Un schéma directeur pour aider la métropole de Lyon à gérer ses énergies

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(Crédits : Fotolia)
Lancé en juin 2015, le Schéma directeur des énergies (SDE) de la métropole de Lyon a vocation à permettre la planification énergétique au niveau de l’ensemble du territoire. Après la présentation du diagnostic début février, la prochaine étape portera sur la définition de la stratégie énergétique et son pilotage.

Si par le passé les collectivités locales n'avaient pas la main sur les énergies, qui étaient gérées de manière plutôt centralisée autour de leur production et leur transport, il n'en va pas de même aujourd'hui : l'évolution des modes de consommation fait que l'enjeu se joue désormais à l'échelle locale.

"Les énergies locales sont décentralisées, ce qui ouvre des problématiques nouvelles et suscite l'innovation", déclare Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon et président de la métropole de Lyon, citant parmi les nouveaux usages de l'énergie la mobilité électrique.

"D'un point de vue juridique, la métropole a par ailleurs tous les éléments pour maîtriser son destin énergétique", affirme-t-il, à commencer par la maîtrise des réseaux de chaleur et la capacité à jouer sur la consommation.

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Aussi l'outil SDE découle-t-il directement du Plan climat-énergie territorial (PCET) mis en œuvre en 2012 qui traçait une trajectoire jusqu'en 2026 visant une réduction des émissions de CO2 de 20 %, une diminution de la consommation d'énergie de 20 % également ainsi que l'atteinte de la part des énergies renouvelables à 20 %.

"40% des expérimentations concernant les smart grids se déroulent sur notre territoire, ce qui montre que la Métropole est à l'avant-garde sur ce point en France", se réjouit Gérard Collomb.

Cartographie ultra-précise

Le diagnostic énergétique réalisé recense ainsi de manière exhaustive et précise l'ensemble de la production et de la consommation d'énergie du territoire métropolitain, autant dans les domaines industriel, résidentiel et tertiaire que celui des transports, de l'urbanisme ou de l'agriculture. Une cartographie jamais réalisée à cette échelle, une première en France, qui d'ailleurs reflète l'économie de la région.

En effet le tertiaire et les entreprises représentent 48 % de la consommation d'énergie, contre un tiers à l'échelle nationale.

"Le diagnostic énergétique à cette maille permet d'appréhender finement les différents types d'énergies utilisés en divers endroits, et sert donc à orienter l'offre de chaleur, en identifiant par exemple à quel endroit on peut réinjecter une chaleur liée aux énergies renouvelables", explique Roland Crimier, maire de Saint-Genis-Laval et vice-président de la métropole de Lyon en charge de l'énergie.

Le chauffage urbain est une bonne illustration du principe. Le plan d'éco-rénovation est ambitieux, doté de 30 millions d'euros pour aider les particuliers à rénover leur logement, car la problématique de réduction du CO2 concerne essentiellement l'habitat ancien, et non les constructions nouvelles. "Nous sommes en train de passer de la conception d'une énergie en silo à une vue partenariale", commente-t-il, indiquant que le Grand Lyon est entre autres membre d'une association de gestion de forêts. A ce titre, il travaille avec l'extérieur du territoire pour la problématique liée à la gestion de l'énergie bois (en visant l'intégration de 100 000 t. de bois à l'horizon 2020).

Gisement d'économie d'énergies

Un des problèmes actuels est le prix du gaz qui pose la question de la rentabilité. La sobriété énergétique consiste à développer un réseau de chaleur qui implique une appropriation collective par les grands acteurs publics, avec l'utilisation d'une énergie perdue par les uns (tristement qualifiée "d'énergie fatale") par les autres.

Exemple : la récupération de la chaleur générée et perdue par les industries de la vallée de la chimie pour alimenter les hôpitaux sud.

Si on sait transporter l'électricité sur de grandes distances, en revanche l'énergie bois doit être consommée à proximité dans un rayon de 100 km pour être rentable. Fort de tous les constats apportés par le diagnostic initial, il s'agira donc de proposer des scénarii possibles ...puis d'envisager quels moyens seront alloués à leur mise en œuvre. Vaste chantier.

"Il y a une double logique pour un territoire qui connait ses consommations, et le SDE est un cercle vertueux pour s'emparer d'un système novateur en étant aujourd'hui dans une logique de partenariat", conclut-il.

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