L'attractivité, un enjeu de taille pour notre pays

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(Crédits : DR)
L'attractivité de la France est un sujet pris très au sérieux par les groupes nationaux ou étrangers ayant investi sur le sol français. En termes de capital, humain ou financier, la flexibilité et la mobilité sont érigées en dogmes. Il est impossible d'imaginer vivre en autarcie.L'enjeu d'attractivité est donc de taille pour nos entreprises et pour la France.

La France a-t-elle perdu son pouvoir de séduction pour attirer les talents de demain ? Notre pays jouit d'une excellente réputation concernant la formation initiale de ses jeunes. Notre investissement est lourd en la matière qu'il s'agisse de contributions publiques, vers nos universités ou nos écoles d'ingénieurs, ou privées, via la taxe d'apprentissage. Et c'est là que se situe le paradoxe !

Conditions d'épanouissement

Longtemps, la France s'est désolée de la faible propension de ses cadres aux carrières internationales. Aujourd'hui, elle s'effraie du nombre de départs dans le cadre d'une première expérience (quasiment 20 % des étudiants). Car ces jeunes actifs reviennent de moins en moins sur le territoire national. Ce n'est pourtant pas le fait des entreprises, qui ont déployé de gros efforts pour attirer les meilleurs cadres, français et étrangers.

La réponse est ailleurs, dans les conditions même de leur épanouissement. Pêle-mêle, citons la défiance des entreprises vis-à-vis de jeunes au vu de leur manque d'expérience, une législation défavorable à la poursuite du développement de l'apprentissage dans le supérieur, la baisse des financements vers le supérieur (réforme des CCI et de l'apprentissage), etc. Le pessimisme ambiant amplifie ce constat au travers d'une idée largement répandue : la France serait sur le déclin. Ainsi, malgré un investissement colossal de notre société, nous devrions accepter de voir partir nos talents et ainsi la promesse d'une économie prospère et compétitive. Ne versons pas dans ce french bashing, que nous nous complaisons parfois (et nos médias) à alimenter.

Réveiller nos atouts

La France dispose de nombreux atouts : formation initiale, infrastructure, pôles de compétitivité, qualité de vie, etc. Notre responsabilité collective est de préserver ou de recréer les conditions pour que ces atouts s'expriment au mieux. S'agissant de nos jeunes diplômés, les modalités de financement des études sont à revoir pour permettre un accès élargi, pas seulement tributaire des revenus des parents. De même, il faut restaurer le financement de nos établissements supérieurs, en revenant à la raison sur l'apprentissage. Nos entreprises ont leur part du chemin à faire, en redonnant une prime au potentiel dans le recrutement.

Y compris dans ces périodes compliquées où la tentation est de se réfugier sur la valeur sûre de l'expérience, créant un fort taux de chômage des jeunes (et pas que des diplômés) et une pénurie de talents inflationniste sur une population préservée de cadres plus expérimentés. S'agissant de nos ingénieurs, la stabilité ou le renforcement des dispositifs d'accompagnement de la recherche, notamment celui, unique, du Crédit Impôt Recherche, sont une condition pour les voir créer de la valeur au sein de nos entreprises. La tâche est lourde, mais on voit fleurir les initiatives positives. Saluons le remarquable évènement, porté par Aude de Thuin, « Osons la France », qui promeut une France visionnaire, optimiste, audacieuse, convaincue de ses atouts. Ils sont réels. Il suffit de les réveiller !

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