L'ONU appelle le privé à contribuer au développement

 |   |  463  mots
Amina J.Mohammed (au centre) affirme que la pauvreté peut être éradiquée d'ici 2030.
Amina J.Mohammed (au centre) affirme que la pauvreté peut être éradiquée d'ici 2030. (Crédits : Didier Bert)
Le développement humain ne peut plus se passer d'une coopération renforcée entre les Etats, la société civile et les entreprises privées. C'est autour de ce constat que se tenait jeudi et vendredi le Forum international sur les Partenariats public-privé en développement durable à Annemasse (Haute-Savoie), qui vise à partager et à sélectionner les bonnes pratiques en la matière.

Cette collaboration est indispensable pour atteindre les 17 Objectifs en développement durable fixés par les Nations Unies d'ici 2030 et pour mettre en application les décisions qui seront prises à la COP21 en décembre prochain à Paris.

Des défis mondiaux

Cet appel au secteur privé s'explique par un changement de paradigme dans la structuration de l'aide au développement, explique Amina J.Mohammed, conseillère spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies pour la planification du développement après-2015.

« Nous ne parlons plus de développement du Nord vers le Sud, mais de problèmes globaux : le chômage des jeunes partout dans le monde, la pauvreté, les conflits, les changements climatiques, l'immigration. Nous avons fixé 17 objectifs à atteindre. Et ces objectifs ne peuvent être atteints qu'en misant sur le développement durable, car nous ne pouvons plus consommer des ressources comme nous l'avons fait jusqu'à présent, sinon nous épuiserions notre planète. »

Davantage d'ouverture

L'atteinte de ces 17 Objectifs en développement durable dépend de la capacité de chaque acteur à comprendre l'impact de ses actions sur son environnement et sur les autres acteurs, poursuit Mme Mohammed.

« Nous sommes convaincus que les états et le secteur privé doivent être plus ouverts dans leur manière de participer à l'économie. Par exemple, un fabricant de soda ne peut plus puiser de l'eau en grande quantité sans se demander si cela constitue une menace pour l'approvisionnement en eau de sa communauté locale. Il faut se demander si on veut s'impliquer à trouver des solutions durables, ou si on veut être la cause du problème. »

Et cette démarche ouverte conduira à enclencher une dynamique vertueuse, croit Mme Mohammed.

« Plus il y a d'ouverture, moins il y a de raisons de créer des conflits. Or, vous ne pouvez pas avoir le développement sans la paix. »

Créer un climat favorable

Les Partenariats public-privé (PPP) constituent un des moyens de faire se rencontrer les états, le secteur privé et la société civile. Pour les états, les PPP apportent des solutions en matière de financement , en ces temps de raréfaction des ressources budgétaires. Les états peuvent aussi bénéficier de compétences en technologies vertes.

Pour les entreprises privées, ce sont de nouveaux marchés qui s'annoncent... à condition que les états créent un climat favorable aux investissements.

« Investir intelligemment, ce n'est pas faire la charité. Mais le secteur privé doit pouvoir compter sur un cadre juridique clair et sur des institutions fortes pour pouvoir investir. Il y a une corrélation directe entre la lutte contre la corruption et le développement : si la corruption dissuade les investissements dans un système de santé, cela peut conduire à maintenir un taux élevé de mortalité infantile. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :