Entreprises : le règne des gazelles

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(Crédits : DR)
Ouvrons collectivement les yeux : le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui est résolument global, transversal, interconnecté, ouvert, transparent, rapide, fluide. Les petits individus microscopiques aux quatre coins du globe n'ont jamais eu autant de pouvoirs dans leurs mains. Dans ce monde mouvant, mutant, tourbillonnant, où les rapports de force tendent à s'équilibrer différemment au détriment des corps intermédiaires, les entreprises doivent se réinventer.

Fini le temps béni où les gros mangeaient les petits, où l'on pouvait se reposer sur des avantages compétitifs permanents, où l'on bâtissait des empires pérennes, où l'on pouvait encore faire des erreurs magistrales in fine absorbées sans trop de remous par la grosse structure. Fini les mammouths, place aux gazelles, au règne de l'agilité, du rebond, de la résilience, de l'innovation.

Une armée de startups

En témoigne cette armée de startups talentueuses qui poussent comme des champignons à la surface du globe et notamment en France, sujet de fierté nationale incontestable dont on parle trop peu, préférant se cogner collectivement la tête contre les murs, en gémissant sur notre sort.

La nécessaire agilité imposée par notre époque entre bien souvent en collision avec les fondations et modes de fonctionnement des grandes entreprises actuelles, bâties dans d'autres temps sur d'autres postulats. À ceux qui voudraient les laisser tomber à plus ou moins long terme - et ils sont nombreux, les adeptes de la sélection naturelle ! - nous répondons par la négative, car au-delà des milliards d'emplois en jeu il y a un trésor caché bien au fond de ces grosses boîtes, un trésor inestimable, une arme de mutation massive : la jeunesse.

À nouvelles entreprises, nouveau paradigme

Nous avons été biberonnés à l'idée probablement très juste encore que l'ancienneté faisait la compétence, que l'expérience fondait la légitimité, qu'aux seniors nous devions respect et dévouement. Ce qui a changé : le monde, dont nous sommes les premiers produits, les émanations directes ; ce monde ouvert, global et rapide avec lequel nous avons toujours grandi, sans jamais rien connaître d'autre. On parle un peu des millennials, génération du millénaire, on parle beaucoup - et très mal - de la génération Y, réduite à une série de qualificatifs plus sots que grenus ; on oublie souvent de dire que nous sommes la première génération mondiale, et la première génération issue de la mondialisation.

Où que l'on soit né et quelle que soit « l'origine sociale », les ordinateurs ont été depuis notre enfance des fenêtres sur le monde, dans toute sa complexité. Notre culture est mondiale, notre consommation est mondiale, notre terrain de jeu est mondial, notre vie ne sera qu'une série de bonds et rebonds car rien ne sera plus jamais acquis, pour jamais. La précarité est intégrée, elle n'est pas subie, c'est un état de fait. D'ailleurs il faudrait inventer un mot, pas un gros mot, juste un nouveau mot.

Des mutants déjà là

La bonne nouvelle ? Cette génération de transition, ces mutants sont déjà dans vos entreprises, tout en bas... Penchez-vous, vous les voyez ? Ils portent en germe et de manière inconsciente une nouvelle façon de concevoir la société et les sociétés. Avant de passer sous les fourches caudines du formatage et du clonage en bonne et due forme, ils sont porteurs de révolution en termes de refonte des modèles managériaux, des modèles organisationnels, des modèles de leadership, des modèles stratégiques.
Ces purs produits d'un monde agile sont des agents dormants de transformation, des
mercenaires, au repos, de la mutation. Encore faut-il les activer, avant qu'ils ne s'oublient, ou ne s'en aillent...

Êtes-vous prêts à changer de paradigme, à apprendre de plus jeune que vous, à laisser ce potentiel réformateur nécessaire et indispensable s'exprimer, à capitaliser sur ce trésor en jachère, à accepter que le monde change, qu'il a déjà changé, qu'il changera encore, qu'il ne sera plus jamais pareil, que vous changerez avec et votre entreprise, aussi. Avec nous.

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Commentaires
a écrit le 16/10/2014 à 9:54 :
Merci Emmanuelle pour votre regard tout à la fois tonique et optimiste sur notre monde économique.
Vous avez amplement raison de tourner résoluement le regard vers les jeunes (hommes ET femmes !), leur fraicheur certes, mais surtout leur capacité à sortir du cadre pour inventer les solutions de demain ! Ne les laissons surtout pas nous copier et s'enfouir dans le silence de bon ton qui prive d'enthousiasme notre société française !

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