Retour d'expériences à l'export

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De gauche à droite Jean-Louis Guigou, Dominique Bouvier, Jean-Pierre Vuillerme et Halim Bensaïd. ©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie
De gauche à droite Jean-Louis Guigou, Dominique Bouvier, Jean-Pierre Vuillerme et Halim Bensaïd. ©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie (Crédits : Laurent Cerino)
Mot d'ordre lancé aux dirigeants d'entreprises : exportez ! Deux d'entre eux ont raconté leur chemin international le 27 février, pour la conférence organisée par la Région et Acteurs de l'Economie.

De toute évidence, le désir d'export est patent puisque 809 entreprises ont participé aux 220 manifestations qui ont jalonné cette 6ème édition de la Quinzaine de l'international Rhône-Alpes . « Une vraie réussite collective », selon Jean-Paul Mauduy, président de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie, acteur pilote de cette Quinzaine aux côté de la Région Rhône-Alpes qui accueillait ce débat.

Cap sur les villes dragons

En 1985 Strand Cosmetics Europe, alors façonnier pour produits de maquillage, décroche pour l'Europe une licence japonaise de traitement de surface des pigments. Ce transfert de technologie lui ouvre les voies de l'international car l'entreprise, bien tutorée par un consultant spécialisé, décide dès lors de « draguer » les villes dragons des années 90 : Taipei, Hong-Kong, Djakarta, Singapour… Ce choix l'oblige au passage à bouleverser son offre, «façonnier, nous avons dû devenir aussi concepteur, nous avons recruté des formulateurs pour adapter nos produits aux peaux asiatiques, nous nous sommes ouverts aux cosmétiques soins… », détaille Dominique Bouvier, présidente du Directoire de l'enteprise basée dans le Rhône. Dynamique vertueuse qui lui permet d'exporter aujourd'hui 30% de son activité (CA 2013 : 21 millions d'euros) vers 30 pays. « Ils n'ont pas fait un coup, mais se sont inscrits dans la durée, on construit des partenariats », décode Jean-Louis Guigou, délégué général de l'IPEMED (Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen). Livrant au passage, une des recettes du succès.

Pour Cité Création, entreprise lyonnaise qui depuis 1978 se livre à l'exercice rare de la fresque murale (620 réalisées dans le monde entier) l'export est arrivé en 1992 sous forme d'un concours gagné - contre 80 challengers - à l'occasion des Jeux Olympique de Barcelone : au final sur un immense mur, une fresque en hommage aux Grands Catalans. «Ne pas hésiter à se déplacer, ne pas avoir peur de l'autre… l'export nous a appris l'humilité, en France on se croit souvent les meilleurs. C'est très enrichissant de travailler avec des Allemands, des Israéliens, ils n'ont pas les mêmes logiques ».

Le mur peint, langage universel

Halim Bensaïd, chef de projet de Cité Création, convient néanmoins que le mur peint, langage universel, se comprend sur tous les continents. Ils envoient sur place leurs équipes à Jérusalem, Moscou, Shanghai, Lisbonne, Mexico… - car leur savoir-faire s'avère unique - se sont dotés d'une filiale à Québec avec l'aide d'ERAI (structure dédiée de la Région pour l'international), à Berlin… Petit bémol : « les Français ont une manière de faire de l'international plus diplomatique, qu'économique. Nous avons prospecté le Brésil depuis notre filiale allemande, cela nous a fait gagner deux ans ». Dans la même veine, Jean-Pierre Vuillerme, numéro deux de l'ADIT (Agence pour le Développement de l'Intelligence Technologique) et qui a créé à Bagdad le Centre Français des Affaires  tempête : « il y a en Irak six milliards d'euros de coûts de reconstruction et un boulevard pour les entreprises françaises. Leur absence est incompréhensible. On n'a plus le temps en France de jouer les coquettes. »

 

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