L'orthographe devient incontournable dans les études d'ingénieurs

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(Crédits : DR)
Par Pascal Hostachy Co-fondateur de Woonoz et Responsable du Projet Voltaire

Nous n'avons jamais autant écrit ! Alors que notre niveau de français baisse, la maîtrise de l'orthographe est devenue un atout précieux pour les jeunes diplômés, car les entreprises et les recruteurs lui accordent un intérêt croissant. Les établissements d'enseignement supérieur l'ont bien compris : de la même façon qu'ils exigent de leurs étudiants un bon niveau d'anglais, ils réintroduisent des évaluations de français pour garantir le niveau des futurs diplômés. Les élèves ingénieurs ne font pas exception.

80 % des recruteurs sont sensibles à l'orthographe

Plus de 80 % des recruteurs sont sensibles à l'orthographe des candidats. Pourtant, le niveau des Français va décroissant : nous avons perdu 6 points en 5 ans* ! Les étudiants en écoles d'ingénieurs ne font pas exception. Or ces jeunes diplômés qui arrivent sur le marché, représentants d'une certaine élite, portent aussi l'image de leur école dans les entreprises.

Les écoles d'ingénieurs commencent à prendre ce problème à bras-le-corps. Pendant de nombreuses années, elles ont fait de l'orthographe un non-sujet, considérant que les employeurs n'attendaient de leurs étudiants qu'une expertise technique. Mais force est de constater que cela n'est plus le cas : les entreprises vendent du service et la qualité de service associée. L'expansion des outils numériques a généré une forte croissance de la communication par écrit à tous les niveaux, sans le filtre de l'assistante d'antan : tout le monde communique avec tout le monde. La qualité de l'expression orale et écrite est donc désormais un facteur clé de succès des ingénieurs, mais aussi un moyen de tirer vers le haut la réputation de leur entreprise et de leur école.

Des conséquences désastreuses

En effet, si certaines fautes sont tolérables — qui n'a jamais oublié une lettre en écrivant trop rapidement un message électronique ? Une accumulation de fautes d'accord ou de grammaire peut avoir des conséquences désastreuses. Écrire correctement à son interlocuteur (son responsable, son collègue, son client, son fournisseur, etc.), c'est faire preuve de respect envers lui. C'est aussi transmettre un signe de sérieux et d'engagement. Inversement, envoyer sans scrupule des messages truffés de fautes suscite chez le destinataire une série d'interrogations : quel intérêt me porte l'expéditeur ? A-t-il des compétences limitées ? Est-il consciencieux dans son travail ?

Immanquablement, une telle conduite a des répercussions sur les relations de travail et le développement de l'activité. D'où l'intérêt croissant porté par les entreprises et les recruteurs à la maîtrise de la langue française.

L'expertise technique ne suffit plus

Si le test du TOEIC® a été rendu obligatoire pour garantir la maîtrise de l'anglais par les étudiants, c'est bien la preuve que l'expertise technique ne suffit plus à légitimer les ingénieurs. Mais comment pourrait-on exiger que les étudiants aient un bon niveau d'anglais sans se préoccuper de leur niveau de français, alors même que les entreprises en expriment le besoin ? Ce serait une aberration ! Les écoles d'ingénieurs ont pris conscience du problème et reconnaissent la valeur de l'orthographe, convaincues qu'une bonne maîtrise du français est un gage de sérieux. Ce point de vue est d'ailleurs largement partagé par l'enseignement supérieur.

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Commentaires
a écrit le 20/10/2015 à 22:56 :
Il faut aussi arrêter de demander l'impossible aux élèves et aux professeurs des écoles. On voudrait faire apprendre aux élèves une langue étrangère dès le CP alors qu'ils commencent juste à maîtriser le français et que ce sont des heures en moins pour le français justement ! On confond apprentissage précoce des langues et bilinguisme à la maison.Or, les conditions d'apprentissage ne seront jamais les mêmes et dans le cas des langues à l'école, on n'a pas encore bien calculé le rapport temps investi/ résultats. Il serait sûrement assez décevant...
Quant aux professeurs des écoles français, pourquoi se décarcasseraient -ils alors qu'ils n'ont pratiquement plus de formation continue depuis des années etqu'ils sont parmi les plus mal payés de l'OCDE....
a écrit le 20/10/2015 à 16:54 :
N'importe quel traitement de texte corrige les fautes d'orthographe lexicale : il suffit donc de bien réviser son orthographe grammaticale, gouvernée par la logique, et quand-même plus facile que la physique quantique...
Il n'y a donc pas d'excuses. Mal orthographier, c'est effectivement envoyer un double signe négatif : pas de logique et de concentration, et pas de respect pour le correspondant.
Réponse de le 20/10/2015 à 17:21 :
"Les fautes d'orthographe lexicaleS" serait un point positif... Le sujet, ce sont les fautes il me semble.... Mais nul n'est parfait. Même pas le correcteur automatique.
Réponse de le 20/10/2015 à 20:00 :
C'est l'orthographe qui est "lexicale" et pas les fautes.
a écrit le 20/10/2015 à 13:54 :
D'autant plus qu'il existe des logiciels (je ne cite pas de noms pour ne pas faire de pub) pour corriger l'ortographe et dans une certaine mesure la grammaire. L'initiative prise est de bon augure, mais le problème est politique. C'est Jospin qui a déclaré le bac pour tous et c'est Hollande qui persiste en voulant quasiment tout le monde à l'université. Résultat: les jeunes sont bardés de diplômes qui ne valent rien :-) On peut s'attendre à ce que Belkacem continue de privilégier sa communauté, mais pas un retournement spectaculaire de l'enseignement utile et efficace !!!

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