté.

Économiser 80 % d'énergie

Mais en les visitant, j'ai aussi constaté que tous ces gratte-ciels pourraient être construits avec des matériaux isolants et des circuits électriques intelligents, avec des systèmes d'éclairage, de chauffage et d'air conditionné efficients, qui leur permettraient d'économiser 80 % de leur consommation d'énergie et de produire le reste avec des sources renouvelables. Et tout cela de façon parfaitement rentable financièrement, avec la création de millions d'emplois à la clé. C'est pour cela que le discours écologique devrait changer. On ne motivera jamais personne à limiter son développement avec les menaces catastrophistes démontrant que les changements climatiques représentent un énorme problème qu'il faut résoudre à coup de milliards pour éviter une fonte des pôles dans 50 ans.

Parlons des bénéfices plutôt que des dépenses

Parlons des solutions existantes plutôt que des problèmes. Il y a aujourd'hui déjà assez de technologies propres pour augmenter l'efficience énergétique au point de diviser par deux les émissions de CO2 et l'utilisation de ressources naturelles. Ce que nous devons demander à nos dirigeants, c'est un cadre légal qui oblige à remplacer les vieux procédés polluants par les nouvelles technologies propres. Parlons des bénéfices engendrés par ces technologies propres et les économies d'énergie, plutôt que des dépenses nécessaires pour protéger l'environnement. Ce sont des investisseurs en quête de rentabilité qu'il faut intéresser, pas des donateurs résignés.

Montrons que les avantages d'une transition énergétique propre toucheront déjà la génération actuelle, pas seulement les générations futures, et que les bénéficiaires seront autant les consommateurs que les industriels et les politiciens qui l'auront promue. Les villes du futur seront grandes, parce rien ne pourra entraver leur expansion, mais elles pourraient être propres, si nous comprenons assez vite que l'efficience énergétique représente un nouveau marché mondial, une nouvelle révolution industrielle.

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