Schengen : ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué !

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(Crédits : Parlement Européen)
Face à la crise migratoire que connait l'Europe aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous permettre de jouer avec les mots, il faut être rigoureux et précis afin de ne pas provoquer d'inutiles tensions et de faire le jeu des populistes. Ceux qui interprètent les décisions de l'Allemagne, de la République tchèque, de la Slovaquie et de l'Autriche comme la mort de Schengen ont tout faux. Par Françoise Grossetête, première Vice-Présidente du Groupe PPE au Parlement Européen.

Le gouvernement allemand lui-même a du clarifier sa décision de lundi matin, expliquant que l'Allemagne ne suspendait pas l'application de Schengen, comme cela avait d'abord été mal compris et faussement relayé par les médias, mais ne faisait que rétablir temporairement les contrôles à ses frontières, pour mieux organiser l'afflux des réfugiés.

Le code Schengen prévoit en effet déjà dans ses dispositions la possibilité pour les États membres de rétablir provisoirement des contrôles aux frontières, jusqu'à 6 mois, en cas de menace grave pour l'ordre public et la sécurité intérieure. Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs lui-même œuvré lors de son mandat pour que cette possibilité soit étendue à 24 mois maximum, dans des cas de circonstances exceptionnelles.

Loin d'une suspension de Schengen

Ce qui se passe aujourd'hui, loin d'être une suspension du système Schengen, n'en est donc que la juste et bonne application ! Ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué...

L'espace Schengen est loin d'être mort. La situation actuelle démontre que nous disposons déjà dans notre arsenal d'un certain nombre de mesures adaptées. Il est cependant évident que des actions concrètes doivent être lancées au plus vite. La création de centres d'accueil dits "hotspots" en Grèce, Italie et Hongrie et l'établissement d'une liste commune de pays dits "sûrs" permettant d'avoir une plus grande efficacité dans la mise en œuvre des retours constituent des solutions sérieusement étudiées par l'Union européenne.

Une renationalisation des frontières intérieures serait une grave erreur

Pour créer une politique d'immigration unifiée, il est urgent de renforcer la supervision commune des frontières extérieures, grâce à l'agence Frontex dont il faut renforcer les moyens. Mais face aux pressions migratoires, le contrôle de nos frontières, même amélioré, ne suffira pas. L'Europe doit également poursuivre ses efforts de sécurisation des populations locales dans les pays déstabilisés et soutenir toute tentative de démocratisation et de développement afin d'éviter un flux migratoire trop important que notre continent ne peut supporter. C'est d'ailleurs le principal objectif du sommet de la Valette qui réunira les dirigeants des pays africains les 11 et 12 novembre sur le thème de la migration.

Une renationalisation de la gestion des frontières intérieures serait une grave erreur car elle ne ferait que déplacer le problème et remettrait en cause le principe de libre circulation, socle de notre Union commune.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2015 à 21:36 :
D'accord mais il faut revoir le fonctionnement de fond en comble car on ne peut pas continuer à considérer la zone Schengen comme un territoire unique sans politique unique! Si il faut " suspendre" Schengen pendant un ou deux mois le temps de régler le problème mais suspendre et ne reine faire, ça non. Nous découvrons jour après jour que le mille feuille européen est de plus en plus indigeste! Les états de l'EU qui veulent avancer vers l'Union politique doivent le faire et les autres doivent sortir de Schengen, Suisse, Norvège et Islande compris. La zone Schengen ne peut pas ou plus comprendre des états étrangers! Nos amis suisses sont sympas tout comme les Norvégiens mais ils ne font pas partie de l'EU donc, oust! On rétablit les frontières et on rend notre EU plus homogène...Entre les USA et le Canada, les frontières sont fermées, pourquoi en serait -il autrement entre l'EU et la Suisse etc...N

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