Unité ou dualité ?

 |  | 1407 mots
(Crédits : Fotolia)
A condition qu'elles s'écartent clairement de tout précipice prosélyte ou idéologique, les valeurs sociales chrétiennes irradient indiscutablement la dignité humaine. Elles donnent un sens aux décisions de ces dirigeants chrétiens que l'entreprise et les règles du marché confrontent aux tensions les plus délicates mais aussi les plus fructueuses. Pour le responsable, la foi est une issue, mais les valeurs qu'elle impose complexifient sensiblement sa tâche.

« Chaque dirigeant chrétien vit dans l'insatisfaction et doit accepter l'existence d'une blessure ». Christian Ponson, Recteur de l'Université Catholique de Lyon, résume assez justement l'environnement alambiqué dans lequel chaque responsable d'entreprise vit son double engagement de chrétien et de dirigeant. « Le chef d'entreprise est au cœur des tensions, écartelé entre le marché, les clients, les salariés » renchérit Bertrand Dupont, directeur général du Groupe SEB. « Ces tiraillements convergent tous vers le souci de pérennité de l'entreprise » précise François Chaniot, Président du directoire de Gouillardon Gaudry. Juste salaire, propriété privée, répartition des richesses, responsabilisation individuelle, rôle et responsabilité de l'entreprise à l'égard de ses salariés, pouvoir et puissance, considération de la performance, gestion des ressources humaines, des licenciements, des sanctions... Les situations et les thèmes ne manquent pas, qui interpellent, rongent ou rassasient la conscience du dirigeant chrétien. Tous appellent au sens. La stratégie de l'entreprise, inscrite dans le long terme, la politique de participation et d'intéressement - « en dix ans, nous avons plus distribué aux salariés (2 milliards de francs) qu'aux actionnaires (1,7) » se félicite Bertrand Dupont - un management responsabilisant - voire même, comme l'indique François Chaniot, de coresponsabilité. « L'employé qui plonge les ingrédients dans le mélangeur a, dans son domaine d'action, une responsabilité équivalente à la mienne lorsque je modifie une organisation » -, une réelle considération de la dignité, sont autant de signes symptomatiques d'une politique humaine que...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :