"Vivre ensemble" : Comment vivre dans la ville ?

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Le dernier des Cités-Débats Lyon 2014-2020 proposés par Acteurs de l’Economie, portait le 27 juin sur la thématique « vivre ensemble ». Cette question s’avère centrale et essentielle pour la ville future.

Qu'il s'agisse d'habiter, travailler, se déplacer, se cultiver - autant de problématiques explorées au cours des quatre débats précédents pour dessiner le Lyon futur - forcément arrivait cette évidence : il faut tisser des liens, donner envie de partager, favoriser le vivre ensemble. Le cardinal Philippe Barbarin a porté sur cette notion un regard quasi transcendantal : « au delà de la tolérance, de la cohabitation, le déclic pour moi est l'admiration mutuelle.

Voir chez l'autre quelque chose qui nous éclaire, nous émerveille. Cela m'est arrivé avec des Musulmans, des Juifs ». Parmi ces tensions contraires qui déchiquètent le « vivre ensemble », riches ou pauvres, jeunes ou vieux, valides ou handicapés, les conflits identitaires pèsent en effet. A Lyon particulièrement comme l'ont montré les violences qui ont traversé la ville après le match Algérie-Russie, précisément la veille de ce débat.

Se sentir citoyens

« Vivre ensemble est un combat de tous les jours. Nous sommes écartelés entre le désir de l'autre et la tentation du repli, c'est le rôle du politique de faire converger ces tendances », a souligné le président du Grand Lyon Gérard Collomb. A ce titre, le dialogue inter-religieux fonctionne plutôt bien en terre lyonnaise, notamment via l'association « Concorde et Solidarité ». Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, apprécie depuis longtemps cet esprit d'ouverture mais considère qu'il reste encore de l'ouvrage : « beaucoup, relégués à la périphérie, vivent entre eux, se sentent étrangers. On ne leur a pas appris à être citoyens, tel est l'enjeu : qu'ils se sentent citoyens ».

Souhaitant aussi que la communauté des musulmans lyonnais soit mieux connue dans son histoire, sa culture, ses valeurs, «cette reconnaissance manque, notre communauté a besoin de se sentir comprise ».

Une métropolisation bienvenue

La politique du Grand Lyon s'efforce de casser ces shémas urbains discriminants en jouant la carte de la mixité sociale : logements pour classes moyennes à Vaulx en Velin, accession à la propriété à la Duchère, logements sociaux à Confluence... Et selon Gérard Collomb, la métropolisation, en mettant dans le même tuyau les compétences du Grand Lyon et celles du Conseil Général, ne peut que booster le vivre ensemble. Jusque là plutôt freiné, écartelé entre une collectivité locale qui s'empare par exemple des questions de logements, là où l'autre se penche sur les personnes âgées, les handicapés. 

Le goût du dialogue

« Ne parlez pas à la place de l'autre, écoutez le ! », exortait le Cardinal Barbarin. Cette capacité d'écoute, ce goût du dialogue, tous en conviennent, doivent s'enraciner très tôt dans les esprits, l'école est bien au cœur du processus. « L'école est le premier budget de la Ville » précisait au passage Gérard Collomb. Cette question du « vivre ensemble » sera envisagée bientôt de manière passionnante sous les arbres du Parc de la Tête d'Or : Le Grand Lyon organise chaque année une manifestation dont l'intitulé dit toute la générosité et le désir de partage, «Dialogues en Humanité ». L'édition 2014 démarre le 4 juillet.

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Commentaires
a écrit le 03/07/2014 à 9:35 :
D' abord bravo aux Cités -débats qui reflètent bien les préoccupations majeures de la future métropole. Pour la Culture, brouillon peut être mais bouillant à coup sûr et même chaud-bouillant ! C' est la marque d' une culture vivante, jeune et en perpétuelle métamorphose. Que serait une Culture paramétrée, organisée et calculée..effrayant, non ??
Pour l' identité culturelle, je m' étonne que soit faite systématiquement l' impasse sur les Cafés-Théâtres ! Grands oubliés du regard métropolitain, ils pétillent de joie et reflètent depuis toujours l' âme lyonnaise, sans subventions ( ou si peu) ni reconnaissance de la part des institutions en place. On rit beaucoup plus à Lyon que partout ailleurs en France : - nous sommes la patrie de Gerra, Foresti et Alexandre Astier, et ben oui, tout de même - et c' est plus évident partout ailleurs en France que chez nous à Lyon ! Un comble? Un lieu aussi mythique que l' Accessoire ne devrait pas être le boui boui en déshérence qu' il est devenu mais un véritable objet patrimonial, au savoir faire reconnu et transmissible.
Cà mérite réflexion, non ? A suivre !..

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