35 heures : un archaïsme à combattre

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(Crédits : DR)
La réduction du temps de travail (RTT), politique mise en place par Martine Aubry dans sa version officielle sous le gouvernement de Lionel Jospin, visait à réduire la durée hebdomadaire de travail avec l'idée que cette loi pourrait améliorer la situation sur le front de l'emploi. 15 ans après le débat reste toujours ouvert et toujours aussi confus

L'idée de départ des 35 heures consistait à partager le travail et, de cette manière, à lutter contre le chômage, alors même, faut-il le préciser, que le partage des postes de travail n'existe pas en soi et encore moins dans l'industrie des services structurellement composée de fonctions.

Aujourd'hui, le débat sur les 35 heures rebondit encore en France et reste toujours aussi confus. Pourtant, il est clair que nous travaillons moins que nos homologues d'Europe de l'Ouest. Nos salariés plein temps, qui sont l'ossature de l'entreprise, travaillent en moyenne 200 heures de moins par an. De plus, nous partons plus tôt en retraite et notre taux d'emploi est beaucoup plus faible. Notre potentiel de croissance est donc largement minimisé.

Compétitivité dégradée

Les 35 heures, en alourdissant notre coût du travail de l'ordre de 10 %, ont dégradé notre compétitivité par rapport à nos principaux concurrents européens et sont responsables de notre chômage massif. En effet, pour recruter, une entreprise a besoin de remplir son carnet de commandes et doit donc trouver des clients qui lui achètent de bons produits à des prix compétitifs. Si vous alourdissez votre coût du travail, vous renchérissez le prix de vos produits et perdez vos clients. En conséquence, vous réduisez votre carnet de commandes.

Vous allez bientôt devoir licencier et la spirale infernale est enclenchée !
De plus, flexibilité des horaires, allègement de charges et modération salariale n'ont pas suffi à freiner la hausse rapide des coûts unitaires de production française tandis que, dans le même temps, en Allemagne, Gerhard Schröder restaurait la compétitivité allemande. C'est la raison pour laquelle cette augmentation du coût du travail, conséquence directe des 35 heures, est en grande partie responsable du décrochage de la France vis-à-vis de l'Allemagne, le coût horaire de main-d'œuvre s'étant accru d'environ 30 % en France entre 2000 et 2008, contre 15 % en Allemagne.

Une vision archaïque de l'économie « fordiste »

Lorsque l'Allemagne engageait des efforts de modération salariale, le gouvernement Raffarin ajustait le smic horaire décidé par les lois Aubry, afin de maintenir la rémunération des salariés au smic désormais aux 35 heures. L'harmonisation des différents minima sociaux engendrés par la seconde loi Aubry votée en 2000 aboutissait ainsi à une augmentation du smic horaire de 31 % entre 1998 et 2005. Les 35 heures représentent une vision archaïque de l'économie « fordiste » de l'emploi : mono-tâche, répétitive, totalement déconnectées de l'économie de la connaissance.

Cela n'a plus aucun sens aujourd'hui dans les économies développées, où les usines traditionnelles ont disparu, où les robots remplacent peu à peu les derniers ouvriers. Les 35 heures sont en complet décalage avec la tertiarisation de notre économie, et plus encore à l'ère de « l'iconomie », où l'industrie et les services se fondent dans l'industrie-servicielle et les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatiques et sciences).

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Commentaires
a écrit le 21/02/2015 à 19:27 :
Je suis entièrement d’accord avec ce constat et analyse. Par contre ce qui est encore était pire que les 35 heures, c’est la retraite à 60 ans du 01 Avril 1983 sous Mitterrand.
Depuis nous perdons la valeur économique et financière de 300 Mds par année. 5 années de travail en moins, salaires, charges, impôts, etc… retraites payées en plus (et non cotisées) et pouvoir d'achat en moins.
Pour que les comptes soient en équilibre, il faudrait 11.500 travaillés de plus par salariés sur la durée de vie.
L’augmentation de la durée n’a presque jamais été prise en compte. 22 années de plus depuis la guerre et 7h1/2 de plus chaque jour.
La dernière augmentation Fillon en 2010 pour 2 ans de plus échelonnée sur 8 ans (puis 7) = 2017. Pendant ce temps l’augmentation de la durée de vie aura augmenté de 2ans plus. C'est-à-dire qu’en 2017, on se retrouvera avec le même problème financier qu’en 2010.
Il faut faire un rattrapage de suite, puis établir la durée d’activité proportionnelle à la durée de vie des retraités. Et bien sûr passer à 40 heures de suite
Seule solution pérenne.
www.livres-daniel-moinier.com
a écrit le 20/02/2015 à 10:56 :
Très bonne conclusion les robots remplacent les humains et le travail est une denrée rare à partager ...eventuellement .
Aujourd'hui si chaque travailleur en France prenait une année hors travail pour se former-ou toute autre activité sociale non rémunératrice -tous les 10 ans il n'y aurait pas de chômage..
a écrit le 19/02/2015 à 20:55 :
compétitivité dégradée alors que nous sommes plus productifs au boulot, les français ne font pas que du présenteisme et en plus dépassent les 35h jusqu'au burrn out. Pas mal de nos entreprises serairnt plus compétitives si elles se souciaient VRAIMENT du client, ou amélioraient leur management mais c'est plus facile de dauber sur les 35 heures.....
a écrit le 19/02/2015 à 18:33 :
Vous développez votre théorie à partir de chiffres faux, c'est assez malhonnête de votre part. La productivité française est de meilleure qualité que celle des autres pays européens, les 35 heures sont dans les faites très peu appliquées beaucoup d'entreprises emploient leurs salariés sur des 37 ou 39 heures. Le débat sur les 35 heures est confus dites vous? Et vous ne faites que le rendre encore plus confus en faisant de ce sujet d'arrière garde un objet de fixation et de rigidité qui empêcherait la croissance. Vous devez pourtant savoir que l'emploi est directement lié aux carnets de commande et à aucun autre référents quel qu'il soit (réduction des charges etc...). De plus il n'y a pas de travail pour tout le monde donc laisser croire que si ceux qui ont un emploi travaillent plus ils créeront d'autres emplois en cascade pour leurs voisins ou leurs enfants est une absurdité, je dirai même une dangereuse propagande. Pour que les carnets de commandes soient pleins il faut que les produits soient de bonne qualité, (formation professionnelle et respect des salariés sont deux critères qui ont du sens pour produire de manière constante des produits de qualité, il faut aussi des gens pour les acheter au bon prix (consommation), donc il faut des gens qui travaillent et qui sont payés correctement etc... Revenir sur ce vieux débat du temps de travail est la meilleure solution pour que rien ne change et surtout pas la loi sur les 35 h! D'ailleurs les heures supplémentaires défiscalisées du gouvernement précédent et scandaleusement et sournoisement supprimées par le gouvernement actuel (mesure qui a du être la première pierre de l'édifice de sa perte de crédibilité car rétroactive et donc injuste et malhonnête) n'ont crée aucune dynamique de croissance ni de création d'emploi. On peut revenir au travail des enfants et aux 60 heures par semaines, et ensuite?

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