A Lyon, Cazeneuve défend sa posture de Premier ministre

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(Crédits : @GouvernementFr)
Pour son premier déplacement officiel en tant que Premier ministre, Bernard Cazeneuve s'est adressé aux forces économiques lyonnaises. Un discours qui devait lui faire prendre la dimension de ses nouvelles fonctions, mais qui s'est transformé en défense du quinquennat de François Hollande.

Il devait venir en "simple" ministre de l'Intérieur pour montrer "la résilience" de la France lors de l'inauguration de la Fête des Lumières de Lyon, un an après l'annulation de celle-ci à cause des attentats. Le départ en campagne de Manuel Valls a fait venir Bernard Cazeneuve dans les habits de Premier ministre. Et, pour son premier déplacement officiel, accueilli par Gérard Collomb (sénateur-maire PS de Lyon), il comptait démontrer son dynamisme à ceux qui estimaient qu'il se contenterait de gérer les affaires courantes.

"Je n'ai qu'une volonté dans les mois qui s'offrent à moi, c'est de faire en sorte que par l'intensité du travail, chaque mois compte au moins triple, ce qui me permettra d'être le Premier ministre qui sera resté le plus longtemps", s'est-t-il amusé.

VRP d'Hollande

Mais devant les forces économiques du territoire lyonnais convoquées ce jeudi soir à l'Opéra, le nouveau locataire de Matignon s'est avant tout attelé à la défense du quinquennat économique de François Hollande. "La France, en 2016, est plus compétitive qu'il y a 10 ou 5 ans", a-t-il assuré, avant d'égrainer les différentes mesures prises par les gouvernements successifs depuis 2012 : "Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, les primes à l'embauche, le soutient à l'investissement, les programmes d'investissement d'avenir" ou encore les dispositifs relatifs aux nouvelles procédures de licenciements collectifs. "Tout cela donne plus de sécurité et de visibilité aux entreprises, et aux salariés plus de droits", a-t-il martelé.

Et en bon VRP, ce proche du président Hollande n 'a pas manqué de souligner que ses "efforts étaient désormais visibles" : "+ 2 % de marges pour les entreprises en 4 ans, le retour à la création d'emplois", que confirme la dernière note de l'Insee publiée ce jour (sur un an les créations nettes d'emplois atteignent 178 700).

Election présidentielle

Le Premier ministre comptait aussi rassurer sur certaines mesures. Ainsi, le sur-amortissement, dispositif d'aide à l'investissement productif, sera bien assuré jusqu'en avril 2017. Il a rappelé que, dans le cadre du projet de loi de Finances 2017, actuellement en discussion au Parlement, l'impôt sur les sociétés devrait bien être abaissé à 28 %, comme annoncé en août dernier. Si ce taux est d'abord à destination des PME, il souhaite le voir se généraliser à l'ensemble des entreprises "dans les prochaines années, ce qui voudrait dire que je serai encore là", s'amuse-t-il.

Ce fut l'une des seules allusions aux échéances présidentielles. A celle-ci près : "Mon ambition est unique - et ce n'est pas toujours le cas chez les autres. Elle se résume à remplir la tâche qui m'a été confiée", assure Bernard Cazeneuve devant les "forces vives du territoire". La dernière fois que celles-ci ont été conviées si nombreuses devant un ministre, c'était en juin, pour accueillir le locataire de Bercy, Emmanuel Macron, dans ce qui s'était alors transformée en véritable mise sur orbite présidentielle de l'ex ministre de l'Economie.

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