2050 : Un chemin entre harmonie et économie ?

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Plus de 200 personnes ont assisté à la seconde édition du Forum Génération 2050 ce 3 décembre à Lyon
Plus de 200 personnes ont assisté à la seconde édition du Forum Génération 2050 ce 3 décembre à Lyon (Crédits : Laurent Cerino/ADE)
La seconde édition du forum Génération 2050, organisée le 3 décembre dernier par La Tribune, s'est penchée sur le futur de notre société pour défricher les grands enjeux économiques et sociaux à venir. Rassemblés pour une table ronde "Visions du futur…", l’environnementaliste Isabelle Delannoy et le prospectiviste Thierry Gaudin ont rappelé l'urgence d'un « changement de paradigme » pour que l'Homme et la nature vivent enfin en harmonie.

On nous promet l'apocalypse ou le progrès éternel, mais qu'en est-il vraiment ? Que peut-on espérer pour 2050 ? Pour l'environnementaliste Isabelle Delannoy et le prospectiviste et président de la fondation 2100 Thierry Gaudin, réunis pour une table ronde « Visions du futur... », ce futur, notamment environnemental, s'écrit aujourd'hui.

"On décide aujourd'hui ce que sera le monde en 2050. Les climatologues sont clairs : si on ne change pas de paradigme mondial d'ici 2020, on aura scellé ce que sera la planète en 2050. Nous avons donc peu de temps pour changer dans l'imaginaire ce qui fait l'économie", alerte Isabelle Delannoy, qui est également co-scénariste du film Home réalisé par Yann Arthus-Bertrand.

Vers une économie "symbiotique" ?

2050

(crédits : Laurent Cerino)

Un constat d'urgence partagé par Thierry Gaudin, pour qui il est temps de "rêver un autre avenir".

"Je crois que le système économique que nous connaissons pousse à des solutions de facilité. Nous n'agissons pas pour la planète. Dans cette nouvelle civilisation, il faut prôner l'harmonie avec la nature".

Une notion d'harmonie entre les humains et les écosystèmes développée par Isabelle Delannoy, théoricienne de l'économie symbiotique.

"La crise écologique dit que l'on s'est trompé sur la place de l'Homme dans l'univers. Le problème n'est pas la croissance mais le contenu de la croissance. L'activité humaine peut être symbiote de la planète terre, la croissance peut provoquer la régénération", affirme-t-elle.

Permaculture, économie circulaire, économie de la fonctionnalité, du partage - pair à pair -, économie sociale et solidaire, monnaies complémentaires... autant de modèles à appliquer pour remplacer l'économie « extractrice » par l'économie symbiotique pour produire sans épuiser les ressources, mais prenant modèle sur l'abeille qui régénère son écosystème grâce à la pollinisation lorsqu'elle « consomme » le nectar des fleurs.

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(crédits : Laurent Cerino)

"L'économie symbiotique doit s'imposer. En produisant, nous devons régénérer des écosystèmes vivants. Mais ce modèle est encore inimaginable dans notre logiciel", déplore Isabelle Delannoy.

Le mythe de l'Homme maîtrisant la nature

Et Thierry Gaudin de prendre l'exemple concret de l'intelligence artificielle, qui pourrait être mise au profit de l'homme plutôt qu'au profit de l'économie.

"Quand vous faites une recherche sur Google, vous améliorez l'algorithme de Google. C'est un concept que l'on peut appliquer aux écosystèmes vivants. L'intelligence artificielle sert à repérer quels sont vos tendances personnelles et à vous envoyer des messages qui correspondent à vos désirs et vos habitudes d'achat. Ces dispositifs peuvent être positifs s'ils ne sont pas inclus dans le système marchand."

Reste que le paradigme actuel, basé sur le mythe de l'Homme maîtrisant la nature, est bien ancré. Notamment chez les décideurs et gouvernants actuels.

"La génération actuellement au pouvoir est née dans les trente glorieuses, elle a été formée dans les années 70 et n'a donc pas saisi l'urgence de la situation actuelle. Le mouvement des gilets jaune, qui montre une déconnexion des politiques par rapport à la réalité de ce que vit la population en est une preuve", avance Isabelle Delannoy.

Génération 2050

(crédits : Laurent Cerino)

Alors, pour pencher du côté du « progrès éternel » et non vers « l'apocalypse », cette dernière appelle à la mobilisation générale.

"Il faut éduquer les jeunes générations, agir sur l'ensemble des décisionnaires et sur le monde académique."

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Commentaires
a écrit le 08/12/2018 à 10:38 :
C'est avec ce genre de discours abscons que le vert du printemps est passé au jaune de l'automne
le francais moyen veut consommer plus et travailler moins et se moque de l'ecologie comme de sa premiere clope.
Réponse de le 08/12/2018 à 12:11 :
L'urgence est de penser un autre avenir, de comprendre ce qui dysfonctionne et la manière dont on pourrait inventer une nouvelle histoire. Le succès des marches pour le climat, les changements de comportements démontrent que la voie est ouverte et que, non, le "français moyen", ne veut pas consommer plus et travailler moins, mais, sans aucun doute, consommer différemment et avoir un travail qui ait plus de sens. Les jeunes générations dites "'millenials" sont extrêmement sensibles au "sens" et au enjeux climatiques. Heureusement !
a écrit le 06/12/2018 à 13:33 :
C'est la société de consommation qui au nom de la marge bénéficiaire de l'actionnaire s'est dirigée vers toujours plus de gaspillage, destruction et pollution, sinon avant l’homme et la nature étaient en harmonie.

Le plastique était une invention formidable, inusable, incassable son potentiel était évident mais les actionnaires milliardaires en ont fait des produits usables et cassables afin de multiplier leurs gains.

ALors que des gens aient plein de pognon, des montagnes d'or même n'est absolument pas un problème mais par contre qu'on leur confie la gestion des citoyens du monde est criminel puisque comme le dit Nietzsche plus on possède et plus on est possédé.

Séparons enfin l'argent du pouvoir politique !

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