Clara Gaymard  : "Cette épreuve du confinement peut être un "cadeau" "

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LE MONDE D'APRES. Elle "ose" qualifier ainsi son expérience de la réclusion : un cadeau, une "joie", ceux de faire le vide et de cheminer dans un "voyage intérieur" aux confins duquel, riche aussi de sa foi, elle espère être un peu mieux outillée pour accomplir le vœu auquel Gandhi exhortait son auditoire : être soi-même le changement que l'on veut voir dans le monde. A cette quête, Clara Gaymard, co-fondatrice de la société d'investissements Raise et ex-présidente de General Electric Europe, convoque en premier lieu la communauté des entrepreneurs, en particulier leurs trésors et leurs leçons d'"abnégation, de créativité, d'intuition, de courage, de sacrifice, de confiance", décuplés dans l'épreuve qu'ils subissent "eux aussi". Ils sont sa "conviction" que "le meilleur" peut jaillir du tragique. Ils sont aussi sa "croyance" que le monde de l'entreprise, s'il déplace, de la périphérie à l'épicentre de sa stratégie, sa responsabilité sociale, sociétale et environnementale, s'il indexe sa raison d'être à l'"absolue" nécessité de sanctuariser la Terre et de revivifier les liens humains, peut honorer une économie "bienveillante, généreuse, philanthropique", au service du bien commun. L'armée des contestataires, des adversaires, et même des ennemis de cet idéal, chloroformés ou endoctrinés par les propriétés maléfiques du capitalisme financier, reste, pour l'heure, omnipotente. Mais l'état de la planète révélé par la pandémie n'annonce-t-il pas des brèches, au creux desquelles le rêve de Clara Gaymard pourrait sédimenter ?

Nous dialoguons par téléphone. Vous vous "remettez" du coronavirus, contracté lors d'un déplacement en Mauritanie, de mon côté j'en éprouve - s'il en est bien la cause - de désagréables symptômes... Hasard d'une rencontre de "malades" ! Ce moment si particulier de début de confinement, comment l'éprouvez-vous intimement, comment l'interprétez-vous intellectuellement ?

Le moment nous rappelle à une évidence : la vie est tragique. Mais pour n'évoquer que le confinement, j'ose le dire : je le vis d'une façon... joyeuse ! Je le conçois comme un cadeau de la vie, une expérience totalement inédite où le temps de 3 milliards d'humains est figé, le temps social est digital, le temps du travail est bousculé, le temps des sollicitations habituelles aussi nombreuses et parfois si difficiles à départager a disparu. Et de ce temps gelé, comme un explorateur, j'en recherche l'opportunité d'un voyage intérieur singulier, unique.

L'un des premiers trésors est de vivre en se préoccupant des choses ancillaires. D'être dans l'essentiel. Je trouve même que le temps passe incroyablement vite. Chaque soir, je m'interroge : "ai-je utilisé ce temps à bon escient ? Qu'ai-je accompli avec le sentiment de contrainte ou avec plaisir ?" J'ai tant à "faire", et tout d'abord... le vide. Ce précieux vide qui permet de perdre ses repères, qui sont autant de balises que d'enfermements. La rupture du rituel est précieuse, car elle m'invite à regarder loin, nouvellement, sans préjugés, presque comme une étrangère entrant à pas discrets dans un territoire inconnu.

Je sors à peine d'un double confinement, car pour protéger mes proches je n'ai pas quitté mon bureau/chambre, même pour les repas. Bien sûr je vis cette réclusion dans des conditions matérielles très privilégiées, et, notamment, je n'ai pas le souci du lendemain. Mon isolement me place face à cette injustice majeure. Etre confinée et pouvoir contempler ou toucher de la verdure, entendre les voix de mes proches, n'est en rien comparable avec la situation de ceux qui éprouvent cette période dans la solitude, la précarité, l'insalubrité, et parfois une promiscuité dangereuse. Pour autant, nous tous faisons face à une même menace, dont la seule réponse efficace à grande échelle est de se confiner pas seulement pour nous protéger mais pour protéger tout autre - une interdépendance inédite ; cela nous solidarise naturellement, presque malgré nous, et chacun peut profiter de ce "moment" pour penser, réfléchir, simultanément à soi et aux autres.

Ces autres portent le visage connu des gens qu'on aime, mais aussi celui, indiscernable, des précieux et courageux anonymes que convoque une telle lutte face à un ennemi invisible...

Absolument. Et je veux insister sur une constatation essentielle. Nous avons connu d'autres crises, les plus anciens d'entre nous ont vécu les grands conflits, notamment la Seconde Guerre mondiale. A chaque fois, ces crises opposaient des camps, et leur résolution appartenaient aux décideurs, le "peuple" en subissant les conséquences. Pour la première fois dans l'histoire récente de notre humanité, la réponse vient des "cols bleus", de ceux qu'on dénomme "les compétences invisibles". Celles dont on ne découvre l'importance vitale que lorsqu'elles sont absentes ou manquantes. Certes, les outils numériques sont majeurs dans cette période, mais manger à sa faim, disposer d'eau et de chauffage, de rues propres et de devoirs pour les enfants - sans compter l'évidence des professionnels de santé -, nous le devons à tous ces métiers souvent mal rémunérés, insuffisamment considérés, et qui aujourd'hui apportent la réponse à notre survie. Les gens ne s'y trompent pas, en applaudissant tous les soirs à 20 heures, en multipliant les initiatives et les dons pour les soignants, les agriculteurs, les enseignants, etc...

Après la crise sanitaire viendra le temps économique. Et ce sera à nous de nous souvenir de ces héros. Notre responsabilité d'entrepreneur est immense pour demain.

Vous êtes une femme de foi (catholique). "Penser, réfléchir simultanément à soi et aux autres" relève presque d'une parabole biblique : une évocation de la communion, s'il est admis que ces expériences de conscientisation individuelle ont pour dessein "aussi" de sédimenter, ramifier, coaliser, (ré)unir...

Cette joie que j'exprime en préambule n'est pas le bonheur. Elle n'a d'ailleurs, dans sa nature même, rien de commun avec les circonstances de l'existence. Elle est une invitation. Oui, elle invite à cette confiance absolue que la vie avec un grand V nous invite en permanence à la découverte du Soi et du Nous. Parfois avec une brutalité et une apparente absurdité que nous ne comprenons pas. Mais quelle autre finalité dans nos vies que de rechercher en permanence notre humanité, "notre amour qui manque à tout amour" comme l'exprime le poète Christian Bobin. Ce voyage intérieur n'éloigne pas des autres, au contraire il nous amène, en acceptant nos parts d'ombre, à rejoindre l'indulgence, l'écoute et la compréhension de l'autre. "Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde", nous dit Gandhi. C'est notre première responsabilité. Les gens vont sortir profondément transformés de cette épreuve, en bien et en mal. J'espère que les premiers seront nettement plus nombreux, et que leur premier geste sera de tendre la main aux seconds. A découvrir chaque jour la profusion d'initiatives et d'actes de solidarité, certains infimes mais tout aussi précieux, cela réchauffe le coeur. Comme si l'égoïsme assez naturel quand tout va bien s'effaçait pour privilégier le vivre ensemble. Restons optimistes.

" A chaque fois, les crises opposent des camps, et leur résolution appartient aux décideurs, le "peuple" en subissant les conséquences. Pour la première fois dans l'histoire récente de notre humanité, la réponse vient des "cols bleus", de ceux qu'on dénomme 'les compétences invisibles'"

Comment cette foi nourrit-elle votre itinéraire dans ce voyage intérieur, comment est-elle questionnée, même bousculée, dans ce corridor qui en modifie radicalement les conditions habituelles d'expression ? La foi est transcendance, cette expérience vous révèle peut-être à l'expérience, passionnante chez les agnostiques, de l'immanence...

A la notion de foi et de croyance, je préfère parler d'une rencontre, celle d'Amour. Appelez le Dieu, Jésus, Yahvé, Allah ou le Vivant, cela n'a pas vraiment d'importance pourvu que ce soit une rencontre avec une Personne, une incarnation de l'Amour avec un A majuscule. Une rencontre jamais achevée, toujours renouvelée, cette rencontre dont le désir fait de nous des êtres d'espérance. Je suis un être fini qui porte en moi ce désir d'infini. C'est une quête, un désir, une faim, une soif qui nous guide au plus profond de ce que nous sommes et nous permet de nous réparer, de rencontrer les autres, non pas seulement dans leur personnalité apparente, mais dans leur essence, leur humanité qui rejoint la nôtre. Le confinement nous offre l'opportunité de nous asseoir, et de laisser enfin la Vie décider pour nous. Cela n'enlève pas la peur, la souffrance, le mal-être parfois. Mais cela nous permet de nous départir du jugement, du préjugé, des automatismes, et de comprendre que nous ne sommes pas ce que nous faisons, ni ce que nous représentons, ni même ce que nous donnons. Tout cela, ce ne sont que les fruits de notre source intérieure, qui est à la fois ce qui nous nourrit et nous permet de donner du fruit, et en même temps ne comble jamais le manque.

Le 8 février à Bordeaux, lors de l'événement La Tribune "Une époque formidable", nous échangions sur les vertiges et les vertus de la finance : Peut-elle sauver ce qu'elle a détruit ? était le thème de notre entretien public. A l'aune du chaos économique et financier planétaire et des dégâts peut-être civilisationnels qui s'annoncent, quelles inquiétudes ou quels effrois particuliers votre expérience de l'Etat (cour des comptes, cabinets ministériels, présidente de l'Agence française pour les investissements internationaux jusqu'en 2006), de l'industrie mondiale (présidente Europe de General Electric, GE, jusqu'en 2016), et de la finance (co-présidente avec Gonzague de Blignières de la société d'investissements Raise) vous inspire-t-elle ?

De ces trois "familles" de responsabilités que j'ai exercées, aucune ne me permet, à ce jour, de répondre, ni de commenter l'imprévisible. Chacun essaie avec honnêteté de jouer son rôle et de faire du mieux possible. Depuis que Gonzague de Blignières et moi avons créé Raise, notre vie d'entrepreneurs et notre proximité avec le monde des entrepreneurs apportent des éclairages. Leur capacité d'abnégation, leur pugnacité, leur créativité, leur générosité, toutes ces qualités sont décuplées en ce moment de crise inédite. Ils incarnent l'effort, le sacrifice, le courage mais aussi la confiance dans la capacité de l'homme à trouver des solutions. Et surtout, de protéger ses équipes et de leur déclarer : "on avance coûte que coûte, même dans le plus opaque des brouillards. On attend l'éclaircie, mais pour l'heure nous sommes ensemble".

Nombre de startup sans moyens financiers ont offert gratuitement leur savoir-faire, leur technologie, leur solution à ceux qui sont au front pour sauver la population. Elles ignorent si demain elles vont survivre, mais aujourd'hui elles partagent ce qu'elles possèdent. C'est cela la magie des entrepreneurs. Une forme de confiance dans l'avenir. On ne sait ce qu'il sera, mais il sera toujours temps de s'adapter et de réagir. Aujourd'hui est aujourd'hui, et on avance unis.

"L'entrepreneur ressent que d'un bloc de pierres informe il est possible de sculpter l'incroyable, l'inespéré, et cela à partir, en, premier lieu, de son intuition."

Des propriétés qui ont valeur sinon de leçon, au moins de repères pour traverser ce moment, plus encore pour préparer chacun de ceux, cruciaux, qui lui succéderont. Une allégorie vous est chère, pour illustrer le substrat singulier commun à la plupart des entrepreneurs : le cheminement créatif des peintres paysagistes chinois...

La tendance des artistes occidentaux est de contempler le motif, de l'observer, le disséquer, le ressentir émotionnellement et enfin de l'interpréter. Les peintres chinois "entrent" dans le paysage, ils marchent, déambulent, cherchent dans le paysage, ils le visitent, et ensuite seulement ils peignent ce qu'ils ont expérimenté. Et le trait est toujours dans le sens de la vie. Pour peindre un arbre, ils déplacent le pinceau du bas vers le haut, des racines vers le tronc puis vers les branches puis vers les bourgeons puis vers le ciel. Un entrepreneur emprunte un parcours similaire. Il a pris le temps de visiter son projet, de l'habiter totalement puis d'"y" progresser. Et il a le souci, méthodique, de ne "penser" les branches (c'est-à-dire les opportunités, internes et externes, de développement de son entreprise) qu'après avoir solidement ancré les racines. Pour employer une autre image, il ressent, il sait que d'un bloc de pierres informe il est possible de sculpter l'incroyable, l'inespéré, et cela à partir, en, premier lieu, de son intuition. Comme il est, par essence, entrepreneur "aussi" de sa propre vie, il est dans la quête incessante de résoudre, de relancer, de réorienter, de créer, de trouver. Trouver des solutions de repli et de rebond, de riposte et d'épanouissement. Ces entrepreneurs forment ma conviction que de ce moment à bien des égards tragiques, le meilleur peut surgir. D'ailleurs, ce qu'ils montrent d'inventivité, de réactivité et de détermination dans la tempête n'en est-il pas l'illustration ?

S'il vous est impossible d'écrire l'histoire qui va advenir, vous êtes libre en revanche de composer la partition de vos rêves...

L'alternative à laquelle l'humanité est exposée est limpide. Soit elle repart de plus belle dans sa frénésie de conquête, de hâte, d'accumulation, de consommation, elle "accepte" d'être exposée à des coups de semonce de plus en plus fréquents et violents, jusqu'à celui qui mettra fin à son irresponsabilité. Soit elle admet qu'il faut reconsidérer en profondeur l'organisation du monde et celle de ce que nous sommes. 2019 a été une rupture dans la prise de conscience générale et collective d'agir pour notre survie sur notre belle terre. Greta Thunberg en est une forme d'incarnation. 2020 n'est plus celle de la compréhension mais de l'action. Alain Souchon nous le chante si joliment : "Aïe, on nous faire croire que le bonheur c'est d'avoir de l'avoir plein nos armoires, dérisions de nous, dérisoires"... Je ne suis dupe de rien. Déjà, en 2008, nous espérions que les règles du monde changent et il n'en a rien été. Toutefois, rien ne nous empêche d'agir pour que monde ne reprenne pas sa folie consumériste et narcissique.

Remise en question de la mondialisation, des organisations démocratiques et des gouvernances - internationale, européenne et domestiques -, remise en question des modes de consommation et même d'existence, et donc remise en question du support de ces cibles : le capitalisme et le libéralisme tels qu'ils régissent l'économie de marché planétaire. Capitalisme, libéralisme, et donc finance. Que faut-il dénoncer et réviser du fonctionnement de ce trépieds hégémonique et en partie prédateur ?

Les formulations dotées du suffixe "isme" me semblent toujours suspectes d'idéologies déconnectées du réel. L'économie de marché, c'est ainsi que s'exercent les échanges. Mais elle ne suffit pas pour faire une communauté de vie. Elle doit rester à sa place. Les Etats, la gouvernance internationale, les ONG, les citoyens, chacun doit jouer son rôle. Le monde n'est pas scindé entre les coupables et les victimes. Nous sommes tous partie prenante. Comme dans un village, la place du marché est un lieu d'échange, mais dans ce village se trouvent aussi la mairie, l'école, des fermes, des entreprises, des espaces de rencontre, une nature, des maisons, des habitants de tous âges, etc... Le plus difficile et le plus nécessaire est de trouver le mode de gouvernance qui apporte l'harmonie.

Toute "communauté de vie" exige, pour fonctionner en "harmonie", une "gouvernance" par définition fondée sur l'équilibre des contre-pouvoirs. Ceux-ci, chacun les cerne, tout le monde les réclame, et rien (ou presque) n'existe. Pire, et depuis la crise de 2007 censée y remédier, le constat est davantage celui du dépérissement que du renforcement des rares contre-pouvoirs. Preuve que le poison est ailleurs, dans la composition même, dans la substantifique moelle du capitalisme... "Moraliser" le capitalisme, "réguler le libéralisme", "apurer le sens et la vocation de la finance" aux fins d'une économie de marché soucieuse de juguler les injustices, de sanctuariser l'environnement et le climat, d'éveiller un exercice citoyen des responsabilités : une chimère...

Le capitalisme financier, c'est-à-dire la manière dont le diktat financier a dévoyé le capitalisme en le désindexant de sa vocation : être au service de l'économie, doit être combattu. C'est une évidence et une priorité. Pour y parvenir, je ne crois pas que les leçons de la crise du coronavirus seront suffisantes, même si elles peuvent accélérer et "mondialiser" les prises de conscience de manière synchronisée. Je crois davantage à celles de "Dame Nature", qui nous signifie : STOP ! Elle étouffe, elle suffoque, elle nous dit de lui rendre à la hauteur de ce qu'elle nous donne, de mettre notre intelligence en harmonie avec la sienne, de saisir tout ce qu'elle peut nous apprendre - n'est-elle pas le plus extraordinaire gisement de connaissances, le plus phénoménal centre de recherches ? -, elle nous enjoint de reconsidérer la manière dont nous la traitons, plus exactement dont nous la maltraitons. Elle nous indique aussi que nous n'aurons pas le dessus, que nous devons donc la respecter, et pour cela que nous devons réviser en profondeur notre organisation.

"2019 a été une rupture dans la prise de conscience générale et collective d'agir pour notre survie sur notre belle terre. 2020 n'est plus celle de la compréhension mais de l'action "

Au moment où nous dialoguons, une quinzaine de jours de confinement est passée, et d'ailleurs nous faisons le constat que la terre respire de nouveau, que sa faculté de résilience est infiniment plus rapide que celle des hommes, qu'elle a inversé le rapport de force. Tout cela est certes momentané mais riche d'enseignements. La nation est pour l'heure resserrée, elle semble soudée, elle apparaît déborder de générosité et de solidarité. A quelles conditions ce sursaut d'humanité pourrait-il résister aux prochaines étapes de la tempête Covid-19, des étapes qui mettront en tension la société dans son ensemble, les conditions de vie d'une grande partie des citoyens, l'exercice du pouvoir ? Un projet de société fédérateur des consciences et des énergies, des sources démocratiques et des arbitrages de l'Etat ?

Sans nul doute. Avant la crise, Gonzague de Blignières et moi avons proposé au Président de la République une ambition qui va dans ce sens : faire de la France le premier pays éco-agricole au monde. Elle ne manque pas d'atouts et le contexte s'y prête : grande puissance agricole, dynamisme coopératif, ruralité qui demande à revivre, espaces disponibles, nécessité de prioriser le local et la proximité, centres de recherche, de formation, de production industrielle uniques, dynamique de dématérialisation, de digitalisation et de télétravail, aspiration d'une partie de la jeunesse des grandes métropoles à vivre différemment - y compris ses relations sociales -, etc. Des conditions clés sont réunies. Ce serait notre nouvelle frontière. Et aussi l'opportunité, cardinale, de remettre au centre de notre société ceux qui en sont les acteurs et qui ont bien longtemps exprimé leur sentiment de marginalisation ou d'exclusion. En d'autres termes, mieux "vivre ensemble".

Au-delà, les Français, lorsque survient une crise, réagissent dans l'ensemble de manière juste, parfois même exceptionnelle. L'enjeu est de donner à cette réaction un prolongement, une concrétisation durables. La convivialité, le "bien vivre ensemble" si enracinés dans notre ADN, peuvent se révéler un ressort précieux.

Du chef de l'Etat au gouvernement, l'exécutif est-il, à vos yeux - ceux de l'ex-dirigeante publique, de l'ex-industrielle, de l'actuelle cheffe d'entreprise -, à la hauteur ?

Je me garderais bien de juger. La tâche est immense, inédite, et mondiale. Chaque jour apporte son lot d'imprévisible et de problèmes à régler. Le gouvernement est là, pleinement, il exerce son rôle et essaye d'apporter les solutions. Son autorité est respectée. Disons-lui, pour l'heure, merci. Il sera toujours temps de dresser un bilan et de tirer les leçons de tout cela.

L'exemplarité doit venir d'en haut, mais aussi d'en bas, et plus largement de toutes les strates composant la société. Parmi elles, les entreprises, et en particulier leur gouvernance et leurs actionnaires. Un appel, réunissant aussi bien le ministre de l'Economie Bruno Le Maire que le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, somme les assemblées générales de renoncer à tout dividende en 2020. Une proposition aux portées symbolique, éthique et financière à laquelle vous devez souscrire ?

Par nature, je ne me permets ni d'être interventionniste ni de donner des leçons. En revanche, il est sûr que les actionnaires devront prendre leur part de l'effort, même s'il s'agit de dividendes sur les résultats de 2019. Cette piste, riche de symboles, mérite d'être étudiée de très près.

"« Dame Nature » nous signifie : STOP ! Elle étouffe, suffoque, elle nous dit de mettre notre intelligence en harmonie avec la sienne, de saisir tout ce qu'elle peut nous apprendre, elle nous enjoint de reconsidérer la manière dont nous la traitons, plus exactement dont nous la maltraitons. Elle nous indique aussi que nous n'aurons pas le dessus, que nous devons donc la respecter, et pour cela que nous devons réviser en profondeur notre organisation"

Raise, c'est une quarantaine de salariés, 1 milliard d'euros de capitaux sous gestion, et une finalité pour partie innovante : la moitié des plus-values générées est reversée dans une fondation, Raise Sherpa, définie comme un accélérateur philanthropique au profit de startups françaises dans leur phase post-amorçage. Deux mille de ces startups ont été accueillies, plus de 10% d'entre elles ont bénéficié de prêts d'honneur - pour des tickets moyens de 100 000 euros - mais aussi de mécénat de compétences. Vous voulez rendre compatibles profitabilité et philanthropie, profit et générosité, vous ambitionnez la promotion d'une économie, d'une finance "bienveillantes" - cette bienveillance au cœur des remises en question évoquées plus avant. Objectivement, existe-t-il plus oxymorique que la formule "finance bienveillante", puisque la finance est intrinsèquement avidité, cupidité, matérialisme, inégalités, injustices, puisqu'elle sacralise les principes de compétition, d'adversité, de propriété, de suprématie, d'asservissement, d'accumulation ?

L'argent n'est qu'une énergie, il ne doit être considéré pour rien d'autre. On l'utilise comme on l'entend, aux fins que l'on décide, et cette destination est le fruit d'un grand nombre de facteurs, très personnels. Au sein de Raise, ce qui dicte nos arbitrages, c'est la conviction que l'entrepreneur auquel nous confions les fonds - qui nous ont été confiés -, est "le meilleur", et de toute façon bien meilleur que nous. Nous avons confiance dans son professionnalisme, son intégrité, ses valeurs, et dans son management bienveillant pour faire fructifier ces moyens à bon escient. Cela est vrai dans l'exercice de notre métier d'investisseur, mais surtout pour notre part philanthropique. Au sein de l'équipe, chacun donne à titre personnel 50% de son bénéfice pour accompagner au sein de RAISE Sherpas les jeunes entreprises de croissance. Bien sûr, nous n'en tirons aucun bénéfice financier mais nous sommes heureux de voir leur succès et nous apprenons tous les jours à leur côté.

A propos de cette bienveillance centrale dans votre conception et votre exercice de la finance, sollicitons le philosophe Yves Michaud, qui publiait en 2016 (Stock), Contre la bienveillance. Il y dénonçait "la tyrannie des bons sentiments, la politique de l'émotion et de la compassion". "Non que la bienveillance soit un sentiment indigne, précisait-il, mais nous devons cesser de croire qu'on peut bâtir sur elle une communauté politique". Comment distinguer la bienveillance épanouissante, juste, émancipatrice, responsabilisante, et la bienveillance infantilisante, fallacieuse, spécieuse, duplice et déresponsabilisante ?

La bienveillance est tout sauf le monde de bisounours ! Elle en appelle à la générosité et à l'admiration, mais demande de l'exigence et du courage - celui, notamment, de "dire les choses comme elles sont" et de ne pas cacher les difficultés. La bienveillance, c'est exactement le contraire de la pitié ou de la domination par la charité. Le respect, l'admiration pour celui ou celle qu'on peut accompagner sur sa route pour lui permettre d'aller plus vite ou plus loin ou plus facilement vers son but. La relation de bienveillance n'est donc ni infantilisation ni charité, elle requiert de l'humilité, en premier lieu de l'investisseur, elle est une alliance équilibrée, une équation humaine strictement égale et fondée sur le respect et la confiance. Elle n'est pas de subordination ou, pire, d'aliénation, elle n'est pas levier d'emprise ou de domination ; elle est l'opposé.

Faire preuve de bienveillance nécessite une grande honnêteté, une générosité "transparente", en d'autres termes une "parole impeccable" : dire ce qui doit être dit, mais de manière qui ne blesse pas, surtout qui fortifie, donne confiance et fasse grandir. Avec pour principe celui de réciprocité : lorsque de la relation bienveillante naît une œuvre entrepreneuriale en tous points épanouissante, vous pouvez être certain que l'émetteur reçoit davantage que son investissement ! Il est récompensé au-delà.

Notre considération du bien commun devrait, elle aussi, évoluer. Des métiers, des secteurs entiers pourraient, demain, être exigés par la population comme relevant du bien commun. Avec Raise, vous expliquez vouloir expérimenter l'entreprise "au service du bien commun". Comment ce qu'incarnent l'entreprise, soumise aux règles compétitrices, hiérarchiques, carnivores de l'économie de marché, peut-il bien participer au bien commun ?

Le bien commun est différent de l'intérêt général : il appartient à chacun de nous et à nous tous, nous en sommes les dépositaires, les protecteurs, les responsables...

... "La crise du coronavirus doit être l'occasion de se poser la question de "la" et de "sa" responsabilité, fait écho la philosophe Corine Pelluchon, l'opportunité d'une "transformation individuelle et collective afin que la conscience de notre vulnérabilité, de notre appartenance à un monde plus vaste que soi, de notre lien au vivant devienne un savoir incarné et vécu qui transforme notre comportement". Difficile de voir cette lumière darder de l'entreprise. La balance de ce qu'elle créée et de ce qu'elle détruit ne penche pas forcément du bon côté ...

Je ne suis pas d'accord. Nombre d'entreprises ont été, jusqu'à présent, à l'image de Monsieur Jourdain faisant de la prose : elles ont participé au bien commun sans vraiment le savoir, surtout sans le dire...

... Vraiment ? La profusion de campagnes de communication instrumentalisant leur comportement social, environnemental, sociétal dit "responsable" inonde les plaquettes, les écrans de télévision, la presse écrite, les réseaux sociaux, et la communication interne...

C'est une facette de la réalité. La vraie, on n'en parle pas assez. Ce sont les emplois, les salaires qui font vivre des familles, la participation aux écosystèmes locaux, les actions de mécénat et de sponsoring... ils sont la démonstration que ces entreprises exercent une contribution au bien commun. L'irruption puis la normalisation de la RSE s'était révélée être un accélérateur, elle avait décillé les yeux des chefs d'entreprise et des actionnaires ; l'arrivée de la "raison d'être", inscrite dans la loi Pacte, va permettre de passer un nouveau cap. Surtout, des études montrent les bienfaits concrets d'une stratégie d'entreprise, à la fois produits et managériale, centrée sur la bienveillance et la générosité : un degré d'attractivité élevé auprès des meilleurs profils, un faible taux d'absentéisme, un niveau d'engagement et de créativité substantiel, une intelligence collective prolifique... N'est-il pas préférable de générer par la bienveillance ce que d'autres obtiennent par la contrainte ?

"La bienveillance est tout sauf le monde de bisounours ! Elle en appelle à la générosité et à l'admiration, mais aussi à l'exigence et au courage. Elle est le contraire de la pitié, de l'infantilisation ou de la domination par la charité."

La philanthropie est au cœur de votre démarche. Elle fait l'objet du meilleur et du pire, elle est toujours au cœur d'interrogations, fondamentales, sur la sincérité des engagements, l'authenticité des motivations, elle est parfois détournée, même instrumentalisée à des fins d'image et de réputation. Quelle est votre approche éthique de la philanthropie ? Comment les entreprises devront-elles intégrer l'exigence nouvelle de "sincérité" qui pourrait éclore de la rupture des raisonnements et des comportements au sein de la société ?

Il faut espérer que de cette crise sorte un repositionnement de la RSE : elle ne doit pas être périphérique mais au cœur de la stratégie et, pour certaines d'entre elles, de la "raison d'être" des entreprises. Cette raison d'être, chez Raise, est en effet de nature philanthropique, mais loin de moi l'injonction ou une quelconque leçon à l'endroit des autres entreprises. Chacune, en fonction de son histoire, de son activité, de ses singularités, de sa gouvernance, et tout simplement des aspirations de ses actionnaires et dirigeants, fait son choix. Et chaque choix est respectable. Il n'en demeure pas moins qu'elles doivent saisir le sens de l'histoire. Une entreprise qui dans les années 90 aurait ignoré la révolution internet n'aurait pas survécu. De même le sujet de la RSE est incontournable et devient un élément de la performance des entreprises. Chez Raise - et nous ne sommes pas les seuls, les 5 000 signataires du ''mouvement pour une économie bienveillante'' MEB en sont le preuve -, nous croyons que la générosité est un moteur économique. Celles qui n'y croient pas devront y venir. Les clients le demanderont.

Partageons un échange personnel avec Laurent Berger - dans le cadre d'un livre que nous avons consacré à Jean Ferrat (C'est beau la vie, L'Aube, 2020) - à propos de la spectaculaire mobilisation d'une poignée de milliardaires français au lendemain de l'embrasement de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Plus de 1 milliard d'euros furent collectés - plus précisément : promis... - avec force communication, et même suspecte émulation. "Que le mécanisme du mécénat soit sollicité est louable, reconnut le secrétaire général de la CFDT. Mais qu'à coups de surenchères entre milliardaires habilement médiatisées elle prenne une telle ampleur, est absolument indécent. En quelques jours plus de 1 milliard d'euros ont été réunis ; sait-on combien d'années sont nécessaires pour que l'ensemble des associations d'insertion, de lutte contre le handicap, d'accueil des migrants, d'hébergement des plus pauvres, mobilisent une telle manne ? Paris, c'est certes la cathédrale Notre Dame, et comme beaucoup mon cœur était très affecté lorsqu'elle flambait ; mais Paris, c'est aussi un nombre dramatique de SDF, de mendiants, un besoin immense pour financer la soupe populaire, l'hébergement des plus démunis, le soin, l'éducation et la formation des plus fragiles, et mon cœur est bien plus touché lorsque je traverse, Porte-de-la-Chapelle, les allées jonchées de migrants vivant dans l'indigence coincés entre deux bretelles du boulevard périphérique". Parce que la pandémie Covid-19 frappe le "vital", la vie de soi et la vie des autres, les enseignements devraient influencer la hiérarchie de nos préoccupations futures en matière de philanthropie. Ce "cri" de Laurent Berger en est-il l'illustration ?

Sans conteste, la crise va révéler des drames - qu'il est trop tôt d'estimer. Des piliers de la société (santé, etc.) seront durement vulnérabilisés, les Français vont (re)découvrir des priorités capitales, vont rebattre les cartes de qui est essentiel et secondaire, et puisque l'œuvre philanthropique et notamment le mécénat ont pour dessein d'épouser aussi les altérités de la société, certaines de ces affectations pourraient, en effet, évoluer. Chez Raise, quelques semaines avant le début de la crise, nous avions lancé le chantier de notre raison d'être, afin de faire évoluer celui initié en 2016. Et avec pour objectif de recentrer nos investissements dans des entreprises qui proposent des solutions aux enjeux environnementaux et sociaux de la planète, qui participent à une terre plus juste et plus locale. Nous sommes de grands rêveurs mais les mains dans le "cambouis du concret"...

"Le don n'a de valeur morale que s'il n'attend ni retour ni contrepartie", me confia le philosophe Robert Misrahi. Et derrière le mot don il signifiait toute démarche qui se veut ou se dit altruiste, philanthropique, généreuse. Cette définition exigeante et lumineuse du don est-elle compatible avec le moteur même du marché ? Là encore, « demain », les attributs conférés communément au don pourraient-ils évoluer ?

Quelle belle phrase... mais de notre côté, nous ne cherchons pas à édicter une quelconque morale. Personne - et moi comprise - n'est parfait dans ses itinéraires personnel et professionnel, et donc n'est autorisé à donner la moindre leçon. Cette évidence dicte donc d'avoir beaucoup d'humilité, et d'avancer avec prudence. Le don, c'est cette « chose » que l'on confie effectivement sans retour, sans contrepartie, et qui se transforme et fructifie dans la main du bénéficiaire. Le don n'a de valeur que s'il procure de la joie chez l'émetteur et chez le récepteur, et la joie de l'émetteur est immense lorsque les fruits, ensemencés par le récepteur, prennent forme.

" Disons, pour l'heure, merci au Gouvernement "

Certains de ces fruits cultivés par les entreprises accompagnées par Raise ont produit de grandes exploitations ! ManoMano (boutique en ligne de bricolage) par exemple a bouclé juste avant la crise une nouvelle levée de fonds de 125 millions d'euros, emploie 550 salariés dans six pays d'Europe, et génère un chiffre d'affaires de 620 millions d'euros. "Nous avons confiance dans le professionnalisme, l'intégrité, les valeurs, et dans le management bienveillant des entrepreneurs que nous accompagnons", affirmez-vous. S'il est révélé que les méthodes de succès de ces entreprises contreviennent à la raison d'être de Raise et donc brisent cette "confiance", comment agirez-vous ?

Pour l'heure, nous n'avons pas identifié de cas de ce type. Mais statistiquement, cela surviendra un jour ! Alors nous aviserons...  Toutefois, nous avons confiance dans notre raison d'être qui est à la fois notre boussole et notre coeur. Nous ne nous contentons pas de financer nos entrepreneurs, nous restons au plus près d'eux, pour les accompagner dans les bons et dans les moments plus difficiles. C'est cela notre responsabilité d'investisseur engagé et durable.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2020 à 21:38 :
Propos totalement déconnectés du monde réel . Le plus grave , c'est que ces 2 guignols s'estiment etre des sachants détenant la vérité . En donnant la parole à des idéologues de pacotille,les médias ne doivent plus s'étonner de perdre des lecteurs et surtout des acheteurs.Belle illustration du niveau actuel de l'information = le règne du médiocre et de l'inutile.Préférons les gens simples aux soi-disants savants.
a écrit le 08/04/2020 à 13:51 :
c est beau les lecon de morale de quelqu un qui se faisait payer un appart de 600 m2 au frais de l etat tout en louant le sien (au prix fort probablement).
Depuis que Fillon est dans les choux, les gaymard ont du faire une croix sur le retour en politique
a écrit le 08/04/2020 à 9:28 :
Propos de bourgeois intello... que je pourrais comprendre mais... bon timing? non pas par rapport aux morts mais plutot aux autres confinés vieux et prives de compgnie et les moins gâtés au niveau du cadre de vie et de l aptitude à reflechir...
a écrit le 08/04/2020 à 5:49 :
Plus de 10000 morts et la bourgeoise remercie les barges aux gouvernes. On reve !
a écrit le 07/04/2020 à 18:55 :
S'il n'y avait pas eu autant de morts, de victimes,des personnes âgées abandonnées dans les Ephad, j'aurai peut être lu jusqu'au bout cette introspection. Mais dans le cas présent un peu de pudeur s'impose. Et cette remise en question du moi, est tout à fait innoportune.
a écrit le 07/04/2020 à 16:53 :
Pour ceux qui télé-travaillent, souvent des cadres, cette période est tout sauf un cadeau. Travailler 10 heures par jour sans pouvoir s'aérer avec potentiellement ses enfants juste à côté... c'est dur, très dur.
a écrit le 07/04/2020 à 12:30 :
Nom de Zeus !
a écrit le 07/04/2020 à 11:57 :
Clara Gaymard : "Cette épreuve du confinement peut être un "cadeau"

Madame Gaymard vit le confinement de façon "joyeuse" dans le luxe de ses propriété mal acquises ...

quelle assertion imbécile par l'inconscience de ce que vivent les citoyens qui vivent leur pauvreté et la misère sociale dans des "cages" souvent dans des batiments insalubres

qu'elle se taise comme toutes celles et tous ceux qui bradé cassé massacré l'industrie et la santé publique de la France durant ces 15/20 dernières années ...
a écrit le 07/04/2020 à 11:05 :
une convertie de la dernière heure......!!!!!!
si vraiment convertie, tant mieux... après avoir liquidé alstom énergie aux ricains

elle a été sortie du groupe GE tout de suite après....mais apparemment pas sans le sou et discrètement

le référent industrie de macron a l époque est maintenant patron de GE france....
a écrit le 07/04/2020 à 10:38 :
"Avant la crise, Gonzague de Blignières et moi avons proposé au Président de la République une ambition qui va dans ce sens : faire de la France le premier pays éco-agricole au monde"

Une excellente idée, ça fait plaisir de voir que nos décideurs ne sont pas conseillés que par des êtres cupides et obscurantistes. Espérons juste qu'ils écoutent les bonnes idées de temps en temps quand même...

Et en plus on peut vite faire le lien avec un ambitieux programme d'éoliennes offshore étant donné que nous sommes le premier domaine maritime au monde qui pourrait être suivi juste après d'un non moins ambitieux de nettoyage des océans que nous facturerions sans leur demander aux états du monde étant donné qu'au juge de ces pays, enfin sauf quelques cas désespérés bien entendu, ne nous refuserait une si puissante idée.

Les idées renaissent car notre société en a un furieux besoin mais les dragons célestes vont ils enfin devenir réceptifs à celles-ci ? Théoriquement il y a peu de chances qu'ils ne soient pas totalement dégénérés par leur pathologique cupidité...

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