Quand les quotas d'immigration inquiètent l'économie genevoise

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Le canton de Genève a épuisé son quota d'immigrants non-européens pour 2016. Une situation qui pourrait mettre en péril le développement de certaines entreprises.

Le 9 février 2014, les Suisses décidaient par votation d'appliquer des quotas annuels sur l'immigration étrangère. 50,33 % des bulletins valides acceptaient la proposition libellée "Contre l'immigration de masse" avancée par l'Union démocratique du centre (UDC), le premier parti suisse, conservateur et nationaliste, et le seul à avoir soutenu le "oui".

Le Conseil fédéral (le gouvernement suisse, ndlr), bien qu'hostile à cette décision qu'il a trois ans pour appliquer, a commencé à mettre en route ce changement constitutionnel en réduisant le nombre de permis de travail accordés aux non-européens.

Quotas taris

Or, l'économie de Genève, très tournée vers l'international, commence à subir l'impact de cette diminution. Dès cet été, le canton de Genève, qui avait voté "non" à 60 % en 2014, a épuisé son quota annuel.

"Nous ne sommes dès lors plus en mesure de répondre aux demandes des entreprises, regrettait récemment François Longchamp, le président Conseil d'État de la République et Canton de Genève, interrogé par La Tribune de Genève. On va devoir les inviter à revenir l'an prochain. Voilà à quoi nous sommes confrontés."

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Genève ne peut donc plus accueillir des profils rares sur le marché international, comme des informaticiens indiens et des avocats fiscalistes américains, qu'elle a l'habitude de faire venir pour combler ses besoins.

"On se retrouve dans une situation complètement paradoxale : Genève veut accueillir des entreprises étrangères et favoriser leur développement... mais en même temps, de telles contraintes bloquent cette volonté, explique Jean-François Besson, le secrétaire général du Groupement transfrontalier européen. Une multinationale peut venir à Genève, mais elle ne peut pas embaucher qui elle veut."

De l'incertitude à la délocalisation

"Cette année, 200 permis étaient disponibles pour Genève alors que les besoins sont de l'ordre de 500 à 1 000 permis annuels, pointe Nathalie Hardyn, la directrice adjointe de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG).

Cela crée une situation incertaine. On ne sait pas ce qui va se passer dans les années à venir. Or, les entreprises détestent l'incertitude."

Cette incertitude s'ajoute à la force du franc suisse qui pénalise les exportations des entreprises suisses.

"La difficulté à recruter peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase, au point d'amplifier le risque de délocalisations ou de remise en cause d'implantations d'entreprises", craint Mme Hardyn.

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Commentaires
a écrit le 05/09/2016 à 20:05 :
On recolte ce que l'on seme
Réponse de le 09/09/2016 à 10:00 :
Sauf que Genève n'a rien semé du tout!

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