Entreprendre, entre audace et courage

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(Crédits : DR)
Par Pascal Gustin, Président d'Algoé

Les économistes sont unanimes : le dynamisme en matière de création d'entreprises est un enjeu majeur pour les pays et les territoires. Son impact sur le développement des richesses et de l'emploi et son effet de levier en termes d'innovation sont autant de facteurs positifs qui participent à leur compétitivité. En période de vaches maigres, toutes les politiques publiques économiques s'efforcent donc (avec plus ou moins de bonheur) de promouvoir un environnement et des écosystèmes favorables à la création d'entreprise. Le profil des entrepreneurs est d'ailleurs bien connu et analysé : deux fois plus d'hommes que de femmes, pour une moyenne d'âge se situant entre 36 et 39 ans au moment de la création.

Des facteurs de succès identifiés

La formation et l'expérience sont des facteurs de succès identifiés et incontestables en matière de création ou de reprise d'activité, même s'ils impliquent des échecs antérieurs. Il est intéressant de voir que, sur ce dernier point, les pays latins ont une perception plus négative de l'échec que le monde anglo-saxon, où elles constituent souvent un atout, cet échec étant socialement d'autant plus mal ressenti que l'entrepreneur est âgé. Il y a là un vrai paradoxe, car les études montrent que l'âge est un facteur de pérennité en cas de création. La perception du risque est beaucoup plus vive et plus réaliste, et les enjeux personnels (en particulier financiers) sont en général beaucoup plus forts.

Un acte complexe et risqué

Parmi les freins les plus importants à la création d'entreprise (au-delà des dimensions financières), la peur de l'échec et du ridicule retiennent nombre de graines d'entrepreneurs, notamment les plus âgés : entreprendre est toujours difficile, complexe et risqué, et ce particulièrement en période de crise économique. Le faire en milieu de carrière est un acte audacieux qui met en danger son auteur. Il se distingue en cela du courage, qui est une réponse à une situation non provoquée.
Notre société doit reconnaître et admirer cette population d'entrepreneurs audacieux qui, au plus fort de leur expérience et de leur maturité professionnelle s'investissent dans un nouveau projet, en toute connaissance des risques. Leurs réussites, mais aussi leurs échecs, sont sources de vitalité et d'exemplarité pour nous tous.

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