Mikael Lemarchand (Eurostar) : "Le tourisme d'affaires au départ de Lyon va devenir l'une des priorités"

 |   |  1914  mots
(Crédits : Daniel Lewis)
Dans une Europe encore sous le choc du Brexit, l'Eurostar (1) est le symbole historique du lien unissant l'Europe continentale et le Royaume-Uni. En l'espace de 21 ans, la compagnie ferroviaire transmanche est devenue une institution empruntée annuellement par dix millions de voyageurs. La sortie du Royaume-Uni de l'UE, aura-t-elle des conséquences pour l'entreprise ? Mikael Lemarchand reste prudent. Le directeur des stations Eurostar (13 au total) préfère évoquer l'avenir de la compagnie tourné à la fois sur le tourisme d'affaires sur la ligne Lyon-Londres, et sur l'enjeu "fondamental" de la future liaison entre Amsterdam et la capitale anglaise.

Acteurs de l'économie-La Tribune. Jeudi 23 juin, l'Angleterre a vécu une journée historique puisque le référendum pour le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'Union européenne s'est soldé par choix des Britanniques de le refuser. Pour Eurostar, qui relie depuis 21 ans le continent à la Grande-Bretagne, quelles pourront être les conséquences ? Pouvez-vous imaginer une baisse de fréquentation ?

Mikael Lemarchand. Nous sommes fondamentalement européens. Eurostar est né avec l'Europe et nous vivons tous les jours l'Europe. Nos clients le sont aussi, et nous traversons les frontières chaque jour. Les Britanniques ont pris la décision, et le débat politique ne nous appartient pas.

Par ailleurs, l'incertitude est énorme et il est trop tôt pour que nous puissions présager de quelconques conséquences sur notre activité. Notre mission est de continuer à être le lien essentiel qu'Eurostar a toujours été entre l'Europe continentale et le Royaume-Uni. Nous opérons donc un service normal.

Le chiffre d'affaires d'Eurostar a connu une baisse sur le premier trimestre 2016 passant de 215 millions de livres (257 millions d'euros) l'an passé à 201 millions (241 millions d'euros). Par ailleurs, le nombre de passagers a diminué sur la même période de 2,3 millions à 2,2 millions cette année. Quelles sont les raisons de cette contraction et comme l'expliquez-vous ?

Nous sommes touchés par le contexte économique global comme les compagnies aériennes qui connaissent une baisse de leur trafic en provenance notamment de pays hors de l'Europe et voient le continent comme une zone « à risque ». Les États-Unis et l'Asie ont donc réduit très nettement leur voyage vers l'Europe. Entrainant des répercussions sur notre activité. Etant plus résilients, nous bénéficions tout de même d'un trafic européen conséquent et 25 % proviennent de l'extérieur. Cependant, il est vrai que nous avons enregistré une légère baisse au premier trimestre conséquences des attentats de Paris et de Bruxelles. Une situation exceptionnelle pour l'entreprise puisqu'elle a toujours connu une forte croissance. C'est la raison pour laquelle, afin d'amortir le choc d'un contexte difficile, nous travaillons depuis des années à rendre attractives nos destinations et lançons de nouveaux services, ou de nouvelles rames régulièrement. Enfin, bien que les premiers mois de l'année furent en deçà des prévisions, nous...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :