Retraites complémentaires : comme une ritournelle...

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(Crédits : DR)
Avec une prudence qui confine à la précaution, les partenaires sociaux responsables de la gestion des régimes de retraite complémentaires ARRCO et AGIRC , réinterprètent les recettes censées assurer leur pérennité. Semblants ignorer les risques inhérents d'iniquité, voire de fracture sociale, ils ignorent la nécessaire réforme structurelle et évitent la réflexion sur un étage supplémentaire qui s'impose désormais comme une évidence. Par Eric Gérard, directeur des assurances de personnes, groupe Agrica

Une fois encore, le spectre d'une faillite des régimes de retraite à l'horizon 2018 pour l'AGIRC (cadres) et 2027 pour l'ARRCO (non cadres) est brandi publiquement pour accélérer des négociations dont le résultat devrait présenter un équilibre subtil entre allongement de la durée de carrière, réduction des pensions et hausse des cotisations. Mêmes maux, mêmes remèdes, et même convalescence. Si les réserves de près de 63 milliards d'euros pour l'ARRCO et de 16 milliards d'euros pour l'AGIRC apparaissent fragiles en regard de leurs déficits respectifs de 400 millions d'euros et de 1,2 milliard d'euros au titre de 2013, le chapelet de mesures égrené cette année constitue surtout une réponse à la constante augmentation du chômage et au défaut de croissance, principales causes de la baisse de ressources des deux régimes.

Un panel d'options difficiles à supporter

Absence d'initiatives, report de l'âge de départ à taux plein à 67 ans, gel des pensions servies, écrêtement des allocations entre 62 et 67 ans, réduction de la réversion, hausse des cotisations sans contrepartie de droit sont autant de leviers étudiés à la table des négociations mais dont les effets sociétaux pourraient s'avérer difficiles à supporter. Au-delà d'une nette diminution des ressources des retraités actuels et futurs, ils accentueraient de facto l'écart de traitement entre public et privé, alors même que l'alignement a été initié. La gestion de ces régimes a, depuis 50 ans, démontré autant leur nécessité que leurs limites. Face à celles-ci, on peut s'étonner de l'absence d'initiative visant à instaurer un étage supplémentaire laissée à l'appréciation et aux capacités financières individuelles.

Les épargnants préfèrent compter sur leurs économies

Conscients des enjeux et des risques, nos concitoyens affichent en effet un taux d'épargne de plus de 15 % dont près de 6 % en épargne financière, qui alimentent avec régularité les 1 530 milliards d'euros d'encours d'assurance-vie. Les mécanismes et supports dédiés à l'épargne retraite, éprouvés de longue date et assortis de la sécurité propre à leur objet, restent réservés à une fraction de salariés qui profitent de l'anticipation de leur entreprise.On se prête alors à espérer qu'à l'instar de la complémentaire santé, généralisée par la loi de sécurisation de l'emploi, les partenaires sociaux ouvrent la voie à l'obligation de mise en place d'une retraite supplémentaire au profit de tous les salariés, et ainsi à la modernisation d'un système de pension qui préserve autant les acquis qu'il anticipe les besoins futurs.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2015 à 19:33 :
Veuf depuis le 18 mai 2015, j'ai reçu une lettre au nom de mon épouse et une identique à mon nom; vos services pourtant savaient que mon épouse était décédée. J'ai adressé à vos services tous les documents demandés 4 jours après et trois semaines plus tard ils m'ont été réclamés à nouveau. J'ai téléphoné et l'on m'a répondu que le dossier était complet. Enfin ce jour 15 septembre : L'on me réclame une somme qui m'a été versée par erreur en juin 2015 mais par contre l'on me doit la retraite de reversion qui est beaucoup plus élevée et que j'attends toujours...
Question : Ne trouvez vous pas que cela fait beaucoup d'erreurs pour un seul dossier ?
Réponse de le 20/02/2016 à 15:17 :
+1 ! ... Double Peine ! ... situation régularisée à présent ?!
a écrit le 14/05/2015 à 22:35 :
Pas de salut pour l'espece humaine tant que l'argent sera privé et stockable..
Dans cette situation, nous sommes tous dans une grande partie de monopoly qui va se terminer par la mort de tous, par rarefaction des echanges.. Solution?
Rendre l'argent public et non stockable., Chaque travailleur (du manutentionnaire au president) voit son compte bancaire credité en debut de mois par une seule banque publique etroitement surveillée et tous les comptes sont remis à zéro en fin de mois.;
L'Homme est sur terre pour s'épanouir spirituellement et non pas entasser des tonnes de matiere et de billets de banque afin de mourir nu à leur sommet. Le linceul n'a pas de poche..
Réponse de le 20/02/2016 à 15:15 :
... OUPS ! vous parliez du Revenu Universel ?! certaines Social-Démocraties ont tenté ...
a écrit le 30/04/2015 à 22:49 :
1) Le terme de faillite me semble inadéquat pour un régime par répartition : au pire, quand les réserves seront épuisées, on aura un flux égal entre les cotisations et les retraites ; cela peut conduire à une baisse significative de ces dernières, mais pas à zéro comme pour la faillite d'un système par capitalisation.
2) Les banques et les assurances, toujours à l'affut de profits, veulent faire croire qu'il faut mettre en place une retraite complémentaire par capitalisation. Elles jouent pour cela sur la peur de la "faillite" du régime par répartition (voir ci-dessus). Mais, si l'on fait la somme de ce qu'un salarié va devoir payer avec deux régimes (capitalisation + distribution), où est la preuve que ce sera moins qu'en augmentant les cotisations du régime par distribution ? Pour quel bénéfice supplémentaire ? Avec cette fois un vrai risque de faillite.

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