Le beau ne suffit pas ! On oublie la valeur ajoutée du design

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(Crédits : Sonia Barcet)
Lorsque l'on pense design et transports, immédiatement viennent les images charismatiques des lignes de tramway récemment inaugurées en France. Ou comment renvoyer une image - attractive - de beauté et de modernité d'une ville à travers la réalisation d'un bel équipement de transports publics.

Viennent également en tête des images de prospective sur nos déplacements de demain, dont la Biennale internationale design Saint-Étienne montre à chaque édition les solutions proposées par des industriels ou des designers. Depuis peu, Google nous projette aussi dans la voiture de demain avec le pilotage automatique qui devrait améliorer notre expérience de la voiture. Au passage, s'installer au volant d'une voiture sans la conduire ressemble étrangement à l'expérience du transport collectif, la capacité de reprendre le contrôle en plus.

Mais le beau ne suffit pas. Penser les déplacements dans la ville de demain, c'est agir essentiellement autour du design de services. La réalité du déplacement quotidien ne permet pas encore de vivre une bonne expérience de mobilité. Le déplacement domicile/travail, qui s'allonge d'année en année, est souvent multimodal et impacte plus fortement nos vies quotidiennes.

Observer les usages et les pratiques

En dehors de réalisations esthétiques, les designers sont peu sollicités sur leur valeur ajoutée : comment créer une autre expérience du déplacement ? Comment penser autrement les solutions ? Le problème doit être formulé différemment. Au fond, les solutions ne sont pas nécessairement dans un existant augmenté. Il s'agit moins d'agrandir les routes déferlantes vers la ville ou de rallonger les lignes de transports urbains que de penser les conditions de la relocalisation des familles en centre-ville, de déployer des services de déplacements mutualisés entre particuliers, de permettre aux « pendulaires »de travailler à proximité de leur domicile une ou deux journées par semaine ou encore de proposer, grâce au big data, des interfaces de services conçues avec et pour les utilisateurs.

Dans un monde plus complexe et où les citoyens souhaitent contribuer à construire les solutions, il est urgent d'observer les usages et les pratiques des individus, de les associer dans la conception, de créer des équipes pluridisciplinaires, d'expérimenter sur notre territoire des solutions de la mobilité de demain et ainsi nourrir les acteurs industriels du secteur au service de leur compétitivité à l'international.

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