Michel (Troisgros) et les garçons, à table !

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
La quatrième génération déjà aux fourneaux - César dans l'établissement, Léo en apprentissage -, l'emménagement dans l'écrin d'Ouches (8 millions d'euros d'investissement) qui approche : la maison roannaise Troisgros traverse une période majeure de son histoire gastronomique et familiale bientôt séculaire. Aux manettes de cet ensemble cumulant 8,5 millions d'euros de chiffre d'affaires et employant 80 salariés, Michel a ensemencé ses principes de management, sa culture entrepreneuriale, et sa créativité dans sa passion, intime, pour l'art contemporain. Laquelle ne fait pas qu'inspirer l'humanité du lieu, « l'âme » du futur établissement, la manière d'impliquer les équipes, ou la singularité de la gestion et des investissements : elle est aux cœur des émotions qu'exhalent le lapin, foie gras et truffe, l'asperge verte à la noix et au safran, le maquereau en gelée d'ananas ou le papillon hors saison. Pour la première fois, Michel Troisgros lève le voile sur cette mystérieuse, secrète et lumineuse imbrication.

Acteurs de l'économie - La Tribune : Traquandi, Viallat, Favier, Poitevin, Tusek, Schutte, Fontana, Rothko... voilà quelques-uns des artistes plasticiens ou peintres que vous chérissez. Votre amour de l'art contemporain se nourrit certes des œuvres mais aussi de la considération, particulière, que vous portez à leurs concepteurs. Votre travail de décortication intellectuelle et émotionnelle de l'œuvre n'est pas dissociable de l'intérêt que vous conférez à l'acte créateur, à la puissance créatrice, aux ressorts intrinsèques du créateur. Cette plongée dans la création des autres permet-elle de lire votre propre cheminement créateur ?

Michel Troisgros. Mon attirance pour l'art contemporain, qui a pour creuset l'acte de création et pour manifestation l'émotion esthétique, a grandi progressivement. Au départ quelques menues acquisitions, puis d'autres de plus en plus significatives - mais toujours raisonnables, non compulsives -, et surtout la rencontre avec les artistes. Des visites dans leurs ateliers aux dialogues sur le processus artistique, j'ai nourri patiemment un enrichissement, une curiosité et surtout un plaisir toujours croissants. Puis, petit à petit et parfois...

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