Pacte de responsabilité : le compte à rebours a commencé

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©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie
©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Hausse du chômage, moindre redressement des comptes publics, mise sous surveillance de la France par la Commission européenne notamment pour son manque de compétitivité. Les coups de semonce s'accumulent en ce début de printemps. Il devient donc primordial pour le nouveau Gouvernement d'annoncer très rapidement les mesures concrètes qu'il compte prendre dans le cadre du pacte de responsabilité et de les appliquer sans attendre.

Chaque semaine compte. L'État et les partenaires sociaux doivent poursuivre le dialogue et mettre de côté toute posture partisane qui, en cette période de reprise incertaine, n'a plus lieu d'être. L'urgence est là mais tout n'est pas perdu. Les récents accords obtenus sur l'assurance-chômage et sur les engagements liés aux baisses de charges promises pour les entreprises vont dans le sens du dialogue et de la restauration d'une confiance mutuelle. D'ores et déjà, certaines mesures du pacte de responsabilité sont connues et nous savons qu'elles auront un effet bénéfique sur l'emploi et sur la compétitivité.

Les allègements de charges doivent doper l'innovation et la recherche

Ainsi, le maintien du crédit impôt compétitivité emploi (CICE) qui représente un allègement de charges de 20 milliards d'euros pour les entreprises, va naturellement créer des emplois. Cependant, dans son fonctionnement actuel, il favorise plutôt l'embauche de salariés peu qualifiés avec, à la clef, un effet limité sur la compétitivité. N'oublions pas que notre pays est réputé pour la qualité de ses techniciens et de ses ingénieurs. Les allègements de charges doivent aussi favoriser l'embauche de jeunes ingénieurs à haut potentiel qui contribueront à doper la recherche et l'innovation, secteurs stratégiques si nous voulons améliorer la compétitivité de nos entreprises sur le long terme, redynamiser nos exportations et renforcer l'attractivité de notre marché du travail.

Le Gouvernement planche aussi sur un allègement supplémentaire des charges de 10 milliards d'euros qui devrait permettre aux entreprises, grâce à des marges reconstituées, d'accélérer leurs investissements et d'embaucher. Parmi les pistes retenues, les plus sérieuses viseraient à baisser la fiscalité sur les facteurs de production : suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), réduction du taux de l'impôt sur les sociétés (IS) qui est l'un des plus élevés d'Europe, simplification de plusieurs taxes existantes sur la production.

Une réduction significative et durable des dépenses publiques

Bien évidemment, tout ceci ne sera possible que si ces mesures sont financées par une réduction significative et durable des dépenses publiques. Sujet sur lequel Bruxelles nous attend de pied ferme, d'ici la mi-avril, avec des engagements forts et précis. D'autant plus que le système des vases communicants qui consisterait à soulager les entreprises pour mieux ponctionner les ménages est tout simplement inenvisageable. Le vote contestataire qui s'est manifesté lors des élections municipales traduit un ras-le-bol des Français face au poids de leurs impôts. Aussi, faut-il au plus vite répondre à leurs attentes et baisser la fiscalité des ménages.

Cette décision politique aurait pour avantages de favoriser la relance de la consommation et de redonner aux Français des raisons de croire en l'avenir de leur pays.Enfin, il faut améliorer le pacte Dutreil pour favoriser la transmission des entreprises familiales. Elles sont confrontées à un véritable plafond de verre fiscal comme le démontrent Sylvie Hattemer et Irène Inchauspé dans leur livre « L'horreur fiscale ». Résultat : le taux de transmission des entreprises familiales est de 14% en France, contre 51% en Allemagne et 70% en Italie !



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Commentaires
a écrit le 08/04/2014 à 17:09 :
Compte à rebours est bien le terme. Quels comptes et quels rebours ? L'arnaque socialiste qui considère les gens comme stupides est en marche. Remarquez, au final et à l'expérience, elle a peut être un peu raison.
Réponse de le 09/04/2014 à 13:04 :
"Panem et Circenses" c'est toujours valable, mais aprés la dégelée que les agents de l'UMPS vont prendre aux Européennes, les bobos vont redescendre sur terre...
a écrit le 08/04/2014 à 14:05 :
Ils vont finitr par lasser tout le monde, le "Gattaz and Co" et je ne suis pas un extrémiste !!! Justement, les entreprises passent en boucle leur manque de compétitivité, alors qu'on les a bien aidée. CICE, CIR, accord flexibilité, multiplicité des niches sur l'IS, coût de l'électricité, productivité française, gratuite de la formation de leurs ingénieurs et cadres, qualité des infrastructures....alors, c'est le management qui ne va pas ou ils se foutent de nous ?
a écrit le 08/04/2014 à 13:02 :
le discours de Valls : va t-il se risquer à baisser la masse salariale de cette fonction publique envahissante ? Ce serait à partir de 10% un vrai signal de changement . Imaginez le mammouth privé de son foin , les vacances !!!
a écrit le 08/04/2014 à 11:36 :
Voilà une finalité socialiste Made In France ordinaire...ouvrir... contre vents et marées la boîte de Pandore....! C'est le naufrage final ....

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