Un miroir de la société et de l'état de la démocratie

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(Crédits : Reuters)
Une partie des médias se laissent guider par la société du spectacle à défaut de refléter une société également vertueuse. En conséquence, les médias d'infos sont critiqués, les journalistes vilipendés et associés à l'élite dirigeante.

«Tout ou presque, finalement, des maux de la presse d'information est un reflet de l'état de la société », résume l'ancien journaliste Jean-Marie Cavada, président de l'Intergroupe Médias au Parlement européen. Dictatures de l'immédiateté, de la réactivité, du chiffre et du spectacle, culture de la duplication, de l'uniformité, de la futilité et du narcissisme, violence des comportements, perméabilité des sphères privée et publique, porosité des « élites », mais aussi effondrement des titres d'information idéologique ou militante, focalisation sur les sujets sensationnalistes ou anxiogènes : effectivement, l'ensemble des symptômes s'épousent. Et s'entretiennent mutuellement.

Un reflet biaisé

En témoignent l'atmosphère de « dépression », la stigmatisation des institutions, ou l'exigüité et le manichéisme des thèmes traités qui obstruent et standardisent le champ de connaissances et donc d'autonomie et de responsabilité de l'opinion publique. « Vraiment, que les professionnels de l'information s'emploient enfin à « ouvrir » le spectre de leur travail et des sujets afin de refléter la réalité d'une société qui est « aussi » générosité, initiatives, esprit d'entreprendre,innovation, solidarité, espérances, etc. C'est vital », prie le sociologue et administrateur de France Télévisions Dominique Wolton. Vital, en effet, pour la démocratie. Laquelle,observe sa consoeur Monique Dagnaud(ancien membre du CSA et du conseil de surveillance du groupe Le Monde), est minée en premier lieu par le discrédit des classes dirigeantes et par le sentiment « d'impuissance » face aux écueils qui se dressent dans le quotidien des citoyens, au plus près comme au plus loin de leurs préoccupations. « Les médias d'informations constituent l'une des cibles de cette critique, et les journalistes sont assimilés à l'élite dirigeante ».

Rouages

Ils forment aussi l'un des rouages principaux d'un fléau aux multiples manifestations : populisme, xénophobie, rejet multiforme (de l'Europe, de la mondialisation… comme de l'autre), exigences sécuritaires disproportionnées (« allant jusqu'au rétablissement de la peine de mort »), déconsidération pour l'Etat. Autre répercussion de ce contexte, moins visible et résultant des collusions et des compromissions, fantasmées ou réelles, entre les élites politico-économico-médiatiques : la montée en puissance du sentiment conspirationniste et de la théorie du complot, « dont Dieudonné est d'ailleurs devenu un emblème ».

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