Pessimistes, bougez-vous ou taisez-vous !

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(Crédits : DR)
Les Français sont champions du monde du pessimiste. Je leur reconnais le droit de râler, mais je leur reproche d'oublier leur « devoir de faire ». Si on n'est pas content, on s'emploie à changer les choses, sinon on se tait. Où est passée notre volonté en France ? En quoi croyons-nous ?

Je suis sûre que vous en connaissez comme moi : des amis qui râlent... Vous savez, ceux qui ronchonnent tout le temps, qui ne sont jamais contents et déprimeraient un régiment de détenus fraichement libérés. Il paraît qu'ils sont une spécificité française. Ils râlent sur leur patron, leur conjoint, ils dézinguent les politiques et toutes les bonnes volontés par un pessimisme permanent. Moi je les appelle les « grognards » et j'évite de les fréquenter. Certes, je leur reconnais le droit de râler, mais je leur reproche d'oublier leur « devoir de faire ». Si on n'est pas content, on s'emploie à changer les choses, sinon on se tait. C'est logique, non ?

Et nous en quoi croyons-nous ?

« Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté », disait Alain. N'êtes-vous pas fascinés par la volonté des pays asiatiques ? Moi si. Leur foi dans l'avenir se nourrit d'un optimisme débordant. Leur croyance que rien ne peut leur résister est une prophétie auto-réalisatrice. Et nous en quoi croyons-nous ? Où est passée notre volonté en France ? Après quoi courrons-nous ? Le bonheur semble nous filer entre les doigts malgré nos formidables atouts : 5ème pays le plus riche du monde, un fort potentiel d'innovation, un modèle social protecteur, une terre d'art de vivre, ...

Le Danemark est le pays qui arrive systématiquement en tête des classements internationaux du bonheur (la France est classée ... 25ème): or les Danois sont endettés, payent 60% d'impôts (record mondial), connaissent des hivers longs et froids, ... et sont heureux ! Comment font-ils ? Ils sont 80 % à avoir confiance en leur entourage et dans les institutions. Les Danois sont riches de confiance, quand les français se méfient de tout et de tous, en premier lieu des politiques et des patrons.

Quelle richesse ?

Alors, le bonheur est-il dans la richesse ? Quelle richesse ? Le PIB, notre indicateur fétiche, agrège basiquement et sans distinction les chiffres de ventes de voiture de luxe et les accidents avec ces mêmes voitures : les accidents, ça fait marcher le business, les garagistes, les assureurs, .... Quid de la confiance, de l'optimisme, de la justice sociale, de l'égalité des chances, de la liberté de s'épanouir. Tout ce qui fonde, sans aucun doute, notre bonheur individuel et collectif ? Quand allons-nous cesser de nous leurrer en pensant que l'accumulation financière nous rend heureux ? N'est-ce pas cela qui nous rend profondément pessimistes ?

Pourtant, des amis qui se bougent, qui créent, qui entreprennent, qui s'investissent j'en connais, beaucoup ! Quel mérite ils ont d'agir dans ce climat de sinistrose ambiant !
Un modèle est à réinventer, et quelques idées me viennent à l'esprit.

Un modèle est à réinventer

Cessons de « binariser » la vie politique. Prenons de la hauteur : aucun parti n'a le monopole des bonnes idées. Il y a des « gens bien » partout, de tous bords (plus rarement aux extrèmes), chacun faisant de son mieux pour sortir notre pays de la crise. Coopérons et avançons tous intelligemment dans le même sens. Cela arrive, dans certaines villes, ... Je rêve d'une gouvernance de coalition, comme dans la série danoise « Borgen » (encore le Danemark !). Je me définis comme « radicalement modérée » et appelle de mes vœux une 6ème république qui promeuve ce nouveau mouvement !

Soyons modernes ! Lutter contre les inégalités, dans notre monde qui en produit de plus en plus, quelle idée révolutionnaire et quelle modernité ! Sur une planète où, en 2014, 85 personnes ont entre les mains une richesse égale à celle des 3,5 milliards les plus pauvres, comment accepter une telle situation sans se sentir malheureux ?
Dans un monde où la majorité de la population mondiale, les femmes, sont discriminées, comment être heureux ? Permettons aux femmes d'apporter leur richesse, non uniquement monétaire, à l'économie : un supplément d'âme (dame !), un souffle de solidarité.

Saluons « ceux qui font »

Entreprenons ! Enseignons la création d'entreprise dès l'école. Réjouissons-nous de la réussite de nos entrepreneurs, et de la réussite tout court d'ailleurs. Exit envie et jalousie, saluons « ceux qui font » !

Relevons-nous les manches, soyons audacieux et courageux, faisons preuve de BSP (Bon Sens Paysan) en cultivant la simplicité et la coopération. Chacun, à son petit niveau, comme dans la fable du Colibri, peut faire sa part ... avec bonheur ! Cultivons notre bonheur personnel : il est contagieux ! Comme l'exprime si bien Jacques Salomé que je cite quand je célèbre des mariages, en tant qu'adjointe à la Mairie : « Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre. ».

Offrons notre bonheur aux autres, donnons, donnons, la vie se chargera de nous le rendre. Voilà une pensée optimiste !

*Claire Saddy est présidente de l'incubateur au féminin Rhône-Alpes Pionnières.

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Commentaires
a écrit le 05/02/2015 à 10:15 :
Bonjour baboul55
j'essaie d'accompagner les entrepreneurs, comme vous, qui se sentent parfois un peu seuls et devant certaines montagnes, en ont ras le bol !
si ça vous intéresse faites moi signe !
a écrit le 04/02/2015 à 17:33 :
Bravo !
a écrit le 03/02/2015 à 15:21 :
Je trouve amusant que madame Saddy qui dirige un incubateur subventionné par de nombreux organismes, notamment le Grand Lyon, vienne nous expliquer qu'il faut se bouger ou se taire ... Je suis patron en France depuis plus de 15ans, sans aides, sans subventions, sans "crédits machin-chose" et je pense que tous ceux comme moi qui se donnent du mal tous les jours dans l'économie réelle et non assistée, en ont un peu assez de ces étoiles filantes qui viennent nous distribuer une dose de méthode Coué alors qu'eux-même sont souvent bien incapables de faire ce que font, chaque jour, des milliers d'entrepreneurs en France.
Réponse de le 03/02/2015 à 21:09 :
Je précise que je suis gérante d'EURL et que je gagne ma vie, à mon compte, dans l'économie réelle et non assistée depuis 7 ans. Je préside l'incubateur à titre bénévole.
Je suis entrepreneur comme vous.
Réponse de le 11/02/2015 à 17:32 :
Felicitations pour cette création d'entreprise.

Combien d'emplois avez-vous créés ?
a écrit le 03/02/2015 à 14:09 :
Bien vu, marre des pisse-vinaigre, qu'ils se barrent ,s'ils ne sont pas bien.... Ils ne seront pas mieux ailleurs, c'est dans leur tête....
a écrit le 03/02/2015 à 10:34 :
Ça fait du bien à lire mais comment faire son "devoir de faire" dans un pays où tout est régenté par le politique et le social.

On élit des personnes, et implicitement on leur transfert notre pouvoir de faire, on attend d'eux qu'ils fassent ce pour quoi on les a élu.
Donc, ils sont élus, ils pondent des lois, des normes, des règlements,
Et quand quelque chose ne nous convient pas, et qu'on essaye de faire par nous même, nous sommes confrontés à ces lois, ces normes, ces règlements, et c'est dur, et on râle.
Et on ne fait plus rien d'autre.

Quant au coté social, dit comme ça, ça donne envie, d'être ensemble, de partager les difficultés, et les réussites aussi. Mais ne voyez vous pas toutes les complications que cela implique?

Je cotise ça, j'ai droit à ça, et si j'ai pas reçu ce que j'ai droit, je râle!!
Supprimons une bonne partie des cotisations sociales. recevons notre salaire super brut, et payons de nous-même les différentes cotisations.
Ayons, comme pour les assurances auto, l'obligation de cotiser, mais le choix dans l'organisme.
Là, nous serons en mesures de voir réellement ce qui sort de notre poche, en quoi c'est utile. là, nous aurons un moyen d'agir, en fonction des actions de ces organismes.

Là, nous serons libres d'arbitrer, et d'agir, tout en continuant à être solidaires les uns des autres mais avec beaucoup moins de laxisme que l'état qui gère pour nous.
a écrit le 03/02/2015 à 8:56 :
C'est plein de sens ! Merci de partager cet élan, qui est d'autant plus audible qu'il vient de quelqu'un qui crée (son entreprise), qui donne (son temps) et qui donne aux autres la possibilité de créer (incubateur). Bravo
a écrit le 03/02/2015 à 7:48 :
C'est qui Claire Saddy ? De quoi elle se mêle ?
Réponse de le 03/02/2015 à 9:56 :
on est tellement bien dans notre pessimisme.
Réponse de le 03/02/2015 à 11:04 :
Rubrique opinion : Vous avez le droit de ne pas partager son point de vue mais alors exprimez le votre plutot que de vous contenter de cracher votre aigreur .
Réponse de le 08/02/2015 à 12:43 :
commentaire inutile Michel
a écrit le 02/02/2015 à 20:25 :
j'aime mon job et je vais pas en changer, mais sinon je penserai a du conseil aux entreprises car cartaines ont tellement oublié les besoins du client qu'elle pleurent le manque de ventes mais ...ne s'adaptent pas à l'évolution des besoins et désirs de la clientèle !
Dommage

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