Luc Blanchet (Botanic) "La France doit remettre du sens au marché du travail"

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(Crédits : Botanic)
L'enseigne de jardinerie Botanic (chiffre d'affaires : 320M€, 2 200 salariés), basée à Archamps (Haute-Savoie) s'apprête à lancer un programme d'investissements de 20 millions d'euros pour engager ses 66 magasins français sur le marché du bien-être. Dans le même temps, Luc Blanchet, président de Botanic depuis 14 ans, souhaite continuer à cultiver sa stratégie managériale atypique, qui passe par le "calme", la responsabilisation et le droit à l'erreur des salariés. Entretien.

Acteurs de l'économie - La Tribune. Pourquoi une jardinerie comme Botanic décide-t-elle de s'intéresser au marché du bien-être?

Luc Blanchet. Nous sommes dans la continuité de ce que nous avons développé ces dernières années, notamment en prenant le virage bio. En 2008, nous avons été la seule enseigne de jardinerie à avoir volontairement retiré les pesticides de nos points de vente. 27 magasins sur 66 comportent un marché alimentaire biologique.

Avec le recul, quel regard portez-vous sur le virage bio de Botanic en 2008?

Miser sur le bio nous a permis d'exister face à la concurrence. Cela correspondait aux besoins de nos clients. Nous le voyons dans nos études. Nous vivons un vrai mouvement de fond sociétal.

Les clients sont prêts à basculer sur un nouveau mode de vie s'ils ont accès à des solutions faciles et pratiques. Nos concurrents doivent désormais s'adapter à la loi qui interdira la vente de pesticides d'ici trois ans.

Comment se concrétisera ce rayon bien-être en magasin?

Nous conservons notre fil vert qu'est la plante. Le végétal est notre métier de base, de la graine à l'assiette. À présent, nous l'orientons vers le marché de la personne, au travers d'un rayon bien-être proposant des produits à base de plantes.

Sur trois sites pilotes (Dijon, Seynod, Saint-Genis-Pouilly), nous testons actuellement l'évolution de notre concept. Cela inclut par exemple une offre en gemmothérapie (médecine par les bourgeons, NDLR) et la présence d'un accuropathe. Nous souhaitons dupliquer ce concept à l'ensemble du parc de points de vente à l'horizon 2018.

Considérez-vous qu'il est risqué d'intégrer un rayon bien-être dans une jardinerie?

Nous considérons ce marché comme une opportunité. Mais dans toute évolution, il y a forcément une part de risque. Ceci dit, si nous arrivions une fois le marché mature, ce serait probablement pire!

Quel est votre objectif chiffré?

Aujourd'hui, nous attendons de cette nouvelle offre une croissance à deux chiffres dans un marché de la jardinerie qui est mature et atone. Ce marché du bien-être se veut un relais de croissance, qui doit nous permettre d'asseoir notre positionnement nature tout en accentuant notre différenciation avec les autres jardineries.

Nous voulons être la jardinerie préférée des Français, une jardinerie source de bien-être. Pour cela, en deux ans, nous investirons 20 millions d'euros pour passer nos...

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Commentaires
a écrit le 11/06/2016 à 10:45 :
remarque il n'est pas logique de proposer un niveau de salaire plus bas que le niveau des indemnités chömage...

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