"L'entrepreneur est capable de transformer le risque et l'incertitude en richesses" (Stanislas Desjonquère, président de l'APM)

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(Crédits : DR)
Après Marseille ou Bordeaux, la convention internationale de l'Association progrès du management (APM) pose ses valises à Annecy, en Haute-Savoie, pour deux jours de réflexions. L'occasion pour son président, Stanislas Desjonquères - par ailleurs président du laboratoire pharmaceutique cantalien Biose - de présenter la stratégie de son conseil d'administration pour préparer l'APM de demain aux 5 000 de ses membres de l'association venus du monde entier. Il en dévoile les grandes lignes à La Tribune.

La Tribune : Vous avez engagé lors de votre premier mandat, puis confirmé au début de votre second, une grande consultation intitulée "Demain APM" auprès de 9 000 parties prenantes pour imaginer votre association dans les prochaines années et nourrir la réflexion de votre conseil d'administration. Qu'en avez-vous retenu pour formuler votre plan stratégique APM 2030 ?

Stanislas Desjonquères : Notre plan traduit les attentes et les demandes d'évolutions, fortes, de notre réseau (8 000 adhérents dans 32 pays, 400 clubs NDRL). Il est temps d'insuffler un nouvel état d'esprit.

Nous voulons créer davantage de liens entre les entrepreneurs, les entreprises et le monde. Dans ce dernier, de plus en plus fragilisé, les entreprises sont les derniers maillons stables. Elles sont aussi le lieu propice à l'innovation et à la création de richesses. Mais cela ne saurait se limiter à des questions économiques. Elles doivent intégrer d'autres paramètres, qu'ils soient sociétaux ou environnementaux.

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Nous avons résumé ce nouvel élan ainsi : "inspirer les entrepreneurs pour créer des richesses et contribuer à bâtir un monde plus humain". Vous remarquerez que nous avons choisi d'abandonner le terme "dirigeants" au profit d'"entrepreneurs" au sens large du terme.

Certes, il faut respecter certains critères pour être éligible, être à la tête d'une structure, mais on peut être salarié, actionnaire, dans une entreprise de droit public... mais nous recherchons une pluralité des profils. L'entrepreneur est une personne capable de transformer le risque et l'incertitude en richesses.

Ainsi, nous souhaitons que notre mouvement devienne militant. Il ne s'agit pas de prendre fait et cause pour une mission, ni faire de politique, ni même d'imposer une normalité. Chacun est libre de choisir son positionnement : il y a 200 000 façons de s'engager, et autant de façons de faire le bien.

Est-ce une façon de répondre aux attentes des nouvelles générations mais aussi d'attirer davantage de femmes dans vos clubs ?

Nous cherchons à être plus représentatif de la réalité tout en restant attentif à la qualité de notre recrutement. Et malheureusement, les entrepreneures ne sont pas encore à la parité. Comme nous ne sommes pas pour les quotas, nous suivons les évolutions de la société.

Par contre, il est vrai que la nouvelle génération est en quête de sens. Ce que l'on peut leur apporter. En revanche, quand ils l'ont trouvé, ils veulent que cela se sache et ils n'hésitent pas à le faire savoir. Ils sont dans le partage, la transparence et la diffusion de l'information.

Pour eux, le secret est un peu louche. C'est pour cela que nous avons acté le fait d'être connu et que nos membres puissent rayonner à travers leurs actions.

Ne craignez-vous pas de déplaire à une partie de vos membres puisque votre organisation a longtemps grandi dans l'ombre ?

Certes, il y a certainement une frange d'anciens qui préfère l'anonymat et qui n'aimeront pas ce nouvel axe. Mais on ne peut plus continuer à être neutre : on se soucie du monde, et on veut que cela se sache. C'est la décision du conseil d'administration, et que cela plaise ou non, nous irons de l'avant. C'est ainsi. Nous prenons le risque de quelques départs.

D'autant que nous réaffirmons également notre attachement à ce que l'on appelle le "carré parfait" - les experts, les animateurs, les dirigeants et la maison APM - et nos valeurs - confiance, humilité, respect. Nous proposons toujours des contenus suscitant la réflexion pour inciter à l'action.

Comment, concrètement, allez-vous traduire cette vision ?

Nous sommes encore en train de travailler. Ce qui est certain, c'est que le club reste toujours la portée d'entrée, le premier échelon physique. Mais à l'ère du numérique, nous pourrions amplifier le mouvement en imaginant un réseau augmenté, peut-être l'équivalent à un réseau social propre à l'APM.

Cela a du sens : sous sommes un réseau francophone mondial, de plus en plus connecté les uns aux autres, un grand laboratoire d'idées, cela se confirme à chaque rencontre. Entre nous, le courant passe toujours très vite car nous partageons les mêmes valeurs.

Par ailleurs, nous travaillons aussi à la structuration de notre mouvement. Nous pourrions regrouper les clubs en grandes régions. Nous visons une croissance volontariste.

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