Auvergne Rhône-Alpes  : L. Wauquiez détaille les 75 millions d'économies

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Le président LR de la Région a présenté, en fin de semaine dernière, les coupes prévues dans le train de vie de l'institution et la remise à plat des politiques régionales figurant au budget primitif 2016. Il annonce un retour aux subventions directes accordées aux entreprises et des aides sur mesure aux chômeurs, sous réserve d'un emploi à la clé.

Le compte est bon, sur le papier. Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne Rhône-Alpes a détaillé, en fin de semaine, les 75 millions d'économies de fonctionnement inscrites au budget primitif 2016, qui sera débattu en séance plénière les 13, 14 et 15 avril prochains.

"Il faut tourner la page du gaspillage. C'est la première fois dans l'histoire de la région qu'un plan de cette ampleur sera mis en œuvre ", et "sans doute" une première "pour une région" a martelé le patron du conseil régional, fidèle à lui-même, devant la presse.

"Nous avons tout examiné ligne après ligne", a témoigné Étienne Blanc, 1er vice-président, en charge des Finances.

Diviser par trois le nombre des directeurs

Le retour à l'exemplarité des élus, dont Laurent Wauquiez a fait son credo de départ, produit "5,8 millions d'euros" de dépenses en moins. Et il n'exclut pas d'arriver à "6 millions". S'ajoutent "5,1 millions d'euros" de baisse dans le train de vie de la collectivité et "6,1 millions de gains de productivité" attendus de la fusion des deux anciennes régions.

Est ainsi annoncée la division par trois des directeurs dont le nombre serait ramené à 18 ou 25. "Les départs se font en bonne entente", assure Laurent Wauquiez. Certains collaborateurs sont déjà partis, pour la Dreal en Paca, pour le ministère de l'éducation etc.

Lors du débat d'orientation budgétaire (DOB), en mars, il avait fustigé "sept échelons d'organisation administrative étouffant les agents".

"C'est une période assez étrange où chacun se regarde en chiens de faïence, glisse un fonctionnaire. Et comment va t-il s'y prendre pour maintenir la paix sociale ?"

Contracts en direct

Le deuxième champ d'économies, avec 36 millions d'euros envisagés, s'applique à l'ensemble des politiques régionales.

"Nous avons été frappés par une quantité de processus administratifs trop lourds", a répété Laurent Wauquiez.

Pour exemple, les contrats territoriaux :

"Il n'est plus question que sur un euro que nous versons, 40 centimes aillent au financement des emplois (258 au total) que les syndicats intercommunaux devaient créer pour les faire fonctionner".

En matière de politique de la Ville, la Région ne veut plus passer par l'ANRU devenue trop pesante, mais contractualiser directement avec les villes et les intercommunalités.

"Je ne paie pas les trains qui ne roulent pas"

Eu égard à la SNCF, le numéro 2 du parti LR manie le bâton : "Je ne paie pas les trains qui ne roulent pas." Guillaume Pepy, le patron de la compagnie nationale, recevra ainsi la note de la dernière grève.

En incluant les pénalités qui seront réclamées en cas de retard des TER et la renégociation de la convention actuelle arrivant à échéance à la fin de l'année, le nouvel exécutif espère pas moins de 6,6 millions d'euros de dépenses en moins sur ce poste !

Le président a aussi décrété une diminution de 4,2 millions d'euros des crédits à l'international : "Nous ne sommes ni le quai d'Orsay ni une agence de voyages d'élus", tonne Laurent Wauquiez. Est également évoquée la fusion des deux centres régionaux de tourisme ainsi que des agences économiques.

L'emploi et la formation professionnelle

"Un budget, c'est fait pour fixer nos priorités. On augmente tout ce qui peut avoir un effet de levier sur l'emploi", insiste le président Wauquiez.

Martial Saddier, vice-président délégué aux entreprises et au développement économique, met en avant "le grand retour à des aides directes aux entreprises avec un conventionnement exigé".

Le premier bénéficiaire aura été le groupe Aubert & Duval pour une subvention de 1,2 million d'euros.

Lire aussi : Aubert & Duval va tripler sa capacité de superalliages

Également en ligne de mire pour effectuer des économies, la refonte des marchés de la formation professionnelle. Le président de la Région compte bien mener ses propres expérimentations, refusant le plan formation proposé par le président de la République.

"On ne mettra pas un euro dans le plan Hollande dévoilé le 18 janvier dernier. Nous ferons du sur mesure. S'il faut payer un permis de conduire à un jeune, nous le ferons, à condition qu'il y ait un job à la clé", assène Laurent Wauquiez.

Préférence régionale

La relance "ambitieuse" de l'investissement, soutenue par les économies réalisées en fonctionnement,  s'établit à 897 millions d'euros. Soit une hausse de 100 millions (en prévisionnel).

Il devrait générer l'équivalent de "17.000 emplois" dans les entreprises avec une clause de préférence régionale. Quatre domaines sont mis en avant : le développement numérique (46 millions + 39 %), la sécurité des populations (vidéo protection), les lycées y compris privés (262 millions budgétisés en hausse de 5 millions) et les infrastructures avec un retour sur les routes.

"Contrevérité"

Lors de la séance du 17 mars consacrée au DOB, Jean-François Debat, président du groupe socialiste, démocrate, écologiste et apparenté, et ex-vice-président aux Finances a qualifié de "contrevérité" l'inversion de la tendance en matière d'investissement.

"Quand vous prévoyez 4 milliards d'investissement sur le mandat, c'est moins que nous", avait-il objecté. Et d'ajouter : "Vos économies ne sont que des redéploiements."

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Commentaires
a écrit le 26/01/2017 à 9:18 :
Nous verrons avec Wauquiez ,Par contre sous Queranne la dépense publique était incontrôlée ,du gaspillage en veut tu en voilà
J'ai été témoin de ce gaspillage sur les ateliers relais Queranne préférant un autre dossier au lieu de désendetter la region sur un dossier non mené a terme etc
a écrit le 15/08/2016 à 1:38 :
Je ne pense pas que ce monsieur soit fait pour l Auvergne il est autoritaire ambitieux il n à,de soif que de pouvoir l Auvergne n aura aucun développement
a écrit le 06/04/2016 à 1:10 :
Le bilan montant global des subventions /emplois nets créés (emplois créés moins emplois détruits) sera á faire en fin de son bilan. Il faudra entre autres comparer á couts égauts (salaires
+prestations sociales ).
a écrit le 05/04/2016 à 13:53 :
le probleme c est la mediocrite des hommes et femmes d aujourd'hui et Wauquiez en est la quintessence
a écrit le 04/04/2016 à 22:28 :
Wauquiez le bateleur style Tapie n'a jamais travaillé de sa vie,

Wauquiez a été 3 fois Ministres et secrétaire d'Etat sous le gouvernement Sarkozy Fillon ;

Qu'en est-il resté : RIEN, le vide sidéral -)
a écrit le 04/04/2016 à 18:27 :
on pourrait y ajouter des économies sur son cumul de mandats il n'en serait que plus crédible
a écrit le 04/04/2016 à 17:59 :
Enfin un responsable politique qui n'aime pas dépenser l'argent des autres! Nous verrons les résultats.
Réponse de le 04/04/2016 à 23:51 :
Pas sur : il n'aime pas dépenser dans les dispositifs nationaux mais il aime bien donner un peu de sous trois fois rien disons 1,2 millions d'euros à une entreprise saine de son Auvergne. Je serais curieux de voir en fin de mandat combien d'emplois nets auront été créés dans les entreprises ayant reçu des seules subventions régionales. Ensuite on divisera la totalité des subventions ainsi versées et on aura le ratio du coût par emploi. On aura ainsi un double avantage : connaître le coût et l'efficacité des subventions aux entreprises en matière d'emploi net créé(net=créés - détruits ). On pourra aussi connaître la plus value ou la moins value de la gestion Wauquiez. D'ailleurs de la même façon que l'on critique l'opacité des fonds dédiés á la formation il faudrait poursuivre le principe en appliquant le même principe en cumulant pour chaque entreprise recevant de l'argent public directement au travers de collectivités ou indirectement au travers d'organismes semi publics et faire le ratio sur la même durée qu'un mandat régional. Cela permettrait de connaître le ratio argent public versé emploi privé créé ou détruit. Un autre ratio intéressant à connaître serait de savoir le nombre d'emploi net créé dans le privé pour un emploi net supprimé dans le public. Je ne serais pas étonné de voir que dans certaines régions on créerait de l'emploi privé supprimant de l'emploi public et que dans d'autres on détruirait. Bien sur pour être juste il faudrait que l'on compare à salaire et prestations sociales égales. Parce que si les emplois supprimés dans le publics entraînent des emplois mieux rénumérés avec meilleures prestations sociales que dans le public alors il faudra supprimer plus d'emplois publics. À l'inverse il faudra créer plus d'emplois publics ou verser moins de subventions aux entreprises.
J'aime bien la logique de M Wauquiez : il ne paye pas les trains qui ne roulent pas. Cela rénumere de façon juste la Sncf et permet des économies . Je propose à M Wauquiez de faire mieux. On donne plein d'argent aux entreprises et cellent qui ne crent pas suffisamment d'emplois correctement payés, on reprend l'argent intégralement avec en plus les pénalités de retard en fonction des annuités qu'auraient rapporté le même argent placé en banque. Cela fera faire des grosses economies aux contribuables et donc á la région. Cela permettrait aussi de voir réellement si l'emploi est vraiment la politique prioritaire de la région.
Les politiques du toujours plus de fonctionnaires c'est fini. Les politiques du toujours plus de subventions aux entreprises c'est fini aussi.
Les femmes et hommes politiques qui ne le comprendront pas et qui ne l'appliqueront pas, pour eux aussi c'est fini.

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