"Le gouvernement a choisi l'urgence sanitaire, c'est à lui de trancher avec des choix clairs", Benoit Fabre, président du Medef Loire

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(Crédits : SG)
Au lendemain de la deuxième allocution du Président de la République, et des mesures relatives au confinement, Benoit Fabre, le président du Medef 42, fait part de son incompréhension. Et répète sa colère.

Emmanuel Macron a annoncé ce lundi soir de nouvelles mesures de confinement. Celui-ci n'est, néanmoins, pas total. Les entreprises n'accueillant pas de public, les entreprises industrielles notamment, ont le droit de continuer de produire. Etes-vous satisfait ?

Le président de la République a répété six fois que nous étions en guerre contre ce virus, ils demandent aux Français de rester chez eux et pourtant les entreprises peuvent continuer de fonctionner ?  Seule une partie des entreprises sont fermées de manière obligatoire. C'est une honte ! Le président n'a pas été à la hauteur de la guerre qu'il nous a présentée. Est-ce que cela signifie que la vie de certains salariés vaut moins que d'autres ?

Vous estimez que les entreprises ne sont pas en mesure de garantir la sécurité de leurs salariés ?

Cela me semble très difficile, en tout cas pour certains secteurs, voire impossible. Le président demande moins de 5 contacts par jour. Dans une entreprise qui emploie des dizaines de personnes, comment voulez-vous que ce soit possible de se maintenir sous ce seuil ? Comment s'assurer que nos salariés restent toujours à plus d'un mètre les uns des autres ? Même si les locaux sont désinfectés régulièrement, ils partagent le même réfectoire, les mêmes toilettes, la même machine à café, et souvent les mêmes outils de travail... Selon les indications du président, ils sont donc potentiellement en situation de se transmettre le virus.

L'Etat a donc un double discours. Il demande des mesures de précautions drastiques, tout en sachant parfaitement qu'il nous sera difficile de les respecter. Il préfère laisser la décision de l'arrêt aux chefs d'entreprise et leur en laisser la responsabilité pénale. Je ne suis pas d'accord. Le gouvernement a choisi l'urgence sanitaire, c'est à lui de trancher avec des choix clairs.

Depuis ce début de semaine, les entreprises dans la Loire comme dans le reste de la France, se mettent progressivement à l'arrêt, d'elles-mêmes. Se dirige-t-on vers un arrêt total de l'activité non réquisitionnée ?

Les entreprises doivent faire face à plusieurs problématiques. Certaines n'ont plus du tout d'activité. Il vaut mieux pour elles fermer et mettre en place les mesures de chômage abondées par l'Etat. D'autres, n'ont plus de salariés en raison de la fermeture des écoles ou parce qu'ils font valoir leur droit de retrait. Donc, progressivement, je pense que nous allons tous fermer nos entreprises (sauf les secteurs indispensables) et travailler sur la reprise. Les mesures annoncées par l'Etat de soutien à l'économie vont dans le bon sens. J'espère seulement qu'elles seront appliquées de bonne foi, sans chicanerie sur les détails administratifs. Heureusement, nous avons dans la Loire un Préfet sensible aux questions économiques, ce qui n'est pas le cas partout.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2020 à 21:07 :
"C'est une honte!" Le président met en place sans débat démocratique un confinement façon cholera du moyen âge et provoque sciemment une débacle économique puis une menace pour la santé publique. Le covid-19 est éventuellement mortel pour 2% des contaminés sévères : l'action positive est de multiplier les lits de réanimation et de traitement pour permettre à la population entière de subir à moindre dommage l'épidémie et devenir résistante au virus. C'est le premier gros investissement de ce siècle et pour l'avenir!

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